«Pourquoi j’ai rĂ©Ă©ditĂ© la trilogie
“La VendĂ©e en armes” »

Entretien avec Philippe Randa (Propos recueillis par Aliéonor Marquet)

De 1792 Ă  1832, de la chute de Louis XVI aux lendemains du dĂ©part de Charles X, les provinces de l’Ouest – Anjou, Poitou, Maine, Bretagne et Normandie – ont, tantĂŽt ensemble, tantĂŽt sĂ©parĂ©ment, tenu tĂȘte Ă  la centralisation rĂ©volutionnaire. Princes et pauvres, gentillĂątres et bourgeois, paysans, artisans, marins, faux sauniers ont menĂ©, avec un indomptable courage, cinq guer­res bien diffĂ©rentes, allant de campagnes classiques aux luttes de l’ombre. À travers quelques-uns des personnages les plus fascinants de cette aven­ture titanesque, Jean-François Chiappe prĂ©sente, dans leurs Ă©paulettes d’or, ces errants de la gloire. Jamais, sans doute, la VendĂ©e militaire ne fut plus pathĂ©tique qu’aux temps de son agonie.

1) La publication dans votre collection « VĂ©ritĂ©s pour l’histoire » de La VendĂ©e en armes de Jean-François Chiappe est un exploit Ă©ditorial : c’est un monument (prĂšs de 1 600 pages !) dont la parution avait Ă©tĂ© trĂšs Ă©logieusement accueillie en son temps, autant par la masse des informations qu’elle apportait et l’érudition de l’auteur que par ses qualitĂ©s stylistiques. Comment vous est venue cette idĂ©e ?

J’avais appris que Marina Grey, veuve de Jean-François Chiappe, ne trouvait pas d’éditeur pour faire reparaĂźtre ces trois volumes. J’ai pris contact avec elle et nous nous sommes tout de suite entendus. Il a fallu alors faire ressaisir sur informatique les trois volumes, cela a pris un peu plus de temps que prĂ©vu et malheureusement Marina Grey s’est Ă©teinte sans avoir pu voir cette rĂ©Ă©dition qui lui tenait tellement Ă  cƓur. Au moins aura-t-elle assistĂ© de son vivant au rapatriement des restes de son pĂšre, le gĂ©nĂ©ral Denikine, Ă  Moscou oĂč l’on a rendu hommage au grand combattant qu’il Ă©tait.

Jean-Francois Chiappe.

Jean-Francois Chiappe.

2) Cette somme comprend trois tomes, 1793, Les GĂ©ants, Les Chouans, pour un prix total de 113 euros, ce qui est beaucoup pour les petits budgets. Pensez-vous rentrer dans vos frais ou vous ĂȘtes-vous lancĂ© dans cette aventure par esprit militant, passion historique et affection pour Jean-François Chiappe ?

N’ayant ni fortune personnelle, ni gĂ©nĂ©reux mĂ©cĂšnes, je ne peux prendre le risque de m’engager dans une aventure Ă©ditoriale pour ces seules raisons, ce qui reviendrait Ă  autoprogrammer tĂŽt ou tard mon suicide professionnel.

En revanche, je suis d’une prudence de sioux quant au tirage. Combien d’éditeurs, certains du succĂšs d’un livre (tellement Ă©vident, s’auto-persuadent-ils !), croulent sous les palettes d’invendus ! Aujourd’hui, grĂące au tirage numĂ©rique, on peut imprimer au fur et Ă  mesure des besoins. Je mets parfois plusieurs mois, voire quelques annĂ©es, pour comptabiliser les ventes en centaines ou milliers d’exemplaires vendus. Ça ne me gĂȘne pas. Je ne suis pas obsĂ©dĂ© comme beaucoup par la recherche « d’un coup », « d’un fulgurant succĂšs immĂ©diat ». Pour moi, l’édition de livres de fond est plus importante. Cela exige de la patience. C’est un art trĂšs difficile que j’apprends chaque jour.

Quant au prix que vous trouvez Ă©levĂ©, oui, sans doute, mais par rapport Ă  quoi et Ă  qui ? Des Ă©diteurs proposent aujourd’hui des ouvrages historiques neufs de tous types (romans ou documents) Ă  moins de 10 euros dans les stations d’autoroute ou les bacs des soldeurs (ces derniers ne « soldant » dĂ©sormais plus grand-chose, mais Ă©ditant en fait souvent eux-mĂȘmes des livres qu’ils prĂ©sentent comme soldĂ©s).

En dehors de leurs petits prix, ils ont tous en commun d’apprĂ©hender l’histoire d’une façon on ne peut plus « politiquement correcte » ; ils ne ressassent que des poncifs mille fois publiĂ©s. On n’aurait jamais trouvĂ© La VendĂ©e en armes parmi ces livres-lĂ . Si mes Ă©ditions servaient la mĂȘme « tambouille » que ceux Ă  10 euros, oui, ils seraient chers, mais sinon c’est comme pour le vin : on achĂšte en fonction de ses possibilitĂ©s, certes, mais aussi de ses goĂ»ts. Un bon livre n’est jamais cher. Un mauvais l’est toujours trop !

La VendĂ©e en armes, Jean-François Chiappe, trois volumes, Ă©ditions Dualpha, collection « VĂ©ritĂ©s pour l’Histoire », tome 1.

La VendĂ©e en armes, Jean-François Chiappe, trois volumes, Ă©ditions Dualpha, collection « VĂ©ritĂ©s pour l’Histoire », tome 1.

