NĂ© Ă  GenĂšve, Pierre, Auguste Hulin (1758-1841) est d’abord apprenti horloger auprĂšs de son pĂšre, puis s’engage en 1773 dans les Gardes Suisses, quittant le service en 1787, avec le grade de sergent et naturalisĂ© sujet du roi. Il devient directeur d’une buanderie au faubourg Saint-Antoine. Le 14 juillet 1789, il dirige une partie des assaillants ; c’est mĂȘme lui qui capture le gouverneur Bernard Jourdan de Launay, ne parvenant pas Ă  empĂȘcher Mathieu Jouve dit Jourdan « Coupe-TĂȘtes » (l’une des plus belles canailles de cette pĂ©riode) de l’assassiner.

Il participe aux journĂ©es des 5 et 6 octobre 1789, puis il est Ă©lu capitaine de la Garde Nationale parisienne. D’avril 1793 au mois d’aoĂ»t, il est commandant de la place de Landrecies, avec le grade de lieutenant-colonel. Comme nombre d’officiers supĂ©rieurs de l’armĂ©e du Nord, il est emprisonnĂ©, aprĂšs les revers : du 7 septembre 1793 au dĂ©but d’aoĂ»t 1794.

Il est adjudant-gĂ©nĂ©ral (avec le grade de colonel) de l’armĂ©e d’Italie, de 1796 à 1798, puis commandant militaire de la place de Milan. Il participe au coup d’État des 18 et 19 brumaire VIII (9 et 10 novembre 1799). En 1800, il dirige l’état-major d’une division. Promu gĂ©nĂ©ral de brigade en 1803, il commande les grenadiers de la Garde consulaire. Bonaparte, sĂ»r de sa fidĂ©litĂ©, lui fait prĂ©sider le Conseil de guerre qui juge le duc d’Enghien, en mars 1804.

Commandant (commandeur) de la LĂ©gion d’honneur en 1804, crĂ©Ă© comte d’Empire en 1808, il participe aux campagnes d’Autriche (1805) et de Prusse (1806). Promu divisionnaire, il commande la 1re division (rĂ©gion) militaire (celle de Paris), de 1807 à 1814. À ce titre, il est blessĂ©, en 1812, d’un coup de pistolet au visage par le gĂ©nĂ©ral Claude Malet (1754-1812), ce qui lui vaut le surnom de « gĂ©nĂ©ral bouffe-la-balle ».

De nouveau commandant militaire de la rĂ©gion de Paris aux Cent-Jours, il est banni en 1816, vit aux Pays-Bas, d’oĂč il ne rentre en France qu’en 1819. Il n’a dĂ» de passer Ă  la postĂ©ritĂ© que pour les affaires de juillet 1789, de 1804 et de 1812, oĂč il a jouĂ© un rĂŽle assez peu glorieux.