Ce week-end, les mĂ©dias ont Ă©videmment fait leurs choux gras du « clash » provoquĂ© par le rapide dĂ©part des deux dĂ©putĂ©s Marion MarĂ©chal-Le Pen et Gilbert Collard du « Rendez-vous de BĂ©ziers » organisĂ© par Robert MĂ©nard
 et longuement glosĂ© sur la querelle – ponctuelle ou durable – entre celui-ci et le Front national.

Mais en ce qui concerne les 51 propositions annoncĂ©es (des « marqueurs de droite ») en final de cet Ă©vĂ©nement – officiellement adoptĂ©es Ă  mains levĂ©es, mais bien Ă©videmment rĂ©digĂ©es Ă  l’avance pour ĂȘtre soumis Ă  un public acquis – ces mĂȘme mĂ©dias se sont montrĂ©s beaucoup plus discrets. Le contraire eĂ»t Ă©tĂ© Ă©tonnant.

Parmi ces propositions, pour beaucoup attendues et pour certaines innovantes, voici celles se rapportant directement à l’Europe :

– DĂ©noncer l’adhĂ©sion de la France aux articles de la Convention europĂ©enne des droits de l’homme qui privent la police et la justice françaises des moyens de mener Ă  bien leurs missions ;

– Sortir la France de l’organisation militaire intĂ©grĂ©e de l’OTAN afin de retrouver notre souverainetĂ© stratĂ©gique ;

– RĂ©tablissement de la supĂ©rioritĂ© des lois françaises sur la rĂ©glementation europĂ©enne et les traitĂ©s internationaux par une rĂ©forme de la Constitution adoptĂ©e par rĂ©fĂ©rendum ;

– Engagement Ă  refuser le traitĂ© transatlantique ;

– Suspension de l’espace Schengen ;

– Suppression du droit au regroupement familial pour les Ă©trangers non-communautaires ;

– Suppression de la double nationalitĂ© hors Europe.

On remarque avec surprise que la question de la monnaie unique n’est pas abordĂ©e. Doit-on en conclure que le nouveau mouvement « Oz ta droite », fondĂ© dans la foulĂ©e de ce « Rendez-vous de BĂ©ziers », ne considĂšre pas que ce soit lĂ  un sujet d’importance Ă  moins d’un an maintenant de l’élection prĂ©sidentielle française ? Ou que cela n’ait pas Ă©tĂ© l’objet d’une proposition parce justement trop clivant ? Rappelons que la volontĂ© affichĂ©e des organisateurs Ă©tait de rĂ©unir les « droites », non de les diviser


On ne peut Ă©videmment pas imaginer qu’un tel sujet ait Ă©tĂ© purement et simplement oublié ; c’est donc une volontĂ© manifeste de ne pas se positionner sur la question.

Faire ainsi l’impasse d’une proposition claire sur la sortie ou non de l’euro – que rĂ©clame avec tant d’obstination la quasi-totalitĂ© des Souverainistes français – interpelle tout de mĂȘme plus que n’importe quelle Ă©niĂšme chamaillerie politicienne