Parfois, l’intuition philosophique peut faire valoir ses droits par rapport aux dĂ©ductions journalistiques. Ceux qui sont censĂ©s relater les faits semblent abdiquer devant le cas Benalla. L’ex-« chargĂ© de mission » (dixit l’ÉlysĂ©e) natif d’Évreux (en 1991) et d’origine marocaine a eu une enfance chahutĂ©e. Son pĂšre qualifiĂ© de violent aurait tentĂ© de l’enlever, Ă  trois reprises, pour le ramener Ă  sa mĂšre patrie. À l’évidence, Alexandre « Marouane » est un dur Ă  cuire et ne s’est pas privĂ© pour en faire montre lors de sa deuxiĂšme audition par la commission des lois du SĂ©nat (cliquez ici).

Le président de la commission des Lois du Sénat, Philippe Bas, va auditionner Alexandre Benalla


Le président de la commission des Lois du Sénat, Philippe Bas, va auditionner Alexandre Benalla


Ainsi, le Rastignac attitrĂ© de la Macronie a parfaitement exĂ©cutĂ© les plans de ses avocats (Pierre HaĂŻk et Jacqueline Laffont forment un couple proche de la Sarkozie, comme le mentionne l’article de Benoist Fechner et de Laurent LĂ©ger dans un article de L’Express publiĂ© le 27 septembre dernier). Ces derniers l’ont protĂ©gĂ© des piĂšges possiblement tendus par cette commission prĂ©sidĂ©e par Philippe Bas, ancien secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ÉlysĂ©e sous Jacques Chirac.

En vrai professionnel du poker menteur, l’ex-« épaule du PrĂ©sident Macron » n’a pas pliĂ© et est mĂȘme parvenue Ă  tordre le bras Ă  un Bas de plus en plus agacĂ©. En se rĂ©fugiant derriĂšre le statut de « tĂ©moin assisté » obtenu aprĂšs sa sortie de garde Ă  vue (le 18 janvier), il Ă©tait en position de refuser sans vergogne de rĂ©pondre aux sĂ©nateurs.

De fait, l’ancien chauffeur incontrĂŽlable de Bercy (sous la direction d’Arnaud Montebourg) a clairement humiliĂ© « des petites personnes qui n’ont aucun droit » (selon ses dires du 11 septembre), et Ă  travers eux, l’ensemble de la RĂ©publique française. AssurĂ©ment, la Sarkozie veille au grain pour la Macronie.

En philosophie, la vĂ©ritĂ© se situe au-delĂ  de ce qui se joue et de ce qui se voit. D’abord, Bas n’a plus que faire du personnage Benalla ainsi que de ses facĂ©ties qu’on ne compte plus depuis le 1er mai 2018 ; les dossiers de presse sur le sujet Ă©tant dĂ©veloppĂ©s Ă  foison depuis cette date par plusieurs sites d’information (comme Mediapart par exemple). Bas veut surtout sauver le SĂ©nat que Macron projette de supprimer Ă  moyen terme. Le prĂ©sident de la chambre haute, GĂ©rard Larcher, joue Ă©galement sa peau dans cette affaire. Bas n’a de cesse de dĂ©clarer aux mĂ©dias combien sa commission d’enquĂȘte a du sens au niveau institutionnel.

Par ailleurs, les politiques et les journalistes font preuve d’une hypocrisie crasse dans cette affaire : Benalla fait ce qu’il a Ă  faire sans que cela doive relever du « Secret-dĂ©fense ». Le reconnaĂźtre serait simplement discrĂ©diter l’État français dans ses pratiques les plus sombres depuis Jacques Foccart, le Monsieur « Françafrique » du GĂ©nĂ©ral de Gaulle. Le mythe de la transparence prend ainsi un sacrĂ© coup Ă  l’ùre des images Ă  outrance. Comment ne pas comprendre que tout État dĂ©mocratique se plaĂźt Ă  employer des hybrides, voire des agents doubles ? Ni flic ni voyou, mais gardien du Temple.

Il ne faudrait pas oublier ce que SaĂŻd Bouteflika, frĂšre et conseiller spĂ©cial du PrĂ©sident algĂ©rien, avait dĂ©noncĂ© en fĂ©vrier 2016 ; Ă  savoir : la « marocanisation de la vie politique française ». À coups de « Go fast » (livraisons massives de haschich par voie routiĂšre Ă  une vitesse vertigineuse) et d’achats du silence des journalistes (selon l’article de Marie Verdier publiĂ© dans La Croix du 28 aoĂ»t 2015), le Maroc sait protĂ©ger ses intĂ©rĂȘts auprĂšs des Ă©lites françaises. Dans tout ça, qui est le calife Ă  la place du calife ? Mohamed VI ou Emmanuel 1er ?


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