Lors du second dĂ©bat tĂ©lĂ©visĂ© des primaires, le pathĂ©tique trio de journalistes en charge de l’animation de l’exercice tomba Ă  bras raccourcis sur le malheureux Fillon qui osait dĂ©considĂ©rer les pĂ©dago-idĂ©ologues acharnĂ©s Ă  pulvĂ©riser l’Histoire de la France.

En y rĂ©flĂ©chissant bien, celle-ci constituerait-elle un danger mortel pour le vivre ensemble universel, l’identitĂ© heureuse et autres balivernes qui ne peuvent que conduire une nation Ă  sa perte ?
 Par ses rĂ©fĂ©rences au passĂ©, Clio, prĂ©tendument aussi fardĂ©e que malĂ©fique, dispenserait-elle un antidote Ă  cette drogue douce qui neutralise ces dangereux anticorps, sources du rejet de la greffe mondialiste ? Apporterait-elle ces preuves irrecevables qu’une nation pourra toujours renaĂźtre d’un coma profond rĂ©putĂ© irrĂ©versible pour peu que
 Vous avez raison de trembler anesthĂ©sistes et autres euthanasistes de ce foutu « rĂ©cit national ». Il regorge d’improbables rĂ©animations


Le 8 mai 1360, le traitĂ© de BrĂ©tigny propose une corbeille garnie de spĂ©cialitĂ©s gastronomiques aquitaines aux palais britanniques dĂ©jĂ  friands de la cuisine française et des meilleurs crus qui l’accompagnent.

Le 21 mai 1420, la reine Isabeau, non contente de faire connaĂźtre Ă  ses sujets les nuances pĂątissiĂšres du bavarois, offre le royaume des mangeurs de grenouilles aux adeptes du pudding armĂ©, pour peu, certes, que Charles VI veuille bien se hĂąter d’aller brouter les prairies de l’éternel.

Et pourtant ! Moins de dix ans plus tard, Jeanne, qui n’est dĂ©jĂ  plus celle d’OrlĂ©ans, mais dispose dĂ©sormais de plusieurs cordes Ă  son Arc, galvanise l’avant-garde de l’armĂ©e française qui fout une mĂ©morable Patay aux rejetons de la perfide Albion. Ces derniers ne vont pas tarder Ă  rembarquer vers leur Ăźle natale pour y mĂącher et remĂącher rancƓur et fish and chips.

On peut Ă©largir notre dĂ©monstration Ă  d’autres Ă©chelles
 et notamment Ă  celles du Levant. Pour ce faire, il convient d’en appeler Ă  des unions d’entitĂ©s Ă©tatiques europĂ©ennes.

Le 7 octobre 1571, au large de LĂ©pante, dans le golfe de Patras, se dĂ©roule une bataille navale entre la flotte turque et celle de la Sainte Ligue constituĂ©e Ă  l’initiative du pape Pie V pour tenter d’endiguer l’expansionnisme ottoman que beaucoup considĂšrent comme irrĂ©sistible (les diplomates n’ont pas dĂ» avoir la latitude de concocter un accord prĂ©figurant Munich, Dieu merci). Miracle ! La Sainte Vierge aidant, les suffisants raĂŻs dĂ©couvrent qu’il n’y a pas que le miel de leurs pĂątisseries qui coule. CervantĂšs y perdra une main, nous y gagnerons Don Quichotte et surtout Sancho Pança (mais ce n’est lĂ  qu’une prĂ©fĂ©rence personnelle).

Vienne assiégée en 1529 et 1683 par les armées turques bien supérieures en nombre à celles des défenseurs de la ville, parvient à les repousser malgré la chute de certaines de ses ultimes défenses qui laissait pourtant présager, à trÚs brÚve échéance, une issue fatale des combats.

Dans chacun de ces deux Ă©pisodes, des « sages » prĂ©conisaient depuis quelque temps dĂ©jĂ  une reddition pure et simple quand survient ce retournement salvateur dĂ» Ă  l’entĂȘtement de patriotes et de militaires bornĂ©s. Dans leur palais stambouliote, Soliman Ier et son homonyme le Magnifique n’auront plus, tour Ă  tour, qu’à tenter d’adapter Ă  la cuisine « hallal » d’improbables schnitzels et autres goulaches qui leur rappelleront le bon vieux temps des colonies. Pour notre part, nous y aurons rĂ©cupĂ©rĂ© une viennoiserie supplĂ©mentaire : le croissant, commĂ©moratif crĂ©Ă© par les boulangers de la ville.

Sartre le visionnaire ne voulait pas dĂ©sespĂ©rer Billancourt. L’Histoire bien enseignĂ©e ne saurait dĂ©sespĂ©rer les Ă©coliers, les collĂ©giens, ni mĂȘme les lycĂ©ens, pour peu qu’on leur enseigne, sans omettre leurs turpitudes bien sĂ»r, les mĂ©rites et les grandeurs de leurs ancĂȘtres. Cette science humaine, si elle n’est pas aussi exacte que celle des mathĂ©matiques, n’est surtout pas monochrome comme nos pĂ©dagogues dĂ©voyĂ©s s’efforcent de la prĂ©senter. Cette discipline ne doit rien au surrĂ©alisme destructeur et Ă  ses supercheries telles la toile immaculĂ©e intitulĂ©e « Ours blanc sur la banquise » ou celle uniformĂ©ment charbonneuse reprĂ©sentant « Un esclave nĂšgre au fond d’une mine. »

Car c’est dans toutes ses nuances Ă©voluant du noir le plus oppressant au blanc le plus Ă©blouissant que rĂ©side la fidĂ©litĂ© au sujet traitĂ©. L’historien doit ĂȘtre Ă  sa discipline ce que Rembrandt est Ă  la peinture : un maĂźtre du clair-obscur.

Vous avez aimé cet article ?

EuroLibertĂ©s n’est pas qu’un simple blog qui pourra se contenter ad vitam aeternam de bonnes volontĂ©s aussi dĂ©vouĂ©es soient elles
 Sa promotion, son dĂ©veloppement, sa gestion, les contacts avec les auteurs nĂ©cessitent une Ă©quipe de collaborateurs compĂ©tents et disponibles et donc des ressources financiĂšres, mĂȘme si EuroLibertĂ©s n’a pas de vocation commerciale
 C’est pourquoi, je lance un appel Ă  nos lecteurs : NOUS AVONS BESOIN DE VOUS DÈS MAINTENANT car je doute que George Soros, David Rockefeller, la Carnegie Corporation, la Fondation Ford et autres Goldman-Sachs ne soient prĂȘts Ă  nous aider ; il faut dire qu’ils sont trĂšs sollicitĂ©s par les medias institutionnels
 et, comment dire, j’ai comme l’impression qu’EuroLibertĂ©s et eux, c’est assez incompatible !
 En revanche, avec vous, chers lecteurs, je prends le pari contraire ! Trois solutions pour nous soutenir : cliquez ici.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.