♩ La situation des pays europĂ©ens, et notamment de la France, se comprend mieux si on la replace dans une perspective historique.

Regardons l’Europe avec un fort recul et retenons deux ou trois de ces dates qui marquent symboliquement les mouvements dĂ©cisifs de l’Histoire :

-410, Alaric Ă  la tĂȘte des Wisigoths s’empare de Rome et il ouvre pour un millĂ©naire l’ùre du Moyen Age ;
-1492, Colomb dĂ©couvre l’AmĂ©rique : c’est le dĂ©but des Temps modernes, avec d’abord une pĂ©riode plurisĂ©culaire qui voit les peuples europĂ©ens installer progressivement, comme en Ă©cho de l’Empire romain, leur mainmise sur l’ensemble de la planĂšte.

C’est incontestablement la fin de cette pĂ©riode du triomphe europĂ©en que nous vivons aujourd’hui : l’évĂ©nement majeur comme la date symbolique qui la marqueront sont Ă  venir.


Pour le moment, profondĂ©ment affaiblie par les deux guerres mondiales qui pour l’essentiel se sont dĂ©roulĂ©es sur son territoire, placĂ©e sous la tutelle des Etats-Unis, l’Europe ne joue plus un rĂŽle majeur dans le monde et d’aucuns professent que c’est en essayant de rassembler en une seule entitĂ© les nations qui la composent qu’elle pourra leur rendre une influence digne de leur passĂ©.

Mais autrement plus grave que ce retrait peut-ĂȘtre provisoire de la scĂšne internationale, il est un pĂ©ril majeur et immĂ©diat qui pourrait bientĂŽt entraĂźner l’Europe dans une chute mortelle : une immigration-submersion en provenance du tiers-monde proche, analogue, mutatis mutandis, Ă  celle qui a prĂ©cĂ©dĂ© et prĂ©cipitĂ© la disparition de l’Empire romain – et qui, en outre, commence Ă  s’accompagner, elle aussi, d’affrontements militaires.

Or l’attitude de l’Europe face Ă  cette menace s’apparente Ă  un suicide. Dans un premier temps, et alors que la menace migratoire commençait seulement Ă  prendre forme, l’Europe a affichĂ© une sorte de cĂ©citĂ© volontaire qui l’a empĂȘchĂ©e de prendre conscience des pĂ©rils qu’elle aurait Ă  affronter. Et ensuite, alors qu’aujourd’hui le flot submersif est devenu, sans mĂȘme y compter la rĂ©cente arrivĂ©e massive des « rĂ©fugiĂ©s », une rĂ©alitĂ© souvent douloureuse, elle ne lui oppose qu’une rĂ©signation passive, un renoncement Ă  soi-mĂȘme qui laissent le champ libre Ă  l’écoulement du flux.

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