Qui allait sauver le roi ? Le prince de CondĂ©. Tant que les armĂ©es Ă©taient occupĂ©es aux frontiĂšres, la fronde parlementaire avait pu triompher. Mais aprĂšs la signature du traitĂ© de Westphalie (1648), elles cessĂšrent de semer le dĂ©sordre Ă  l’extĂ©rieur, et purent revenir le semer Ă  l’intĂ©rieur.

Pour ne pas respecter les vingt-sept articles Ă  peine signĂ©s, la reine aurait voulu s’appuyer sur la noblesse. Mais un certain nombre de grands seigneurs entendaient obtenir quelque chose en Ă©change. La mĂȘme chose que le parlement, en fait : la fin du pouvoir solitaire du roi. Ou de son premier commis, qu’ils entendaient renverser.

Devant cette double menace, la reine mĂšre, ses deux fils et Mazarin prirent le parti le plus sage : la fuite. Ils quittĂšrent Paris pour Saint-Germain. Il gelait Ă  pierre fendre, la Seine Ă©tait prise par les glaces jusqu’au Havre et le vin gelait dans les verres ! La famille royale Ă©tait sur la paille, au sens propre. Et, de l’autre cĂŽtĂ© de la Manche, Charles Ier venait d’ĂȘtre dĂ©capitĂ©. Bref, l’ambiance Ă©tait glaciale.

Mais pour l’heure CondĂ©, le hĂ©ros de Rocroi, combattait pour le roi. Il mit le siĂšge devant Paris, si bien que le prĂ©sident MolĂ©, au nom du parlement, signa la paix de Rueil (11 mars 1649). Celle-ci prĂ©voyait une amnistie gĂ©nĂ©rale, la suppression des intendants et l’arrĂȘt de la crĂ©ation de nouveaux offices (ces derniĂšres clauses ne seront pas plus respectĂ©es que celles du traitĂ© de Westphalie, ça va sans dire). Et la famille royale rentra Ă  Paris, qui lui fit fĂȘte.

Or CondĂ©, sauveur du trĂŽne, aurait voulu en ĂȘtre rĂ©compensĂ©. La reine mĂšre, qui ne voulait rien lui donner, s’allia aux princes frondeurs pour le faire arrĂȘter avec Conti et Longueville. Mais leurs femmes partirent pour la province, soulevant la Normandie, la Bourgogne, la Guyenne.

De plus, Gondi, archevĂȘque de Paris, attendait en vain le chapeau de cardinal qu’on lui avait promis. Il parvint Ă  convaincre le duc d’Anjou, frĂšre du roi, de s’allier au parlement pour exiger la libĂ©ration des trois princes. Face Ă  cette union des deux frondes, Mazarin quitta Paris. La famille royale ne put l’imiter car les portes Ă©taient closes et bien gardĂ©es. Et une foule envahit le Louvre pour s’assurer que le roi Ă©tait toujours lĂ . Mazarin se rĂ©signa Ă  faire libĂ©rer CondĂ©, qui fit Ă  Paris une entrĂ©e triomphale. Le 7 septembre 1651, le roi de treize ans fut proclamĂ© majeur, en l’absence de CondĂ©, qui Ă©tait occupĂ© Ă  lever une armĂ©e en Guyenne.

Trois ans plus tard, le 2 juillet 1652, aprĂšs bien des pĂ©ripĂ©ties, CondĂ© Ă©tait sur le point d’ĂȘtre battu par Turenne Ă  la porte Saint-Antoine. C’est alors que la duchesse de Montpensier fit tirer le canon du haut de la Bastille. Les troupes royales reculĂšrent et CondĂ© put rentrer dans Paris.

D’abord fĂȘtĂ©, il se rendit vite odieux. Les militaires, c’est joyeux et pimpant, mais encombrant, et ça mange comme quatre. Les Parisiens se lassĂšrent de les nourrir et entrĂšrent en pourparlers avec la reine mĂšre. Le 21 octobre 1652, le roi et sa mĂšre firent Ă  Paris une entrĂ©e triomphale
 encore une ! Prudent, Mazarin attend le dĂ©but de 1643 pour rentrer
 et se faire acclamer Ă  son tour.

Quant Ă  CondĂ©, il alla se mettre au service de l’Espagne. Le roi le fit condamner Ă  mort. Mais ce petit plaisir ne le guĂ©rit pas des humiliations subies. Se remettrait-il un jour de cette nĂ©vrose ?

Les chroniques de Pierre de Laubier sur l’« Abominable histoire de France » sont diffusĂ©es chaque semaine dans l’émission « SynthĂšse » sur Radio LibertĂ©s.

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A propos de l'auteur

Pierre de Laubier

Actuellement professeur d’histoire dans des collĂšges libres, Pierre de Laubier est l’auteur de "L’Aristoloche", journal instructif et satirique paraissant quand il veut, et il rĂ©dige les blogues Chronique de l’école privĂ©e
 de libertĂ© et "L’Abominable histoire de France", ce dernier tirĂ© de ses chroniques radiophoniques sur "Radio LibertĂ©s" oĂč il est un chroniqueur de l’émission "SynthĂšse", animĂ©e par Roland HĂ©lie et Philippe Randa.

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