par Jordi Vives qui dirige le site de réinformation Lengadoc info.

L’Europe connaît ces derniers temps des bouleversements majeurs qui poussent les politiques à revoir leur copie. Dans le domaine de la défense, le Brexit, la crise migratoire, le terrorisme islamiste, les tensions avec la Russie, voire la montée des mouvements populistes, commencent à entraîner une prise de conscience sur la nécessité de repenser la sécurité de notre continent.

L’OTAN ne peut et ne doit plus assurer seul la défense du continent

Le constat est désormais fait par les dirigeants européens : l’Union européenne doit disposer d’une défense autonome et souveraine, indépendante de l’OTAN. Un constat confirmé dans un document intitulé Stratégie mondiale de l’Union européenne et rédigé par Federica Mogherini, Haute Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité :

« En tant qu’Européens, nous devons prendre une plus grande responsabilité pour notre sécurité. Nous devons être prêts et capables de détecter, de répondre et de nous protéger contre les menaces extérieures. »

Dans une tribune dans le journal Le Monde, les ministres italiens Paolo Gentiloni (Affaires étrangères) et Roberta Pinotti (Défense), ont appelé à la mise en place d’un « Schengen de la Défense », c’est-à-dire « de constituer une force européenne multinationale avec des fonctions et un mandat établis conjointement, dotée d’une structure de commandement et de mécanismes décisionnels et budgétaires communs. »

En France, le Sénat a voté au mois de juin dernier une résolution sur les perspectives de la politique de sécurité et de défense commune. Pour l’auteur du texte, le sénateur Yves Pozzo di Borgo (UDI), « si vous avez des gens comme [Donald] Trump qui sont élus aux États-Unis, ils ne voudront plus financer la défense européenne. Donc il faut faire une défense européenne qui soit en complément de l’OTAN […]. C’est à l’Europe de se prendre en charge. »

 

Un changement de cap au sein de l’Union européenne

Bien qu’une sortie de l’OTAN des pays européens ne soit absolument pas envisagée, on assiste à un réel changement de cap, d’autant plus que la sortie de la très atlantiste Grande Bretagne de l’Union Européenne permet d’envisager le futur différemment. Si Londres a, jusqu’à présent, toujours bloqué toute initiative en faveur d’une défense européenne autonome et souveraine, désormais la voie est libre.

C’est d’ailleurs ce que relèvent Paolo Gentiloni et Roberta Pinotti dans leur tribune : « Si la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE) nous prive d’un État membre doté de capacités militaires remarquables, il n’en reste pas moins qu’elle ouvre de nouvelles perspectives pour la défense commune. »

Si, pour l’instant, cette relance de la défense européenne doit encore se concrétiser, l’émergence d’une force européenne digne de ce nom, au côté de l’OTAN serait un outil précieux. Alors que Washington rechigne de plus en plus (et c’est compréhensible) à financer la sécurité de l’Europe, il serait prudent de prévoir les outils qui pourraient prendre le relais en cas de retrait massif des Américains du vieux continent.

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