On a tous dit « Ouf ! » : on Ă©vite au moins la guerre nihiliste des nĂ©ocons et des harpies comme Hillary et Angela. On va peut-ĂȘtre vers une dĂ©construction de l’Europe post-nazie que l’on a construite depuis les annĂ©es quatre-vingt, et que mon ami John Laughland avait dĂ©crite sans sa Tainted Source. En tant que patriotes, on doit observer encore comme en 1940 que les dangers ne viennent jamais pour nous du supposĂ© complot judĂ©o-bolchevique, mais de l’extrĂȘme droite supranationale, celle des banquiers et des dynasties (monarques russophobes et tous membres de plein droit des Bilderbergs), des hauts fonctionnaires gourmands et des rĂȘveurs illuminĂ©s et post-terriens. Ils en veulent tous Ă  mort Ă  Trump d’ailleurs.

Trump peut construire un mur, on s’en fout. Les autres passeront quand mĂȘme, car on est dans la modernitĂ© liquide dĂ©crite par le regrettĂ© Bauman. Ils feront le mur. Trump peut menacer la Chine, on s’en fout moins. La Chine c’est le piece of cake de ce siĂšcle, c’est le gros morceau, qui tient plus, comme disait Philippe Cohen, du vampire du milieu que du dragon taoĂŻste.

Steve Jobs a dit que les usines ne se rapatrient pas comme ça. Les ingĂ©nieurs sont en Chine, les techniciens sont en Chine, les barmen et le prolĂ©tariat bavasseur de CNN sont aux États-Unis. Les Chinois sont encore, remarque Bill Bonner, assez bĂȘtes pour se faire payer en dollars. Alors pourquoi les embĂȘter ?

Si les Chinois participent à cette imposture absolue, la plus grande de tous les temps (In God we Trust, ouah, ouah), celle du dollar, pourquoi ne pas faire le dos rond précisément ?

Et si les Chinois (mission impossible ?), arrivaient Ă  mettre fin au rĂšgne du dollar ? Comme Kurt Russell dans mon film prĂ©fĂ©rĂ© de John Carpenter, Donald n’est pas tirĂ© des griffes du mandarin.

En rĂ©alitĂ©, Trump a ceci d’étrange qu’il nous met face Ă  notre substance de Blancs. Nos Ă©lites sont traitresses (le chercheur russe Alexiev a montrĂ© que les nazis ont crĂ©Ă© une armĂ©e multiraciale anti-slave dans le Caucase entre 1941 et 1945) ; or, Trump veut jouer naĂŻvement la carte du blanc chrĂ©tien et indo-europĂ©en (d’oĂč les raclements de gorge de certains). Cela semble fou, mais c’est normal pour l’AmĂ©rique qui a eu un fondement racial (mais pas raciste), comme le rappelle courageusement Emmanuel Todd aprĂšs Tocqueville.

Trump fonctionne comme Thomas Magnum. Patriote, copain du Black, mais Blanc et anticommuniste quand mĂȘme. Donc, il veut s’allier avec la Russie postcommuniste, laissant aux Britanniques, deux siĂšcles aprĂšs la Guerre de l’Opium, le soin de s’allier, via Sassoon ou Song, au labyrinthique business chinois. Ces Anglais, il faudra toujours s’en mĂ©fier, et surtout plus que des AmĂ©ricains.

Trump attend donc son heure qui n’est pas totalement arrivĂ©e : un coup de balai de l’ignoble couple himmlĂ©rien (lisez de Gaulle) franco-allemand et un bel axe Washington-Paris-Berlin-Moscou contre le reste du monde. La bĂ©bĂȘte immonde Angela s’en mord dĂ©jĂ  les doigts.

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