La multiplication d’attentats ces toutes derniĂšres annĂ©es pose un certain nombre de questions. Depuis les accords de Schengen et la crĂ©ation de l’UE (1985-1986), les attentats d’origine islamiste ont fait 654 morts en Europe sur une pĂ©riode de 30 ans, avec une accĂ©lĂ©ration Ă  partir de 2004.

Attentats Europe

Les interrogations portent tout d’abord, sur leur localisation : France, Belgique, Angleterre principalement. Ces trois pays totalisent à eux seuls 417 morts sur les 654 au total.

Encore faut-il ajouter l’Espagne, touchĂ©e par « seulement » 3 attentats, mais dont l’un a fait 191 morts Ă  la Gare d’Atocha en 2004, portant le bilan de ces quatre pays Ă  608 morts sur 654.

Ce triste bilan circonscrit les zones d’attentats rĂ©pĂ©tĂ©s Ă  trois pays : France (19 attentats), Belgique (7 attentats) et Grande-Bretagne (7 attentats). L’Espagne a subi 3 attentats, l’Allemagne 5 pour 15 morts au total, en trente ans.

Pourquoi l’Allemagne est-elle ainsi « épargnĂ©e » d’actions d’envergure, rĂ©pĂ©titives, et meurtriĂšres ? Dans la mĂȘme pĂ©riode, le reste de l’Europe n’a connu que 7 attentats pour 31 morts.

ComptabilitĂ© morbide. L’Europe centrale et de l’Est est totalement exclue de la vindicte islamiste. Pourquoi ?

Cette gĂ©ographie du terrorisme est expliquĂ©e par la volontĂ© de reprĂ©sailles des terroristes contre les pays engagĂ©s dans la lutte au Moyen Orient, mais ce n’est pas vraiment convaincant, compte tenu d’une participation souvent trĂšs symbolique dans la guerre amĂ©ricaine menĂ©e. En outre, cette explication exclurait une volontĂ© d’attaque contre les valeurs europĂ©ennes, mais dĂ©montrerait un but seulement tactique et militaire. À voir


Ensuite la nature des attentats : quelques rares attentats trĂšs meurtriers (Charlie Hebdo, Le Bataclan, Atocha, Londres). Tous les autres attentats sont peu ou pas meurtriers et ne provoquent souvent que des Ă©gratignures, mais mis au mĂȘme niveau dramatisĂ© que des attentats meurtriers. C’est que le symbole est sans doute plus important que le rĂ©sultat effectif, tant pour les islamistes que pour nos politiques et mĂ©dias. Peut-on parler alors de « guerre » comme nos politiques l’invoquent rĂ©guliĂšrement ? N’est-ce pas, lĂ  encore, inquiĂ©ter fictivement en agitant un chiffon rouge habile ?

Les USA et ses alliĂ©s sont bien en guerre contre des pays du Proche et Moyen-Orient qu’ils ont envahis depuis plus de vingt ans au prix de centaines de milliers de morts lointains. L’islamisme s’est nourri de ces ingĂ©rences. Saddam Hussein et Assad n’étaient pourtant pas des islamistes, mais c’est bien eux qui Ă©taient, ou sont, visĂ©s par les menĂ©es amĂ©ricaines et europĂ©ennes.

L’islamisme iranien, plus ancien, base arriĂšre des islamismes, n’a pas pour autant amenĂ© une intervention en Iran
 Pas plus qu’en Arabie Saoudite, autre base arriĂšre glauque de l’islamisme. Et d’autres encore
 Pourquoi ?

Les attentats, meurtriers ou symboliques, qui se dĂ©veloppent en France, Belgique ou Angleterre, n’ont-ils pas de lien avec ici, une politique communautariste ancienne, et lĂ  une immigration massive et de longue date, justifiĂ©e et souvent protĂ©gĂ©e par des politiques et intellectuels agissants ? Les prĂȘches des imams tolĂ©rĂ©s dans un climat de tolĂ©rance humaniste gĂȘnĂ©e, ne sont-ils pas un encouragement tacite voire explicite Ă  l’action artisanale de terroristes en herbe, qui confondent les objectifs de l’État Islamiste, mais les servent, avec leurs visĂ©es locales de lutte contre les valeurs europĂ©ennes ?

L’islamisme « national » français ou belge est certainement plus inquiĂ©tant que l’islamisme d’Al QaĂŻda ou de l’État islamiste. Ne confondons pas la « guerre » vendue par nos politiques pour dĂ©tourner notre attention, et les objectifs de conquĂȘte de certains des États europĂ©ens, les plus fragiles parce que les plus laxistes, par une population immigrĂ©e fidĂšle Ă  ses propres valeurs.

S’il ne faut pas amalgamer les populations immigrĂ©es au petit nombre de terroristes qu’elles comportent, on peut toutefois lĂ©gitimement s’interroger sur leur passivitĂ©, voire leur complaisance, avec ces terroristes issus de leur sein.

Qu’on ne fasse pas croire que dix millions d’immigrĂ©s en France, par exemple, ne puissent pas museler les quelques centaines de terroristes de leurs rangs qu’ils connaissent parfaitement la plupart du temps.

Enfin, une derniĂšre interrogation lĂ©gitime d’une autre nature se fait jour. Comment se fait-il que des attentats trĂšs meurtriers ne soient pas plus courants, alors que les islamistes organisĂ©s en auraient la possibilitĂ© au prix de quelques kamikazes ? Au lieu d’« attentats » le plus souvent symboliques.

C’est comme s’il y avait, dans le trouble et l’immense duplicitĂ© des politiques des pays arabes et de l’Occident, une sorte d’accords faits de provocations mesurĂ©es et variables, et d’équilibres instables.

À travers cette situation, il y a le pĂ©trole, le gaz, les interactions financiĂšres internationales et apatrides, les trafics divers, monnaies d’échange parfois des diplomaties, drogue et armes notamment.

Une espĂšce de donnant-donnant satisfaisant les uns et les autres au rythme de chantages et de pressions permanents, sur fond d’intĂ©rĂȘts financiers, n’est-il pas envisageable et ne serait-il pas une Ă©ventualitĂ© pourtant si rĂ©pandue en politique dans tous les Ăąges ?

Il faudra attendre un siÚcle pour que la réalité soit reconnue et remplace la commode « théorie du complot », nuage de fumée de la fausse naïveté de nos intellectuels.

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A propos de l'auteur

Richard Dessens

Enseignant pendant plusieurs annĂ©es dans une Ă©cole prĂ©paratoire aux concours d’entrĂ©e aux IEP et Écoles de journalisme, Richard Dessens crĂ©e et dirige parallĂšlement une troupe de thĂ©Ăątre dans la rĂ©gion de Montpellier. Docteur en droit, DEA de philosophie et licenciĂ© en histoire, il est l’auteur d’ouvrages de philosophie et d’histoire des idĂ©es politiques, de relations internationale. Son dernier livre paru est "Henri Rochefort ou la vĂ©ritable libertĂ© de la presse" aux Ă©ditions Dualpha.

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