J’ai eu le privilĂšge de goĂ»ter Ă  l’enseignement de la langue arabe au cours de ma scolaritĂ© constantinoise. Notre maĂźtre, un paternel pĂ©dagogue musulman, ne cessait d’enlever sa chĂ©chia pour s’arracher les derniers cheveux qui lui restaient, devant les Ă©normitĂ©s profĂ©rĂ©es par ses petits coreligionnaires pour qui l’arabe Ă©tait, paraĂźt-il, leur langue maternelle.

Ouverture du stage annuel de langue arabe.

Ouverture du stage annuel de langue arabe.

Effet collatéral, pour le moins choquant, de cette méprise constante, les meilleures notes de la classe étaient obtenues par quelques métropolitains fraßchement débarqués en Algérie.

Les petits Pieds noirs, quant Ă  eux, Ă©taient dĂ©jĂ  trop marquĂ©s par le sabir vernaculaire local, pour adopter les rĂšgles de l’arabe littĂ©raire qu’on prĂ©tendait leur inculquer.

C’est d’ailleurs pour la mĂȘme raison qu’aujourd’hui, les linguistes s’y perdent, reconnaissant volontiers que, par exemple, l’arabe algĂ©rien est difficilement comprĂ©hensible par les populations arabophones du Proche Orient.

Soit, mais encore faudrait-il s’accorder sur la dĂ©finition d’une langue arabe algĂ©rienne.

Ayant Ă©pousĂ© une tlemcĂ©nienne, j’avais dĂ©couvert en Ă©changeant avec mon beau-pĂšre, les substantielles diffĂ©rences existant entre l’arabe parlĂ© Ă  la frontiĂšre algĂ©ro-marocaine et celui pratiquĂ© dans l’Est constantinois.

Et, prudence oblige, je ne me hasarderai pas Ă  Ă©voquer les langues tamazight dĂ©rivĂ©es du berbĂšre ancien qui « polluent » la politique d’arabisation de l’AlgĂ©rie promue par ses dirigeants.

C’est pour toutes ces raisons qu’il faut souhaiter beaucoup de subtilitĂ© et de vigilance aux diplomates et hommes politiques des pays prĂ©tendument arabophones appelĂ©s Ă  se concerter. Que leurs acceptions approximatives d’un mĂȘme terme, ne conduisent pas Ă  des catastrophes. Inch Allah !

Les linguistes, Ă©voquĂ©s plus haut, s’accordent Ă  dire que l’arabe classique, langue prestigieuse, rigoureusement liĂ©e Ă  la religion, Ă©trangĂšre Ă  la vie quotidienne, est peu parlĂ©e par les populations concernĂ©es.

Pour le grand islamologue et philosophe algĂ©rien Mohamed Arkoun, l’arabe est aujourd’hui une langue idĂ©ologique qui bride le dĂ©veloppement intellectuel du monde qui la pratique. Il dĂ©nonce clairement le dogmatisme qui irrigue son enseignement.

Nos instances Ă©ducatives devraient donc intĂ©grer cette rĂ©alitĂ© avant l’élaboration des programmes qu’ils prĂ©tendent mettre en place.

Beaucoup plus prosaĂŻquement, qu’ils imaginent un instant le dĂ©sarroi d’un jeune Ă©lĂšve, devant l’incapacitĂ© de ses parents, pourtant originaires d’AlgĂ©rie, Ă  l’aider Ă  faire ses devoirs ou Ă  rĂ©citer ses leçons. « Hechma ! » (honte) pourrait-il s’écrier devant leur ignorance, Ă©cornant ainsi le prestige paternel si important dans la famille musulmane.

Remarque tout Ă  fait incidente, il est curieux que les tenants de la suppression des programmes scolaires, du grec et du latin, au motif qu’elles sont des langues mortes, promeuvent l’enseignement de l’arabe littĂ©raire qui l’est tout autant. Alors ?

« Cui bono ? Makache bono ! », comme l’affirme un chanteur de raĂŻ polyglotte de mes relations.

Ne doutons pas un instant de la clairvoyance sur ce point de notre actuel ministre de l’Éducation, fils de Pieds noirs trĂšs impliquĂ©s par ailleurs dans la dĂ©fense de la mĂ©moire de l’AlgĂ©rie française.

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