Voici un point d’histoire par trop nĂ©gligé : pourquoi Richelieu portait-il la moustache ? Parce qu’à l’origine, il n’était pas destinĂ© Ă  l’état ecclĂ©siastique. Il ne l’embrassa que parce que son frĂšre aĂźnĂ© se fit capucin, dĂ©daignant le siĂšge Ă©piscopal de Luçon que le roi rĂ©servait Ă  sa famille. Plus tard, ce mĂȘme frĂšre (prĂ©nommĂ© Alphonse) refusera la pourpre cardinalice que son frĂšre, qui disposait de quelque influence dans les hautes sphĂšres, voulait lui faire attribuer.

Ce fut donc le futur cardinal qui s’assit sur ce siĂšge. Il ne dĂ©mĂ©rita d’ailleurs pas, ouvrant un sĂ©minaire et publiant un catĂ©chisme dans ce diocĂšse qu’il dĂ©signa comme « le plus crottĂ© de France », mais qui ne l’était devenu que parce qu’il Ă©tait infestĂ© de protestants.

Devenu ministre, le cardinal moustachu appliqua son programme, dont le premier point Ă©tait de « ruiner le parti huguenot ». Le parti huguenot, et non la foi protestante. Il n’abolit pas l’édit de Nantes : il en abrogea seulement l’un des articles, celui qui attribuait aux protestants des places de sĂ»retĂ©. Rappelons la raison de l’agitation de ces derniers : ils ne supportaient pas que le catholicisme fĂ»t permis en terre protestante, en l’occurrence le BĂ©arn.

L’un des Ă©pisodes principaux de la lutte contre les huguenots fut le siĂšge de La Rochelle (1627-1628), au cours duquel on Ă©difia une digue qui empĂȘcha les secours anglais de sauver la ville. Le cĂ©lĂšbre tableau de Motte montre le cardinal, qui vint superviser le siĂšge, en armure. L’a-t-il vraiment portĂ©e ? J’en doute. Une gravure de Bosse le montre Ă©quipĂ© de la sorte. Mais l’artiste (qui Ă©tait protestant) l’a peut-ĂȘtre reprĂ©sentĂ© ainsi Ă  titre symbolique.

Autre Ă©pisode : le siĂšge de Privas, dirigĂ© par Louis XIII en personne. La ville fut prise aprĂšs que les artilleurs eurent hissĂ© les canons le long d’une falaise inaccessible, du haut de laquelle ils purent canarder la ville Ă  loisir. Ce qui prouve que les militaires doivent apprendre l’histoire, car un tel exploit fut renouvelĂ©, bien plus tard, Ă  DiĂȘn-BiĂȘn-Phu.

AprĂšs la dĂ©confiture militaire du parti huguenot, la tolĂ©rance envers les protestants perdura, mais ils n’étaient plus rien comme force politique. Le second point du programme de Richelieu Ă©tait de « rabaisser l’orgueil des grands ». En tant qu’ecclĂ©siastique, il savait que l’orgueil est un pĂ©chĂ©. Mais c’est un pĂ©chĂ© pour tous, y compris pour les rois.

Richelieu combattit de nombreuses conspirations nobiliaires, plus d’une fois fomentĂ©es par la reine et la reine mĂšre. Ces conspirations sont toujours prĂ©sentĂ©es comme des trahisons par les historiographes des rois, ce qui est naturel, mais aussi par les historiens rĂ©publicains. Ces savants binoclards, barbichus et bedonnants, ont du mal Ă  cacher leur satisfaction Ă  voir une tĂȘte bien nĂ©e rouler sous la hache du bourreau.

Mais ces nobles Ă©taient-ils vraiment des traĂźtres ? Avaient-ils tort de s’opposer au pouvoir solitaire du roi, fĂ»t-il exercĂ© par l’intermĂ©diaire d’un ministre ? Avaient-ils tort de rappeler qu’Hugues Capet avait Ă©tĂ© Ă©lu par ses pairs ? De ce dĂ©bat sur la nature et l’étendue du pouvoir du roi, le roi sortit vainqueur, mais les pouvoirs qu’il confisquait Ă  la noblesse, il ne les redistribuait pas, tel un Robin des Bois couronnĂ©, au bas peuple. Il les gardait pour lui.

Les chroniques de Pierre de Laubier sur l’« Abominable histoire de France » sont diffusĂ©es chaque semaine dans l’émission « SynthĂšse » sur Radio LibertĂ©s.

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A propos de l'auteur

Pierre de Laubier

Actuellement professeur d’histoire dans des collĂšges libres, Pierre de Laubier est l’auteur de "L’Aristoloche", journal instructif et satirique paraissant quand il veut, et il rĂ©dige les blogues Chronique de l’école privĂ©e
 de libertĂ© et "L’Abominable histoire de France", ce dernier tirĂ© de ses chroniques radiophoniques sur "Radio LibertĂ©s" oĂč il est un chroniqueur de l’émission "SynthĂšse", animĂ©e par Roland HĂ©lie et Philippe Randa.

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