Depuis les lĂ©gislatives du 24 septembre dernier, Angela Merkel rempile pour un quatriĂšme mandat consĂ©cutif de chancelier allemand. Il est paradoxal que les mĂȘmes commentateurs qui applaudissent le quinquennat renouvelable une seule fois et enragent Ă  la seule idĂ©e que Vladimir Poutine puisse solliciter un nouveau mandat prĂ©sidentiel de six ans l’an prochain, s’enthousiasment de cette rĂ©Ă©lection. Mais c’est une victoire Ă  la Pyrrhus !

Avec l’arrivĂ©e massive de l’AfD et le retour fracassant des libĂ©raux grĂące Ă  un chef de file Ă  la limite lui aussi populiste, la configuration politique conventionnelle a explosé : le Bundestag se retrouve divisĂ© en sept formations (la gauche radicale post-communiste, les sociaux-dĂ©mocrates, les Verts, les libĂ©raux, les chrĂ©tiens-dĂ©mocrates, leurs alliĂ©s conservateurs bavarois, et l’AfD). Le futur gouvernement fĂ©dĂ©ral sera bancal et fragile. Reconnaissons toutefois que dans la piĂštre faune politicienne occidentale actuelle, Angela Merkel ressemble plus Ă  un bouledogue qu’aux caniches qu’elle cĂŽtoie avec une suffisance certaine


Elle dirige certes la premiĂšre puissance Ă©conomique d’Europe, mais ce modĂšle pĂ©riclite en raison d’une austĂ©ritĂ© budgĂ©taire dĂ©cennale, d’une financiarisation incessante de son Ă©conomie et d’un inquiĂ©tant dĂ©ficit dĂ©mographique. Le non-renouvellement des gĂ©nĂ©rations allemandes favorise la venue massive d’immigrĂ©s exigĂ©e par un patronat nĂ©grier toujours en quĂȘte de bĂ©nĂ©fices Ă©normes aux dĂ©pens des petits gens de souche. Les conservateurs ĂągĂ©s associent Merkel Ă  une bonne grosse maman. Or, c’est une marĂątre impitoyable pour les Grecs, les Portugais et les Italiens. Cette « EuropĂ©enne » de pacotille empĂȘche en outre toute avancĂ©e effective vers une Europe-puissance enfin dĂ©gagĂ©e des actions bellicistes de l’OTAN.

Oui, Angela Merkel est une antieuropĂ©enne patentĂ©e ! Le Tribunal constitutionnel de Karlsruhe a insistĂ© Ă  plusieurs reprises sur la prioritĂ© de la souverainetĂ© allemande par rapport au projet de construction europĂ©enne. DĂ©cision cocasse quand on sait la prĂ©sence massive des troupes d’occupation Ă©tatsuniennes ainsi que l’intĂ©gration de la Bundeswehr dans les structures globalitaires de l’Alliance Atlantique. L’Allemagne ne dispose en rĂ©alitĂ© que d’une souverainetĂ© limitĂ©e.

En s’opposant avec constance aux initiatives de Charles De Gaulle, et ensuite de ses successeurs prĂ©sidentiels français, Bonn, puis Berlin se dĂ©tournent de toute vĂ©ritable entente intergouvernementale europĂ©enne au profit d’une simple colonie marchande dĂ©racinĂ©e et mĂ©tissĂ©e dans laquelle une Germanie sĂ©nile dĂ©tiendrait une mĂ©diocre prĂ©pondĂ©rance.

Angela Merkel administre une belle maison de retraite outre-Rhin sans comprendre que l’histoire l’a dĂ©jĂ  lourdĂ©e. Plus que « MĂšre des Allemands », l’actuel chancelier est leur infirmiĂšre Ăšs-euthanasie. Oui, Angela Merkel ĂŒber alles, proclament les mĂ©dias du SystĂšme, jusqu’à son crash final
 le plus tĂŽt possible.

Bonjour chez vous !

Cette chronique hebdomadaire du Village planétaire a été diffusée le 6 octobre 2017 sur Radio-Libertés.

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