Ainsi que l’indique le titre de l’article, le prĂ©sent Ă©crit constitue une rĂ©actualisation de l’article prĂ©cĂ©dent publiĂ© sur EurolibertĂ©s (1).

J’avais effectuĂ© donc une analyse qualitative, mais surtout quantitative du second tour de la prĂ©sidentielle 2017 Ă  venir. J’y indiquais que, contrairement Ă  ce qu’affirment sondeurs et journalistes trĂšs intĂ©ressĂ©s – sens pĂ©joratif, bien sĂ»r – nous Ă©tions beaucoup plus proches, chiffres Ă  l’appui donc, d’un 55/45 % que d’un 65/35 %, dans les deux cas au profit d’Emmanuel Macron.

Lors de l’écriture du premier article, il ne fallait pas importuner les lecteurs avec la notion d’abstention, le fait quantitatif avec les nombreux chiffres inhĂ©rents, Ă©tant dĂ©jĂ  fastidieux. Ne faisons plus de mĂȘme aujourd’hui au motif que les derniers Ă©vĂ©nements ont rĂ©volutionnĂ© l’équation.

C’est ainsi que :

Jean-Luc MĂ©lenchon vient de se prononcer pour le « Ni, Ni », comprendre le refus d’apporter son soutien Ă  Emmanuel Macron, quand bien mĂȘme Marine le Pen lui est opposĂ©e. Or, La France insoumise a reprĂ©sentĂ© au premier tour prĂšs de 20 % des suffrages, ce qui n’est pas rien. On peut se douter qu’une partie de cet Ă©lectorat passera outre, votant soit Macron, soit le Pen, ou pourquoi pas, optant pour la pĂȘche.

Contrairement Ă  l’article prĂ©cĂ©dent, comptabilisons donc les voix d’Emmanuel Macron, puis dĂ©duisons celles de Marine le Pen.

Il n’est pas de rĂ©elles raisons qu’Emmanuel Macron n’obtienne de nouveau les 24 % dont il bĂ©nĂ©ficia lors du premier tour. VoilĂ  qui semble acquis.

Il est bien peu possible qu’une partie, mĂȘme minime de l’électorat de Marine le Pen, se reporte sur lui.

On reste donc à 24 %

Quant Ă  l’électorat de François Fillon – une vingtaine de % – la donne vient d’ĂȘtre bouleversĂ©e. Si l’analyse de l’article prĂ©cĂ©dent reste valide, la donne change.

On le sait, Marine le Pen vient de faire savoir que si elle venait Ă  ĂȘtre Ă©lue, elle choisirait alors Nicolas Dupont-Aignan comme Premier ministre.

Qui est ce personnage aux yeux de l’électorat de droite ?

Un homme de droite justement. Tout comme un Philippe de Villiers. Turbulents l’un comme l’autre, nĂ©anmoins. Il n’empĂȘche, si le second vient du Parti rĂ©publicain, le premier a fait ses classes et longuement au RPR avant d’intĂ©grer l’UMP. Nicolas Dupont-Aignan fut aussi un temps compagnon de route de Charles Pasqua, gaulliste des plus engagĂ©s s’il en est. Or, l’électorat gaulliste – François Fillon s’est lui aussi toujours rĂ©clamĂ© de l’homme de Londres – est assez lĂ©gitimiste, et donc, n’a guĂšre goĂ»tĂ© la trahison quant au traitĂ© de Lisbonne. Cet Ă©lectorat considĂšre donc Nicolas Dupont-Aignan comme l’un des leurs. Il ne s’agit pas d’affirmer que nul Ă©lecteur de François Fillon ne se reportera sur Emmanuel Macron mais que cette partie sera trĂšs minoritaire. Comptons 5 % sur les 20 % du premier tour.

Voici Macron à 24 + 5 = 29 %

Viennent maintenant les 20 % de MĂ©lenchon dont il est des plus difficiles de prĂ©dire le devenir. Outre qu’une partie non politicienne votera Front National ou plus exactement Marine, ne serait-ce que par aversion pour la finance internationale, le positionnement trĂšs excentrĂ© du Front de gauche empĂȘchera nombre d’électeurs de voter Rothschild. ConsidĂ©rons donc que 11 % des suffrages se reportent sur Emmanuel Macron (les Ă©tudes par la suite montreront que ce sera bien moins).

24 + 5 + 11 = 40 %.

Et les quatre grands blocs d’avoir dĂ©jĂ  Ă©tĂ© pris en compte.

On peut accorder Ă  Emmanuel Macron les 6,5 % du Parti socialiste. MĂȘme si, quelques exceptions


24 + 5 + 11 + 6,5 = 46,5 %

L’électorat de Nicolas Dupont-Aignan, ravi de voir son poulain, nommĂ© en cas de victoire du Front National Premier ministre ne votera presque pas pour Emmanuel Macron. 0,5 % ?

24 + 5 + 11 + 6,5 + 0,5 = 47 %

Reste les tout petits candidats.

Accordons Ă  Emmanuel Macron les cinq sixiĂšmes de l’électorat de Jean Lassalle – c’est beaucoup – soit 1 %.

24 + 5 + 11 + 6,5 + 0,5 + 1 = 48 %

Accordons maintenant Ă  Emmanuel Macron – et lĂ  c’est vraiment abuser pour cause de dĂ©testation de la finance internationale – les 1,75 % des deux candidats de l’extrĂȘme gauche :

24 + 5 + 11 + 6,5 + 0,5 + 1 + 1,75 = 49,75 %

Accordons, là encore c’est beaucoup, 0,25 % des suffrages des Asselineau et Cheminade à Emmanuel Macron.

49,75 + 0,25 = 50 %

Et ce sera trùs certainement bien moins


Autrement exprimĂ©, la messe n’est pas dite. D’autant plus que Philippe de Villiers va peut-ĂȘtre bien sortir du bois. Encore une fois de plus, l’électorat de droite de Fillon, c’est-Ă -dire non centriste, frustrĂ© de son absence au second tour, qu’il croyait acquise depuis plusieurs annĂ©es va vouloir se venger


La dynamique de la campagne de la semaine qui s’annonce, y compris le dĂ©bat de mercredi soir, va ĂȘtre dĂ©terminante.

« Rien ne va plus, faites vos jeux. »

Note

(1) http://eurolibertes.com/politique/oser-pronostic-second-tour/

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