Un article d’Adam Gopnik dans The New Yorker a mis en rage les Ă©nergumĂšnes de Prisonplanet.com (vive Trump, mais vive la guerre avec les Russes). Il ne fait pourtant que reprendre Ă  sa maniĂšre gauchiste les arguments des libertariens et de quelques traditionalistes – dont je suis –  sur une question importante : l’existence-mĂȘme des USA.

Nous aurions pu ĂȘtre le Canada. We could have been Canada.

On n’avait donc pas besoin de faire une guerre d’indĂ©pendance cruelle et dangereuse contre l’Angleterre. L’AmĂ©rique aurait Ă©tĂ© moins peuplĂ©e, serait restĂ©e un dominion tranquille comme le Canada et l’Australie, et l’Angleterre aurait continuĂ© de trĂŽner pragmatiquement sur le monde. L’Allemagne n’aurait bien sĂ»r pas osĂ© la dĂ©fier, et nous n’aurions pas connu les horreurs mondiales de nos guerres germano-britanniques.

Gopnik ajoute qu’on aurait aboli l’esclavage sans passer par cette folle et sanglante guerre de SĂ©cession. C’est une Ă©vidence : l’Angleterre a aboli dans la belle foulĂ©e de sa rĂ©volution industrielle l’esclavage dans toutes ses colonies. Je pense aussi qu’il y aurait eu une immigration anglo-irlandaise dans ce grand pays, et cela aurait Ă©tĂ© mieux. Je suis arrivĂ© Ă  cette conclusion en lisant Poe, Melville, Kipling, Grant, Stoddard, Ross et quelques dizaines d’autres.

Thomas di Lorenzo dans son livre sur Lincoln a rĂ©vĂ©lĂ© le personnage que c’était. Un radical, un whig, comme ceux qui voulaient la rĂ©volution de 1776 aux relents Illuminati. J’ai soulignĂ© dans un texte prĂ©cĂ©dent que Lincoln dĂ©nonce d’un cĂŽtĂ© la barbarie de la populace amĂ©ricaine (crimes racistes, lynchages, pendaisons ; comparez au Canada) et cette adoration de la loi qui confine aujourd’hui au totalitarisme, avec 42 % de la population carcĂ©rale mondiale.

La nation indispensable d’Obama (qui vient de palper 3.2 millions pour pĂ©rorer en jet sur l’effet de serre) n’aurait pas dĂ©truit (ou dĂ©figurĂ©) la moitiĂ© du monde et l’Asie, et n’aurait pas hypocritement gĂ©rĂ© la question noire aprĂšs l’esclavage (un million de jeunes noirs tuĂ©s en trente ans lĂ -bas), n’aurait pas dĂ©truit la culture europĂ©enne et mĂȘme mondiale par sa sous-culture dĂ©racinĂ©e. Elle ne serait pas en train de nous prĂ©parer Ă  une guerre d’extermination contre la Russie pour satisfaire son ego.

Oui, je pense aussi que l’on pouvait se passer de l’AmĂ©rique et que la France aurait pu garder la Louisiane, l’Espagne la Californie et la Russie l’Alaska. La destruction de la planĂšte par l’AmĂ©ricanisme depuis deux-cent-quarante ans maintenant est certainement la plus grande catastrophe eschatologique de l’histoire du monde. Ajoutez que si nous n’avions pas aidĂ© cette anti-nation Ă  chasser les gentlemen Anglais, nous n’aurions pas connu la rĂ©volution et son cortĂšge de catastrophes. Il est vrai qu’il y en a que cela motive.

Sources

« We could have been Canada » – The New Yorker – 15 mai 2017

Samuel Johnson – The patriot (1774)

Nicolas Bonnal – La culture comme arme de destruction massive (Amazon_Kindle)

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Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.

A propos de l'auteur

Nicolas Bonnal

Essayiste et chroniqueur politique, Nicolas Bonnal est l’auteur d’une quinzaine de livres sur la politique, l’identitĂ©, l’initiation et le cinĂ©ma
 Derniers livres parus aux Éditions Dualpha : Le paganisme au cinĂ©ma ; La chevalerie hyperborĂ©enne ; le Graal et Donald Trump, le candidat du chaos. Il est le correspondant d'EuroLibertĂ©s en Espagne.

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