Entretien avec Richard Dessens, auteur de « L’Europe chrĂ©tienne ou la mĂ©moire perdue » (Éditions Dualpha)

(Propos recueillis par Fabrice Dutilleul ).

Votre dernier ouvrage aborde la question du christianisme et de sa diffusion en Europe il y a deux mille ans, d’un point de vue trĂšs politique et critique. Pourquoi une telle remise en cause Ă  l’encontre des analyses communĂ©ment admises ?

En effet, le christianisme est habituellement considĂ©rĂ© comme le sauveur de l’Europe livrĂ©e aux « Barbares » aprĂšs la chute de Rome. L’Église fut le continuateur de l’organisation romaine qui permit le redressement progressif de l’Europe. L’analyse est un peu courte et Ă©carte le fait que, mĂȘme sans le christianisme, l’Europe se serait restructurĂ©e, certainement autrement, mais sans en tirer un quelconque jugement de valeur. À l’inverse, elle n’intĂšgre pas les mutations profondes que le christianisme a entraĂźnĂ©es dans les valeurs humaines et l’approche de la Nature. Enfin, le christianisme a gĂ©nĂ©rĂ© peu Ă  peu, Ă  travers ses propres valeurs, un systĂšme politique Ă  son image qui a fini de dĂ©truire la mĂ©moire identitaire des peuples europĂ©ens.

Sur quels fondements vous basez-vous pour rejeter le christianisme qui est pourtant le socle de l’identitĂ© europĂ©enne aujourd’hui ?

Je conteste absolument cette affirmation pourtant dĂ©fendue par beaucoup. Le christianisme est une religion « rĂ©vĂ©lĂ©e », c’est-Ă -dire d’origine humaine en rĂ©alitĂ©, mĂȘme « inspirĂ©e », « rĂ©vĂ©lĂ©e » par un Dieu putatif, venue d’Orient qui puise ses racines (la Bible) dans le judaĂŻsme. Le christianisme est Ă  ce titre une religion d’importation, par nature incompatible avec les valeurs propres de l’Europe et ses religions naturelles. Plaquer une religion venue d’ailleurs, avec ses concepts, ses structures mentales, son vivre ensemble, ses racines originelles, mĂȘme Ă©dulcorĂ©e, sur des peuples diffĂ©rents aux identitĂ©s distinctes, ne peut apporter un rĂ©el Ă©panouissement Ă  ces peuples, privĂ©s de leurs liens ancestraux, dĂ©racinĂ©s fondamentalement, dont on a gommĂ© la mĂ©moire.

En quoi le christianisme aurait-il « perverti » les peuples européens ?

D’une part la mixitĂ© imposĂ©e entre l’Orient et l’Europe par cette premiĂšre grande migration des idĂ©es a produit un systĂšme de pensĂ©e en effet pervers : la colonisation du monde au nom du Christ, le mĂ©pris de la Nature au nom de son lien avec les anciennes religions et considĂ©rĂ©e comme Ă©tant au service de l’homme, par exemple. La puissance des peuples europĂ©ens jumelĂ©e avec les concepts du christianisme oriental a eu un effet dĂ©vastateur Ă  terme pour l’Europe. D’ailleurs, l’Europe ne pourra jamais se construire sans rejeter les concepts chrĂ©tiens qui la minent.

Vous Ă©voquez en effet longuement la Nature et l’approche de l’humain comme des Ă©lĂ©ments fondamentaux d’un christianisme « destructeur ».

Oui. Le christianisme a extrait l’Homme de la Nature, en en faisant un ĂȘtre dominateur sans prĂ©dateur, aprĂšs qu’il ait dĂ©truit tout ce qui le gĂȘnait dans la Nature. Ainsi le seul prĂ©dateur de l’Homme c’est l’Homme lui-mĂȘme. D’un Homme, simple Ă©lĂ©ment d’un Tout naturel, on est passĂ© Ă  un Homme dĂ©connectĂ© des obligations imposĂ©es par la Nature. L’Homme devenu l’égal de Dieu au fil des siĂšcles, sous l’impulsion pervertie mais logique des dogmes chrĂ©tiens, a mĂ©prisĂ© puis dĂ©truit la Nature. Quant Ă  l’approche de l’humain, le caractĂšre sacrĂ© de l’Homme, crĂ©ature suprĂȘme de Dieu, « à son image », elle a entraĂźnĂ©, entre mille autres consĂ©quences, celle, fondamentale, de la prolifĂ©ration humaine incontrĂŽlĂ©e au dĂ©triment de l’ensemble des autres espĂšces. La surpopulation du monde est une calamitĂ© mĂšre de tous les troubles auxquels nous sommes confrontĂ©s aujourd’hui. Je ne crois pas Ă  une telle sacralisation de l’homme dont la vie ne peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme supĂ©rieure Ă  celle des autres espĂšces.

Vous attaquez les Écologistes. Pourquoi ?

Parce que les Écologistes constituent une imposture. Aucun ne considĂšre la surpopulation comme la cause rĂ©elle de l’immigration, du rĂ©chauffement climatique et de toutes les calamitĂ©s qui nous menacent. D’autre part, leur philosophie post-chrĂ©tienne (droit-de-l’hommienne) continue de faire de l’Homme le centre du monde. En rĂ©alitĂ© si les Hommes ont besoin de la Nature, la Nature, elle, n’a pas besoin des Hommes, si ce n’est en nombre limitĂ©.

Vous établissez une descendance mortifÚre au christianisme. Pouvez-vous en préciser les termes ?

Les prĂ©ceptes du christianisme, mĂ©pris du pouvoir temporel, sacralisation de l’individu, mĂ©pris de la politique, croyance dans une mort rĂ©demptrice dans un monde meilleur (la CitĂ© de Dieu), ont gĂ©nĂ©rĂ© l’Humanisme, puis le libĂ©ralisme, puis la dĂ©mocratie moderne, puis l’individualisme jusqu’à sa quasi-judiciarisation sacralisĂ©e dans les Droits de l’Homme, devenus la nouvelle religion de la modernitĂ©. Cet enchaĂźnement procĂšde d’une logique qui puise ses racines dans la philosophie chrĂ©tienne, marquĂ©e par des manipulations hypocrites qui au nom de la charitĂ©, de l’altruisme et de la gĂ©nĂ©rositĂ© dĂ©sintĂ©ressĂ©e, qui a dĂ©truit les libertĂ©s fondamentales de l’Homme europĂ©en, le transformant en proie facile pour ceux qui n’adhĂšrent pas Ă  sa philosophie.

L’Europe chrĂ©tienne ou la mĂ©moire perdue, Richard Dessens, Éditions Dualpha, collection « Patrimoine des HĂ©ritages », dirigĂ©e par Philippe Randa, 308 pages, 29 euros. Pour commander ce livre, cliquez ici.

L’Europe chrĂ©tienne ou la mĂ©moire perdue, Richard Dessens, Éditions Dualpha.

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