Hans, Axel comte de Fersen (1755-1810)

Fils d’un marĂ©chal de SuĂšde et d’une Française, nommĂ© capitaine de dragons en SuĂšde, il voyage ainsi en divers pays.

En 1774, il est remarquĂ© par Marie-Antoinette qui en tombe amoureuse. Cela lui vaut d’ĂȘtre nommĂ© colonel Ă  la suite du rĂ©giment Royal Deux-Ponts, en 1780. Il est l’un des aides de camp du gĂ©nĂ©ral comte Jean-Baptiste de Rochambeau durant la guerre d’indĂ©pendance des USA (1780-1783) et devient colonel du rĂ©giment Royal-SuĂ©dois en 1783. Il retourne en SuĂšde oĂč il est nommĂ© colonel d’un rĂ©giment en 1786 et participe Ă  la guerre de Finlande, contre les troupes russes, en 1787-88.

De retour en France, il est tentĂ© par la dot de Germaine Necker, aussi plantureuse que la promise. Il y renonce par dĂ©goĂ»t de la demoiselle Ă  l’hygiĂšne douteuse, laissant le champ libre Ă  son ami Éric de StaĂ«l-Holstein, ambassadeur de SuĂšde Ă  Paris.

Il prĂ©pare la fuite de la famille royale dĂšs le mois de fĂ©vrier 1791, mais fait route sĂ©parĂ©e au sortir de Paris, dans la nuit du 20 au 21 juin. À Bruxelles, il pousse Gustave III de SuĂšde Ă  exiger, en vain, des monarques prussien et autrichien une action militaire en faveur du couple royal.

En fĂ©vrier 1792, il rentre discrĂštement en France pour convaincre, sans succĂšs, le couple royal de tenter une nouvelle Ă©vasion, lors des entrevues secrĂštes des 13 et 14 fĂ©vrier aux Tuileries. En juillet, il donne quelques Ă©lĂ©ments d’information au marquis Geoffroy de Limon qui rĂ©dige maladroitement le « manifeste de Brunswick », menaçant les rĂ©volutionnaires de sĂ©vĂšres reprĂ©sailles en cas d’atteinte Ă  la personne du roi ou de la reine, ce qui lui vaudra d’ĂȘtre humiliĂ© par Bonaparte au CongrĂšs de Rastatt, en novembre 1797, oĂč il sera le dĂ©lĂ©guĂ© suĂ©dois.

Chancelier de l’UniversitĂ© d’Uppsala (1799), Grand marĂ©chal de la cour de SuĂšde et Garde des Sceaux du royaume (1809), il est faussement accusĂ© par ses ennemis d’avoir empoisonnĂ© le prince hĂ©ritier Charles de Holstein-Augustenbourg. Il est massacrĂ© par la populace de Stockholm le 20 juin 1810, et rĂ©habilitĂ© un an plus tard.

Pour les amoureux de la petite histoire : il a effectivement passĂ© la nuit du 13 au 14 fĂ©vrier 1792 dans la chambre de Marie-Antoinette, aux Tuileries
 Mais nul ne sait ce qui s’y est dĂ©roulé !

 

A propos de l'auteur

Bernard Plouvier

Ancien chef de service hospitalier, spĂ©cialisĂ© en MĂ©de­cine interne.Il est auteur de nombreux livres historiques (L’énigme Roosevelt, faux naĂŻf et vrai machiavel ; La tĂ©nĂ©breuse affaire Dreyfus ; Hitler, une biographie mĂ©dicale et politique ; Dictionnaire de la RĂ©volution française,
) et d'essais (RĂ©flexions sur le Pouvoir. De Nietzsche Ă  la Mondialisation ; Le XXIe siĂšcle ou la tentation cosmopolite ; Le devoir d’insurrection,
). Il a Ă©tĂ© Ă©lu membre de l’AcadĂ©mie des Sciences de New York en mai 1980.

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