Denys Ier, « tyran » (soit le chef civil et militaire, Ă©lu par l’assemblĂ©e des citoyens) de Syracuse de – 405 Ă  – 367, fut l’équivalent local du dictateur romain, mais sur une trĂšs longue durĂ©e.

Denys l'Ancien pédagogue : épisode de l'épée de DamoclÚs, par Richard Westall.

Denys l’Ancien pĂ©dagogue : Ă©pisode de l’Ă©pĂ©e de DamoclĂšs, par Richard Westall.

Initialement, c’est fort de l’assentiment populaire qu’il exerce la plĂ©nitude du pouvoir en une pĂ©riode troublĂ©e. Ancien combattant valeureux d’une guerre perdue contre les Carthaginois, durant laquelle il avait servi comme simple soldat, Denys commence sa carriĂšre politique en s’attaquant aux politiciens syracusains coupables, selon lui, d’avoir cĂ©dĂ© Ă  la panique en capitulant prĂ©maturĂ©ment devant l’ennemi. Il emploie l’expression « coup de poignard dans le dos de l’armĂ©e »  qui fera florĂšs dans le Reich de Weimar.

Excellent orateur, il est trĂšs dĂ©mocratiquement Ă©levĂ© au Pouvoir suprĂȘme, prenant la succession d’une riche oligarchie incapable et corrompue. Le nouveau chef de l’État destitue les stratĂšges qui n’ont pas Ă©tĂ© Ă  la hauteur de leur tĂąche, constitue une puissante armĂ©e de terre et de mer, puis se lance dans une guerre de revanche, avec un franc succĂšs, permettant de libĂ©rer la Sicile de la tutelle carthaginoise et phĂ©nicienne.

C’est Ă©galement un grand bĂątisseur et un artiste, singuliĂšrement un poĂšte, dont une partie de l’Ɠuvre a Ă©tĂ© conservĂ©e. Il entreprend une politique de grands travaux d’urbanisme pour employer les nombreux chĂŽmeurs de l’üle
 ce qui mĂ©contente fort les riches qui, jusqu’alors, ne payaient pas d’impĂŽt.

Cet homme austĂšre est perpĂ©tuellement calomniĂ© par l’aristocratie locale, la seule classe lettrĂ©e, celle des grands propriĂ©taires terriens, des nĂ©gociants et des armateurs. Il demeure l’idole du peuple et meurt paisiblement en 367 avant J.-C., aprĂšs avoir exercĂ© un Pouvoir bienfaisant aux artisans et aux petits paysans, ne rĂ©primant que les complots des aristocrates.

Son fils, Denys II, portĂ© au pouvoir par l’enthousiasme populaire, ruine l’Ɠuvre paternelle en une dizaine d’annĂ©es. C’est une constante de l’Histoire : les fils de dictateurs s’avĂšrent mĂ©diocres.

Les ressemblances entre les carriĂšres d’Adolf Hitler et du tyran de Syracuse sont frappantes, compte tenu du fait que le personnage antique Ă©volue sur l’échelle rĂ©duite d’une CitĂ©-État. La diffĂ©rence essentielle entre les deux hommes rĂ©side dans l’absence d’élĂ©ment dĂ©lirant chez Denys. C’est peut-ĂȘtre la raison de la bienfaisance de son rĂšgne et de son achĂšvement paisible.

L’aristocratie locale, seule classe lettrĂ©e de la citĂ©, s’est vengĂ©e en noircissant le personnage auprĂšs d’une postĂ©ritĂ© longtemps crĂ©dule. L’exemple de Denys prouve pourtant qu’il existe de grands hommes d’État bĂ©nĂ©fiques, non psychotiques, et dĂ©montre mĂȘme que, parfois, le suffrage populaire choisit la personne optimale.

Texte tirĂ© pour l’essentiel de Bernard Plouvier : Le populisme ou la vĂ©ritable dĂ©mocratie, Les Bouquins de SynthĂšse Nationale, 2017. Pour commander ce livre, cliquez ici.

Populisme véritable democratie

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Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.

A propos de l'auteur

Bernard Plouvier

Ancien chef de service hospitalier, spĂ©cialisĂ© en MĂ©de­cine interne.Il est auteur de nombreux livres historiques (L’énigme Roosevelt, faux naĂŻf et vrai machiavel ; La tĂ©nĂ©breuse affaire Dreyfus ; Hitler, une biographie mĂ©dicale et politique ; Dictionnaire de la RĂ©volution française,
) et d'essais (RĂ©flexions sur le Pouvoir. De Nietzsche Ă  la Mondialisation ; Le XXIe siĂšcle ou la tentation cosmopolite ; Le devoir d’insurrection,
). Il a Ă©tĂ© Ă©lu membre de l’AcadĂ©mie des Sciences de New York en mai 1980.

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