L’auteur de Management de la sauvagerie s’appuie sur plusieurs prĂ©dicateurs dont la renommĂ©e en islam est incontestĂ©e. Ainsi, fait-il rĂ©fĂ©rence au Palestinien Abd Allah Azzam, mort dans un attentat en 1989 et connu sous le qualificatif d’« imam du Djihad » tant il exhortait les musulmans Ă  prendre les armes, tout comme Ibn Hajar, oulĂ©ma mort en 1449 spĂ©cialisĂ© dans la science des hadiths et qui considĂ©rait que « tout musulman doit ĂȘtre djihadiste » ou encore Al-Islam Ibn Taymiyya, oulĂ©ma du XIIIe siĂšcle.

Management de la sauvagerie publié en 2004 et écrit par Abu Bakr Naji (Ars Magna).

Management de la sauvagerie publié en 2004 et écrit par Abu Bakr Naji (Ars Magna).

La rĂ©fĂ©rence Ă  ces anciennes figures tutĂ©laires, outre qu’elle constitue une source intellectuelle de l’islam, cherche Ă©galement Ă  lĂ©gitimer doctrinalement le djihadisme de combat. Ce faisant, elle justifie et explique pourquoi l’islam est indissociable du djihad – sans se rĂ©sumer Ă  lui, nonobstant, comme prend soin de le prĂ©ciser Abu Bakr Naji – et, partant, un devoir immarcescible de l’Oumma : « à ce stade, nous considĂ©rons notre djihad comme le djihad de l’Oumma. Les rĂšgles de l’islam sont dĂšs lors fermement Ă©tablies pour tous. A savoir qu’ils sont engagĂ©s dans le djihad sur les bases du ‘‘sang pour sang, destruction pour destruction’’ ».

S’adressant aux millions de croyants d’une religion dĂ©pourvue de hiĂ©rarchie canonique institutionnelle, autre que celle incarnĂ©e localement par des imams plus ou moins extrĂ©mistes, de tels propos sont littĂ©ralement explosifs, tout mahomĂ©tan pouvant se sentir lĂ©gitimement investi d’une mission sacrificielle dans l’objectif premier de « faire payer le prix » (sic) aux mĂ©crĂ©ants car « dans l’étape du ‘‘pouvoir de l’humiliation et de l’épuisement’’, suivre la stratĂ©gie du prix Ă  payer rĂ©pand le dĂ©sespoir dans le cƓur de l’ennemi ». Management de la sauvagerie (que des enseignes comme la FNAC ou Amazon ont retirĂ© de la vente) apparaĂźt, dĂšs lors, clairement comme une apologie du terrorisme islamique, dans la mesure oĂč « celui qui s’est engagĂ© vraiment dans le djihad sait que ce n’est rien d’autre que violence, cruautĂ©, terrorisme, terreur et massacres. [
] Et il ne sait pas qu’il ne peut continuer Ă  se battre et Ă  progresser d’une Ă©tape Ă  l’autre si l’étape initiale ne passe pas par un stade de massacres et de terrorisme Ă  l’égard de l’ennemi ». Non seulement le djihad est tout entier tournĂ© vers l’action violente, mais encore doit-il avoir pour solution finale d’éradiquer tout infidĂšle – sauf Ă  le conduire Ă  la conversion – de la surface de la Terre : « Nous combattons les CroisĂ©s et leurs alliĂ©s apostats, et les ennemis actuels des djihadistes ne sont pas musulmans[1]. Rien donc, ne nous interdit de rĂ©pandre leur sang. C’est tout au contraire une obligation[2] puisqu’ils ne se repentent pas, ne prient pas, ne pratiquent pas l’aumĂŽne. La religion appartient au seul Allah ».