3) Jusqu’à prĂ©sent, Dualpha s’était essentiellement consacrĂ©e Ă  l’histoire contemporaine puisque la collection « VĂ©ritĂ©s » se veut selon vous « une incessante remise en cause des Ă©vĂ©nements des annĂ©es noires du XXe siĂšcle ». ConsidĂ©rez-vous que cette trilogie de La VendĂ©e en armes ressortit Ă  cette catĂ©gorie par les enseignements qu’on peut en tirer pour le temps prĂ©sent ?

Ce qui s’est produit au XXe siĂšcle n’est finalement que la consĂ©quence de ce qui est arrivĂ© auparavant. Ce qui fausse tout, c’est de vouloir apprĂ©hender les Ă©vĂ©nements historiques avec une mentalitĂ© contemporaine.

C’est la grande qualitĂ© d’un historien comme Jean-François Chiappe d’avoir su replacer dans le contexte de l’époque les guerres vendĂ©ennes. Marina Grey faisait de mĂȘme dans ses livres, notamment ceux que j’ai rĂ©Ă©ditĂ©s (Les ArmĂ©es blanches avec Jean Bourdier, Mimizan-sur-Guerre).

La VendĂ©e en armes, Jean-François Chiappe, trois volumes, Ă©ditions Dualpha, collection « VĂ©ritĂ©s pour l’Histoire », tome 2.

La VendĂ©e en armes, Jean-François Chiappe, trois volumes, Ă©ditions Dualpha, collection « VĂ©ritĂ©s pour l’Histoire », tome 2.

6) Vous avez dĂ©jĂ  publiĂ© plusieurs centaines d’ouvrages, alors que vous vous ĂȘtes lancĂ© dans l’édition au temps du multimĂ©dia et d’internet. N’était-ce pas bien imprudent ?

L’apparition du cinĂ©ma n’a pas Ă©liminĂ© les livres, pas plus que les journaux tĂ©lĂ©visĂ©s n’ont tuĂ© la presse et Internet a relancĂ©, reconnaissons-le, la lecture notamment chez les Jeunes. Car sur internet, Ă  quoi passe-t-on son temps sinon Ă  lire ? L’édition, comme tout autre mĂ©dia, doit s’adapter Ă  l’époque. GrĂące aux formidables avancĂ©es technologiques de ces derniĂšres annĂ©es via les ordinateurs et leurs logiciels (notamment de mise en pages, de scannage des photos, de traitement de fichiers, etc.), le coĂ»t d’un livre a terriblement baissĂ©. Cela compense d’une part l’augmentation sans cesse croissante des livres publiĂ©s et d’autre part l’augmentation des frais gĂ©nĂ©raux d’une sociĂ©tĂ© et ceux indispensables pour la prospection. Le problĂšme, aujourd’hui comme hier, reste la diffusion et la distribution. J’y ai remĂ©diĂ© en crĂ©ant, parallĂšlement Ă  ma diffusion en librairie, les catalogues mensuels « Francephi diffusion » qui proposent tous mes livres en vente par correspondance ainsi qu’un site internet (www.francephi.com) oĂč l’on sera certain de trouver tous les ouvrages que j’édite.

La VendĂ©e en armes, Jean-François Chiappe, trois volumes, Ă©ditions Dualpha, collection « VĂ©ritĂ©s pour l’Histoire », tome 3.

La VendĂ©e en armes, Jean-François Chiappe, trois volumes, Ă©ditions Dualpha, collection « VĂ©ritĂ©s pour l’Histoire », tome 3.

7) Pratiquez-vous le « compte d’auteur » ?

Jamais ! En revanche, si des auteurs veulent m’acheter ensuite des exemplaires de leurs livres, c’est bien volontiers que j’accepte, mais ce n’est jamais une obligation. J’ai dĂ©couvert d’ailleurs que cette pratique du « compte d’auteur », rĂ©servĂ©e dans le passĂ© Ă  quelques Ă©diteurs spĂ©cialisĂ©s aux rĂ©putations vite faites, se gĂ©nĂ©ralise Ă©normĂ©ment dans la profession, mĂȘme jusqu’aux plus importantes maisons d’éditions actuelles. Et j’insiste « jusqu’aux plus importantes » ! C’est un phĂ©nomĂšne trĂšs grave. D’abord, c’est une vĂ©ritable escroquerie morale : l’auteur croit qu’il va bĂ©nĂ©ficier du rĂ©seau de vente du « gros Ă©diteur » alors qu’il est gĂ©nĂ©ralement publiĂ© sous une autre enseigne et, Ă©videmment, le diffuseur (qui appartient souvent aux « gros Ă©diteurs ») sachant Ă  quoi s’en tenir sur les conditions de la publication, ne va pas dĂ©ployer de grands efforts de vente (euphĂ©misme !). C’est aussi une des explications de l’inflation dĂ©mente des parutions.

La VendĂ©e en armes, Jean-François Chiappe, trois volumes, Ă©ditions Dualpha, collection « VĂ©ritĂ©s pour l’Histoire »

  • Tome 1 – 1793, 532 pp – 37 euros. Pour commander ce livre, cliquez ici.
  • Tome 2 – Les GĂ©ants, 354 pp – 31 euros. Pour commander ce livre, cliquez ici.
  • Tome 3 – Les Chouans, 670 pp – 45 euros. Pour commander ce livre, cliquez ici.
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