En 1950 ; Pierre-Antoine Cousteau, le frĂšre du commandant, et le critique musical Lucien Rebatet  discutent en prison. La prison purifie et ouvre l’esprit de ces deux extrĂ©mistes, et ils comprennent d’un coup, comme un Tocqueville ou un GuĂ©non, notre (fin du) monde Ă  venir.

Rebatet se lance dans une diatribe bien dans la ligne du pessimisme intĂ©gral : « Te vois-tu reprenant les armes pour la dĂ©fense d’un certain christianisme, d’un certain humanisme ? Les valeurs qui m’étaient les plus chĂšres, les seules pour lesquelles j’aurais vraiment consenti Ă  perdre ma vie sans regret, le patrimoine artistique de l’Europe, c’est aujourd’hui un domaine que l’on m’a interdit. M’alarmer pour le sort des cathĂ©drales et des tableaux qui sont pour moi, maintenant, comme s’ils n’avaient jamais existĂ©, tout cela dĂ©passe mes ressources de gĂ©nĂ©rositĂ©. Nous sommes dans la position de l’entomologiste qui note : “La fourmi rouge gagne du terrain sur la noire, la fourmi noire va de droite et de gauche”. Nous n’attendons mĂȘme plus les satisfactions de la vengeance, car ce serait encore un lien. »

Rebatet ajoute que tout est perdu, et qu’il faut s’en Ă©loigner en quelque sorte. Il prĂ©voit dĂ©jĂ  le remplacement prochain du vieux continent.

« La nĂ©grification de la planĂšte ne pourrait plus que nous divertir. Nous n’avons plus de maison, nous n’avons plus de ville, nous n’avons plus de patrie, nous n’avons plus de race. Mieux encore : nous n’avons plus de contemporains. »

Cousteau Ă©tait Ă©panoui : « Nous n’avons plus de contemporains ». J’avoue que je n’y avais pas pensĂ©. Toutes ces derniĂšres annĂ©es, la plupart de mes mĂ©ditations avaient abouti Ă  la conclusion que je n’avais plus de compatriotes et je me suis complu Ă  remĂącher cette idĂ©e-lĂ . Mais je me rends bien compte Ă  quel point cette exclusive est Ă©triquĂ©e. Ce n’est pas « compatriotes » qu’il faut dire, c’est « contemporains ». On ne nous a pas seulement retranchĂ©s de cet hexagone. On nous a projetĂ©s hors du siĂšcle. Et c’est pour cela que nous Ă©prouvons une telle sensation de libertĂ©.

Rebatet ajoute que le triomphe amĂ©ricain sera le triomphe du confort et du cabinet : « Nous prĂ©fĂ©rons, en fin de compte, l’hypothĂšse de la victoire amĂ©ricaine, parce que c’est la victoire de la salle de bains. Je sais qu’une hĂ©gĂ©monie amĂ©ricaine, sur le plan matĂ©riel, sera confortable, mais je sais que sur tous les autres plans, elle ne me dĂ©goĂ»tera pas moins que le marxisme universel. Je regarde le duel AmĂ©rique-Russie avec dĂ©tachement. C’est d’ailleurs assez agrĂ©able de n’avoir plus Ă  s’agiter, Ă  s’émouvoir pour l’issue de la bataille en cours ».

Pas d’illusions sur notre futur amĂ©ricanisĂ© et antirusse : « Ce qu’il est question de dĂ©fendre, ce sont les tronçons d’une Europe qui a Ă©tĂ© dĂ©truite par Roosevelt. Les experts et les banquiers amĂ©ricains ont dĂ©cidĂ© qu’il y avait un intĂ©rĂȘt stratĂ©gique primordial Ă  conserver ces tronçons : un point c’est tout. »

Dialogues de “vaincus”, Lucien Rebatet, Pierre-Antoine Cousteau, Ă©ditions Omnia Veritas, 332 pages, 25 euros.

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A propos de l'auteur

Nicolas Bonnal

Essayiste et chroniqueur politique, Nicolas Bonnal est l’auteur d’une quinzaine de livres sur la politique, l’identitĂ©, l’initiation et le cinĂ©ma
 Derniers livres parus aux Éditions Dualpha : Le paganisme au cinĂ©ma ; La chevalerie hyperborĂ©enne ; le Graal et Donald Trump, le candidat du chaos. Il est le correspondant d'EuroLibertĂ©s en Espagne.

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