Ces encouragements offensifs et bellicistes dĂ©nuĂ©s de toute compassion, fermĂ©s Ă  toute commisĂ©ration peuvent s’avĂ©rer redoutables sur des esprits baignant dans le ressentiment ou le misĂ©rabilisme victimaire, qui plus est avec la complicitĂ© imprudente d’une sociĂ©tĂ© occidentale se complaisant avec morbiditĂ© dans la repentance et l’auto-culpabilisation permanentes et systĂ©matiques.

À cette aune, la thĂ©orie des « eaux dormantes » que nous avions dĂ©jĂ  Ă©voquĂ©e, par ailleurs, de façon assez elliptique, prend tout son sens. Elle signifie que si tout musulman ne passe pas Ă  l’action terroriste, rien ne garantit qu’il n’y passera pas un jour. Certes, l’honnĂȘtetĂ© commande aussi bien de dire qu’inversement, rien ne garantit non plus qu’il versera un jour dans l’activisme terroriste.

Cependant, la validitĂ© de cette thĂ©orie est renforcĂ©e par la prise en compte du paramĂštre migratoire. Au rythme oĂč vont les choses[3], gageons de maniĂšre rĂ©aliste, que si la France continue d’accueillir sans discernement entre 200 000 et 230 000 immigrĂ©s par an (L’INSEE avance le chiffre de 235 000), le point de bascule, c’est-Ă -dire le moment oĂč la population allogĂšne sera supĂ©rieure en nombre Ă  la population autochtone, pourrait rapidement ĂȘtre atteint au dĂ©but du siĂšcle prochain[4]. Ensuite, devant de tels ouvrages Ă©crits en lettres de sang, reconnaissons que le risque est sĂ©rieux et (parce que ?) vraisemblable, ce d’autant plus que les tensions sociales vont en s’aggravant.

Une fois refermĂ© ce livre incendiaire, du reste assez pĂ©nible Ă  lire, l’on reste abasourdi, non pas tant par son contenu que parce qu’il fut – et est encore – ignorĂ© par nos gouvernants, depuis Sarkozy. PubliĂ© en 2004, d’abord sur Internet, Management de la sauvagerie a Ă©tĂ© trĂšs rapidement apprĂ©hendĂ©, dissĂ©quĂ©, analysĂ© par les services spĂ©ciaux de renseignement français.

L’on sait mĂȘme que les fonctionnaires eurent tĂŽt fait d’avertir le pouvoir de ce qui se tramait dans les cerveaux fanatisĂ©s chez nous et Ă  l’extĂ©rieur de nos frontiĂšres, que ce livre circulait de maniĂšre virale et Ă©tait relayĂ© dans les mosquĂ©es salafistes de France. Peu connu du grand public français, il mĂ©rite pourtant d’ĂȘtre lu, comme jadis, mutatis mutandis, un certain Mein Kampf. Il est assez Ă©difiant d’y voir que du Bataclan aux attentats de Nice, de Charlie Hebdo au PĂšre Hamel et jusqu’à rĂ©cemment dans les rues de Paris, tout y est inscrit de maniĂšre prĂ©monitoire.

Notes

(1) Excepté ceux qui feraient « alliance » avec les « Croisés ».

(2) C’est nous qui soulignons.

(3) Selon Eurostat, 1,256 million de personnes sont entrĂ©es en 2015 dans l’UE.

(4) Si un chercheur comme Jean-Paul GourĂ©vitch estime qu’avec un solde migratoire de 160 000 personnes et un solde naturel (naissances – dĂ©cĂšs) de 156 000, « le grand remplacement n’est pas pour demain », on peut nĂ©anmoins conjecturer qu’il est a minima pour aprĂšs-demain (cf. son Ă©tude « Loi Macron sur l’immigration : donnĂ©es et enjeux financiers. Les chiffres clĂ©s », Dossiers de Contribuables associĂ©s, mars 2018, Ă  tĂ©lĂ©charger sur http://www.datapressepremium.com/rmdiff/2010075/etude-migration.pdf.

Notes

[1] Excepté ceux qui feraient « alliance » avec les « Croisés ».

[2] C’est nous qui soulignons.

