ConsidĂ©rĂ© comme un Ă©vĂšnement majeur, ce qu’il n’était point, la mort de Johnny Hallyday a, pendant plusieurs jours, suspendu les informations mondiales de premiĂšre importance et particuliĂšrement les suites de la dĂ©cision du PrĂ©sident Trump de reconnaĂźtre JĂ©rusalem comme capitale d’IsraĂ«l !

Trump Jerusalem

Cela, cependant, a fait l’objet d’un entretien tĂ©lĂ©visĂ© entre Jean-Jacques Bourdin et Franz-Olivier Giesbert, journaliste et Ă©crivain d’un talent certain. Celui-ci a dĂ©fendu briĂšvement, mais catĂ©goriquement, la position yankee. Certes, on connaĂźt les attaches amĂ©ricaines de ce journaliste qui a quelque renom, mais en affirmant sans nuances que JĂ©rusalem Ă©tait bien une ville juive, et non arabe, le sommaire de son raisonnement m’a surpris.

À premiĂšre vue, la chose se dĂ©fend puisque la dĂ©claration Balfour reconnaissant aux Juifs la lĂ©gitimitĂ© de leur nationalisation en Palestine date de 1917. Mais c’est une conquĂȘte militaire qui s’est ensuivie, aprĂšs une occupation Arabe de prĂšs de 800 ans.

Bien sĂ»r, c’est par une conquĂȘte particuliĂšrement fĂ©roce que les Juifs de JosuĂ© ont volĂ© la Palestine aux CananĂ©ens, vers 1200 avant J.-C. Et ils l’occuperont jusqu’à leur diaspora, aprĂšs la chute de Massada en 74 de notre Ăšre et la destruction du temple de JĂ©rusalem.

La Bible fait mention de la ville lors d’un raid guerrier qu’y fit le patriarche Abraham un peu aprĂšs 1800 avant J.-C., semble-t-il. Mais c’était plutĂŽt une visite d’allĂ©geance, puisqu’il venait payer tribut au Roi-PrĂȘtre de JĂ©rusalem (alors IĂ©rosalim) Melkisedek, lequel sacrifia Ă  son Dieu le pain et le vin, rite qui n’est rapportĂ© qu’en Égypte, mais par de multiples documents. La ville Ă©tait Ă  ce moment-lĂ  Ă©gyptienne de toute Ă©vidence !

La fable dit : « Le premier occupant, est-ce une loi plus sage ? »

La politique est un peu plus compliquĂ©e que la fable. Car aucune de nos nations n’a de premier occupant connu. Ainsi, depuis 3000 ans, notre hexagone a connu les Ligures, les PhocĂ©ens, les Celtes, les Romains, les Burgondes, les Francs, les Normands et les Vascons, plus ensuite des vagues de migrants, jusqu’à celle, massive et composite, que nous subissons actuellement.

Au Moyen Orient, les allĂ©es et retours des populations nomades sont encore plus difficiles Ă  suivre, mais la loi gĂ©nĂ©rale est bien lĂ . Et la derniĂšre rĂ©occupation de JĂ©rusalem par les Juifs, ne date que de 70 ans, ce qui est peu au regard de l’histoire.

En fait, JĂ©rusalem appartient, un instant, Ă  celui qui l’occupe. Ce n’est pas une lĂ©gitimitĂ©, c’est un fait. Les IsraĂ©liens ne s’en contentent pas. Ils fondent la lĂ©gitimitĂ© de leur possession sur une promesse divine que leur aurait octroyĂ© ce pays oĂč, selon la Bible, coulaient « le Lait et le Miel » !

Mais les non-Juifs ne sont pas obligĂ©s de croire Ă  cette Ă©lection divine. Madame Golda Meir elle-mĂȘme n’y croyait pas ! Elle Ă©crivait : « Quant Ă  considĂ©rer les Juifs comme un peuple Ă©lu, c’est une idĂ©e que je n’ai jamais acceptĂ©e. Il me semblait dans ma jeunesse, et il me semble encore plus raisonnable de croire, non que Dieu a choisi le peuple juif, mais que plutĂŽt, le peuple juif fut le premier peuple de l’histoire Ă  choisir Dieu ! Il fut ainsi le premier peuple Ă  faire quelque chose de vraiment rĂ©volutionnaire, et c’est ce choix qui le rendit unique ! »

Pour le « premier peuple », Madame Meir aurait dĂ» rĂ©viser l’histoire de ses antiques voisins. Mais passons, pour dire que sans la fameuse « promesse divine », entĂ©rinĂ©e (hĂ©las !) par les Églises catholiques et rĂ©formĂ©es, IsraĂ«l n’a pas plus de lĂ©gitimitĂ© qu’un autre État. Et l’histoire en a effacĂ© pas mal au cours des siĂšcles !

En fait, l’IsraĂ«l indĂ©pendant n’a guĂšre durĂ©. Lors de la Diaspora, JĂ©rusalem Ă©tait Romaine Ă  tel point que le culte juif avait Ă©tĂ© interdit dans le temple en 135 avant J.-C.

Auparavant, IsraĂ«l avait subi l’occupation HellĂ©nistique. Et Zeus dans le temple avait remplacĂ© Iawé ! D’ailleurs, le Roi Salomon lui-mĂȘme avait fini par introduire les idoles paĂŻennes de ses concubines dans le temple.

Le Perse Cyrus libĂ©ra plus tard IsraĂ«l de l’occupation Babylonnienne qui avait opĂ©rĂ© plusieurs dĂ©portations. Certes, la rĂ©volte des MaccabĂ©es prouva l’existence d’un vĂ©ritable esprit national, mais ce fut tout de mĂȘme d’abord un soulĂšvement religieux, car sans la notion de « peuple Ă©lu », le peuple inventĂ© par MoĂŻse n’existe pas.

Donc, s’il existe une ville au monde qui devrait avoir un statut international, c’est bien JĂ©rusalem. Mais il est douteux que les juifs, mĂȘme « laĂŻcisĂ©s », acceptent d’abandonner les droits du peuple soi-disant Ă©lu, Ă  savoir ce que le Talmud a retirĂ© de la Thora.

Les Ă©vĂšnements et les chiffres semblent condamner IsraĂ«l. MalgrĂ© la valeur indĂ©niable de ses soldats, c’est un petit peuple qui fait face Ă  des masses considĂ©rables.

Il est donc Ă  craindre que la dĂ©cision de Donald Trump n’accĂ©lĂšre le dĂ©chaĂźnement des hostilitĂ©s qu’il n’est pas dĂ©raisonnable de craindre. Étant donnĂ© que la Chine ne peut absolument pas se passer du pĂ©trole Iranien, toucher Ă  l’Iran, c’est mobiliser les 200 millions de guerriers que Mao se vantait de pouvoir aligner
 Or, c’est le Chiffre que l’apocalypse prophĂ©tise pour les armĂ©es de Gog et Magog !

Souvenons-nous de cette parole d’Einstein : « Je ne sais pas comment se fera la IIIe guerre mondiale. Mais je sais que la IVe se fera avec des bĂątons et des pierres » !

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