Les anciens commissaires europĂ©ens Karel de Gucht et Louis Michel ont critiquĂ© la dĂ©cision de l’UE d’entamer des relations commerciales avec l’Iran. Les deux anciens commissaires belges au Commerce et Ă  la coopĂ©ration internationale et au dĂ©veloppement plaident en effet pour que soit remis au centre de ces accords, le respect des droits de l’Homme.

La Commission actuelle, présidée par Jean-Claude Juncker et qui avait envoyé en avril 2016, pas moins de huit commissaires européens en Iran, guidés par Federica Mogherini, suite à la levée des sanctions économiques et financiÚres, est particuliÚrement embarrassée.

La lettre des deux commissaires estime que toute relation avec l’Iran devrait ĂȘtre liĂ©e Ă  des progrĂšs visibles dans les droits de l’Homme et leur mise en Ɠuvre, alors mĂȘme que Le nombre d’exĂ©cutions dans le pays donne une terrible image de la machine Ă  tuer de l’État. Rappelons Ă©galement les liens Ă©troits de l’Iran avec le Hezbollah, inscrit sur la liste des mouvements terroristes de l’UE. Le courrier des deux commissaires insiste aussi sur la rĂ©pression des minoritĂ©s ethnique et religieuse, la marginalisation des femmes, le manque de garanties pour des Ă©lections libres et justes et l’attitude agressive de l’Iran envers les États europĂ©ens. Force est d’admettre que l’Union europĂ©enne a pris cette initiative dans le cadre de la continuitĂ© de la « nouvelle Ăšre » de relations bilatĂ©rales que les autoritĂ©s europĂ©ennes cherchent Ă  dĂ©velopper avec TĂ©hĂ©ran, suite Ă  l’accord intervenu sur le nuclĂ©aire.

En avril 2016 Ă  TĂ©hĂ©ran, Federica Mogherini ne s’était pas embarrassĂ©e de prĂ©caution particuliĂšre et avait « osĂ© mĂȘme penser qu'(elle parlait) au nom des 500 millions d’EuropĂ©ens qui soutiennent cette nouvelle Ăšre. »

Si les ONG et les dĂ©putĂ©s europĂ©ens dĂ©plorent la place secondaire qui a Ă©tĂ© accordĂ©e aux droits de l’Homme pendant la visite de l’UE en Iran, l’Onu rappelle aussi la dĂ©tĂ©rioration constante de la situation s’agissant des exĂ©cutions et les « failles fondamentales » de l’administration judiciaire.

Rappelons aussi que cette relance des relations avec l’Iran a eu lieu malgrĂ© le nombre record d’exĂ©cutions dans le pays et que l’Union europĂ©enne maintient toujours les sanctions imposĂ©es au pays, en raison des nombreuses violations des droits de l’Homme mais aussi des liens de ce pays avec les organisations terroristes.

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