[3] Selon Eurostat, 1,256 million de personnes sont entrĂ©es en 2015 dans l’UE.

[4] Si un chercheur comme Jean-Paul GourĂ©vitch estime qu’avec un solde migratoire de 160 000 personnes et un solde naturel (naissances – dĂ©cĂšs) de 156 000, « le grand remplacement n’est pas pour demain », on peut nĂ©anmoins conjecturer qu’il est a minima pour aprĂšs demain (cf. son Ă©tude « Loi Macron sur l’immigration : donnĂ©es et enjeux financiers. Les chiffres clĂ©s », Dossiers de Contribuables associĂ©s, Mars 2018, Ă  tĂ©lĂ©charger sur http://www.datapressepremium.com/rmdiff/2010075/etude-migration.pdf.

EuroLibertĂ©s : toujours mieux vous rĂ©-informer 
 GRÂCE À VOUS !

Ne financez pas le systÚme ! Financez EuroLibertés !

EuroLibertĂ©s rĂ©-informe parce qu’EuroLibertĂ©s est un mĂ©dia qui ne dĂ©pend ni du SystĂšme, ni des banques, ni des lobbies et qui est dĂ©gagĂ© de tout politiquement correct.

Fort d’une audience grandissante avec 60 000 visiteurs uniques par mois, EuroLibertĂ©s est un acteur incontournable de dissection des politiques europĂ©ennes menĂ©es dans les États europĂ©ens membres ou non de l’Union europĂ©enne.

Ne bĂ©nĂ©ficiant d’aucune subvention, Ă  la diffĂ©rence des mĂ©dias du systĂšme, et intĂ©gralement animĂ© par des bĂ©nĂ©voles, EuroLibertĂ©s a nĂ©anmoins un coĂ»t qui englobe les frais de crĂ©ation et d’administration du site, les mailings de promotion et enfin les dĂ©placements indispensables pour la rĂ©alisation d’interviews.

EuroLibertĂ©s est un organe de presse d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. Chaque don ouvre droit à une dĂ©duction fiscale Ă  hauteur de 66 %. À titre d’exemple, un don de 100 euros offre une dĂ©duction fiscale de 66 euros. Ainsi, votre don ne vous coĂ»te en rĂ©alitĂ© que 34 euros.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.

Quatre solutions pour nous soutenir :

1 : Faire un don par virement bancaire

Titulaire du compte (Account Owner) : EURO LIBERTES
Domiciliation : CIC FOUESNANT
IBAN (International Bank Account Number) :
FR76 3004 7140 6700 0202 0390 185
BIC (Bank Identifier Code) : CMCIFRPP

2 : Faire un don par paypal (paiement sécurisé SSL)

Sur le site EuroLibertĂ©s (www.eurolibertes.com), en cliquant, vous serez alors redirigĂ© vers le site de paiement en ligne PayPal. Transaction 100 % sĂ©curisĂ©e.‹ 

3 : Faire un don par chĂšque bancaire Ă  l’ordre d’EuroLibertĂ©s

à retourner à : EuroLibertés
BP 400 35 – 94271 Le Kremlin-BicĂȘtre cedex – France

4 : Faire un don par carte bancaire

Pour cela, téléphonez à Marie-France Marceau au 06 77 60 24  99

A propos de l'auteur

Aristide Leucate

Journaliste et essayiste, apporte rĂ©guliĂšrement sa contribution Ă  la presse d’information et d’opinion, de L’Action française 2000 Ă  Boulevard Voltaire. Conjuguant militantisme et rĂ©flexion politiques, il exerce des responsabilitĂ©s au sein d’un parti politique national. Il est l’auteur de trois essais (DĂ©tournement d’hĂ©ritages, prĂ©face de Pierre Hillard et La souverainetĂ© dans la nation, prĂ©face de Philippe Randa). et Dictionnaire du Grand Épuisement français et europĂ©en (PrĂ©face de Pierre Le Vigan).

Articles similaires