MĂ©morable date de l’Histoire de l’Europe. Le 18 juin 1155, FrĂ©dĂ©ric Barberousse est couronnĂ© empereur du Saint Empire Romain Germanique. Le vieux rĂȘve europĂ©en de la renovatio imperii de Rome avortera dans les tourmentes de l’émergence des États europĂ©ens face une Église incapable finalement de maintenir l’idĂ©e d’une « RĂ©publique chrĂ©tienne europĂ©enne. »

Le 18 juin 1815, le rĂȘve europĂ©en de NapolĂ©on meurt tragiquement sur la plaine de Waterloo. Grouchy ? C’était BlĂŒcher ! Cette rĂ©gion des anciennes Provinces Unies renferme aussi un autre Waterloo : Maastricht. L’un des centres de gravitĂ© de l’Europe renferme des noms Ă  connotation mortifĂšre


Curieusement, la mĂ©moire lĂ©gale et judiciarisĂ©e de la France impose un autre 18 juin, plus obscur et discret, mais combien mĂ©diatisĂ© et entourĂ© des rameaux de la libertĂ©. En tout cas d’une libertĂ© qui rĂ©pondait modestement Ă  la recherche d’un sauvetage de cette mĂȘme libertĂ© exprimĂ©e la veille par un autre. MarĂ©chal celui-ci. La portĂ©e de ce 18 juin est-elle d’importance europĂ©enne ou l’expression d’ambitions personnelles entamĂ©es quelques semaines auparavant dans un gouvernement de transition ? Lorsque l’historien pourra travailler sans les oukases de la loi, peut-ĂȘtre pourra-ton rĂ©examiner la figure intouchable


Mais le 18 juin, c’est aussi l’anniversaire de la mort d’Amundsen, l’immense explorateur norvĂ©gien, de Maxime Gorki le gĂ©nial Ă©crivain russe, de Marcel Bigeard, hĂ©ros de Dien Bien Phu.

DĂ©cidĂ©ment, ce 18 juin est une date de commĂ©morations Ă  rejeter dans l’oubli des tristesses de l’Histoire.

Ce qui amĂšne Ă  se poser la question du choix des dates Ă  commĂ©morer et mĂȘme Ă  rĂ©-envisager les sujets Ă  commĂ©morer. Mais la question est plus politique qu’historique et se relie Ă  des considĂ©rations qui doivent servir une idĂ©ologie et des valeurs par dĂ©finition partisanes. La commĂ©moration doit porter un message politique qui est censĂ© ĂȘtre unificateur, rassembleur pour la communautĂ© nationale.

Or peut-on encore parler de « communauté nationale » lorsque les communautarismes se développent et lorsque les identités nationales se sont délitées.

Peut-on mĂȘme encore parler de communautĂ© nationale Ă  l’heure oĂč l’Europe pourrait devenir le cadre de l’identitĂ© de l’Occident ?

Pourquoi ne pas trouver les grandes dates, rĂ©ussites ou Ă©checs, qui ont une vĂ©ritable rĂ©sonnance au niveau des valeurs identitaires de l’Occident ? Politiquement correct, non ?

18 juin
 morne plaine européenne.

Vous avez aimé cet article ?

EuroLibertĂ©s n’est pas qu’un simple blog qui pourra se contenter ad vitam aeternam de bonnes volontĂ©s aussi dĂ©vouĂ©es soient elles
 Sa promotion, son dĂ©veloppement, sa gestion, les contacts avec les auteurs nĂ©cessitent une Ă©quipe de collaborateurs compĂ©tents et disponibles et donc des ressources financiĂšres, mĂȘme si EuroLibertĂ©s n’a pas de vocation commerciale
 C’est pourquoi, je lance un appel Ă  nos lecteurs : NOUS AVONS BESOIN DE VOUS DÈS MAINTENANT car je doute que George Soros, David Rockefeller, la Carnegie Corporation, la Fondation Ford et autres Goldman-Sachs ne soient prĂȘts Ă  nous aider ; il faut dire qu’ils sont trĂšs sollicitĂ©s par les medias institutionnels
 et, comment dire, j’ai comme l’impression qu’EuroLibertĂ©s et eux, c’est assez incompatible !
 En revanche, avec vous, chers lecteurs, je prends le pari contraire ! Trois solutions pour nous soutenir : cliquez ici.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.