Christophe DickĂšs, docteur en histoire, travaille depuis de nombreuses annĂ©es sur l’Église. Avec cet ouvrage fort intĂ©ressant, il revient sur « ces 12 Papes qui ont bouleversĂ© le monde ». DĂšs les premiĂšres lignes, il constate que « la papautĂ© est aujourd’hui au centre d’un paradoxe : le monde occidental ne cesse d’évoquer le dĂ©clin de l’Église Catholique et de l’influence de son chef sans se rendre compte que, dans l’histoire de l’humanitĂ©, l’Église n’a jamais eu autant de fidĂšles rĂ©partis sur les cinq continents. »

À cette idĂ©e, il ajoute immĂ©diatement : « C’est peut-ĂȘtre d’ailleurs une des raisons pour lesquelles, de maniĂšre gĂ©nĂ©rale, le christianisme est aujourd’hui la religion la plus persĂ©cutĂ©e au monde. »

Nous pensons surtout que si l’Église subit autant d’attaques, ce n’est pas en raison du nombre de ses fidĂšles mais parce qu’Elle dĂ©tient la vĂ©ritĂ© religieuse. Devant l’importance et l’immensitĂ© de la tĂąche, il convient de vraiment mesurer la charge qui pĂšse sur les Ă©paules d’un homme Ă  la tĂȘte d’une institution vieille de 2000 ans.

Ainsi, l’auteur Ă©crit : « Au XXe siĂšcle, Ă  la suite de leur Ă©lection et Ă  une seule exception prĂšs, tous les Papes ont pleurĂ©. Cela, bien avant de rentrer dans la fameuse Stanza delle lacrime, littĂ©ralement la piĂšce des larmes, une sacristie situĂ©e Ă  gauche de l’autel de la chapelle Sixtine. C’est dans cette piĂšce que le Pape revĂȘt la soutane blanche, juste avant d’apparaĂźtre Ă  la loggia de la basilique Saint-Pierre pour la bĂ©nĂ©diction urbi et orbi, c’est-Ă -dire Ă  la ville de Rome et au monde ». Il n’y a donc rien d’étonnant Ă  lire que « dans l’histoire, nombre de cardinaux furent effrayĂ©s par la perspective de l’élection ».

Effectivement, ĂȘtre Pape revient Ă  reprĂ©senter JĂ©sus-Christ sur terre et Ă  guider la communautĂ© humaine : « l’universalitĂ© du Saint-SiĂšge repose en partie sur l’idĂ©e que le Pape s’adresse Ă  chaque croyant. Il est Ă  la fois un pĂšre – ce qui est le sens originel du mot Pape – et un berger, un pasteur ». Toutefois, DickĂšs rappelle une notion importante : « comme tous les pouvoirs, celui des pontifes a Ă©voluĂ© avec les Ă©poques. Leur influence et leur capacitĂ© d’agir sur leur temps en ont d’autant plus varié ». Il convient de prĂ©ciser que « surtout, le Pape est au service de l’Église, qui, comme toute institution ici-bas, a vĂ©cu des pĂ©riodes de stagnation, de progrĂšs, parfois de rĂ©gression, souvent de renaissance. Face aux ferments de divisions, le souverain pontife offre l’unitĂ© qui est une sĂ©curitĂ© et le secret de sa longĂ©vitĂ© Ă  travers les siĂšcles ».

Concernant les Papes retenus, DickĂšs Ă©crit sans dĂ©tour : « qu’on se le dise d’emblĂ©e, opĂ©rer un choix parmi les deux cent soixante-six Papes qui furent Ă  la tĂȘte de l’Église catholique reste un exercice subjectif ». Il ajoute : « retenir une figure dans l’histoire de la papautĂ© signifie qu’elle se distingue au moins par son caractĂšre exceptionnel, par sa capacitĂ© Ă  agir sur les Ă©vĂ©nements de son Ă©poque ». De mĂȘme, faut-il retenir des critĂšres politiques ou spirituels ? Est-il prĂ©fĂ©rable de considĂ©rer les changements intĂ©rieurs de l’Église ou bien sa relation au monde ? Vastes questions auxquelles chacun aura sa propre rĂ©ponse. DickĂšs a choisi et il a regroupĂ© les Papes par thĂšme. Nous avons donc « les Fondateurs » avec Saint Pierre, Saint LĂ©on le Grand, Saint GrĂ©goire le Grand, « les Rois » avec GrĂ©goire VII, Innocent III, Boniface VIII, Jules II, « les Spirituels » avec Saint Pie V et Saint Pie X, « les Universels » avec Pie XI, Jean XXIII, Jean-Paul II. Nous approuvons le choix des sept premiers Papes. En revanche pour les trois derniers, nous en aurions retenu d’autres.

Au sujet des Papes Ă©tudiĂ©s, il est important de comprendre ce qui suit. DickĂšs dit : « les Papes qui ont retenu notre attention dans le prĂ©sent ouvrage correspondent Ă  une caractĂ©ristique essentielle, qui se confond avec l’histoire de l’Église et son rapport au monde ». Il poursuit : « ces quatre catĂ©gories peuvent apparaĂźtre subjectives et pĂ©cher par leur simplicitĂ©. Elles illustrent nĂ©anmoins des personnalitĂ©s qui, Ă  chaque Ă©poque, ont su rĂ©pondre aux dĂ©fis qui se prĂ©sentaient Ă  elles ». Comme l’explique trĂšs justement l’auteur « le succĂšs et donc l’influence d’un Pape se mesure sur ce que l’historien appelle le temps long. Il ne peut se dĂ©crĂ©ter de facto, Ă  de rares exceptions ».

DickĂšs Ă©crit : « nous aurions souhaitĂ© ajouter d’autres Papes Ă  ces douze noms qui renvoient, comme un clin d’Ɠil, aux douze apĂŽtres. Nous pensons notamment Ă  LĂ©on XIII pour sa doctrine sociale, et aussi, sujet trop peu connu, pour son implication Ă  recouvrer une place dans le concert des nations, Ă  l’échelle du monde [
]. Beaucoup plus loin dans le temps nous aurions pu aussi retenir GĂ©lase Ier. Ce Pape africain n’a rĂ©gnĂ© que quatre ans mais a Ă©tĂ© Ă  l’origine d’une contribution majeure sur les relations de l’Église et du politique, du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel. Une distinction essentielle dans l’histoire de la pensĂ©e politique et religieuse occidentale, que l’on ne retrouve guĂšre par exemple dans l’islam ». Nous apprĂ©cions beaucoup l’Ɠuvre de ce Pape d’origine berbĂšre. En effet, ce dernier rĂ©affirma avec vigueur la doctrine catholique de l’autonomie de la juridiction ecclĂ©siastique vis-Ă -vis du pouvoir politique, affirmant la supĂ©rioritĂ© du spirituel sur le temporel.

L’auteur rappelle de maniĂšre pertinente que « dans l’histoire de l’Église, les Papes seront appelĂ©s les successeurs de Pierre. Il existe ainsi une filiation directe entre l’apĂŽtre et chacun des Ă©lus, des origines Ă  nos jours. Longtemps d’ailleurs, avant de prendre le titre de vicaire du Christ, le Pape utilisera celui de vicaire de Pierre ». Pierre est mort Ă  Rome comme chacun sait. Ainsi, Rome occupe une place particuliĂšre dans le christianisme « qui s’est construite dans le temps, sur la nĂ©cessitĂ© de prĂ©server l’identitĂ© chrĂ©tienne et la tradition apostolique contre les interprĂ©tations doctrinales foisonnantes ». DickĂšs pose le constat suivant : « ce n’est pas parce que Rome fut capitale de l’Empire qu’elle devient le centre de la catholicitĂ©, mais bien par le biais de la succession apostolique ».

DickĂšs prĂ©sente ces 12 Papes avec clartĂ© et pĂ©dagogie. Ces biographies permettent de (re) dĂ©couvrir des souverains pontifes dont certains ont beaucoup apportĂ© Ă  l’Église et aux Hommes. Nous lisons avec intĂ©rĂȘt le propos suivant qui explique les intentions gĂ©nĂ©rales de l’auteur : « ce prĂ©sent livre se veut une rĂ©flexion sur le pouvoir des Papes Ă  travers les siĂšcles, mais aussi et surtout une approche de leur rapport au monde. Il renvoie Ă  une question faussement simple et Ă  laquelle nous tenterons de rĂ©pondre dans la conclusion. Elle ne tient qu’en quelques mots : qu’est-ce qu’un grand Pape ? »

MalgrĂ© la qualitĂ© de cette Ɠuvre, certains objecteront peut-ĂȘtre que regrouper des courtes Ă©tudes consacrĂ©es Ă  d’une dizaine de Papes dans un seul ouvrage prĂ©sente l’inconvĂ©nient de vouloir en faire trop et finalement pas assez. DickĂšs devance cette critique dans son avant-propos : « ce travail n’est qu’une introduction Ă  l’histoire des Papes et des moments clĂ©s de l’histoire de l’Église. Des sommes monumentales ont Ă©tĂ© Ă©crites par des universitaires de renom sur plusieurs dĂ©tails du prĂ©sent ouvrage. Nous Ă©voluons ici dans un champ simplifiĂ© oĂč les omissions sont inĂ©vitables. NĂ©anmoins, si ce livre permet Ă  de futurs chercheurs de s’emparer d’un pontificat afin de l’étudier plus avant, il aura rempli une partie de son objectif. »

L’essentiel est ainsi explicité : « Cet ouvrage doit ĂȘtre considĂ©rĂ© comme une porte d’entrĂ©e ou, mieux, un pont sĂ©parant une rĂ©alitĂ© souvent biaisĂ©e et caricaturale de l’institution et une histoire bien plus complexe et nuancĂ©e ». À l’heure oĂč nombreuses sont les publications sensationnelles, pour ne pas dire plus, sur l’Église et son histoire, il est trĂšs agrĂ©able de lire une Ɠuvre sĂ©rieuse et documentĂ©e sur un sujet aussi passionnant que complexe. ConcrĂštement, cette Ă©tude permet de mieux comprendre l’histoire de l’Église et de la PapautĂ©, ainsi que leurs Ă©volutions respectives. Les Papes ont traversĂ© des crises, des mutations, des renaissances mais tous se sont battus pour l’institution et la dĂ©fense de leurs prĂ©rogatives. La lecture de ce livre nous invite Ă  comprendre la dĂ©finition d’un grand Pape en nous prĂ©sentant « une traversĂ©e dans cet univers fascinant qu’est le pouvoir pontifical. »

Ces 12 Papes qui ont bouleversé le monde par Christophe DickÚs (Tallandier).

Ces 12 Papes qui ont bouleversé le monde par Christophe DickÚs (Tallandier).

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