Au Casino de Paris, ce 13 janvier 2018, l’ambiance Ă©tait tout Ă  la fois dĂ©contractĂ©e, bon enfant et pleinement française. On annonçait complet. Tandis que la salle se remplissait, ceux qui avaient dĂ©jĂ  pris place se remĂ©moraient, chantonnaient, plaisantaient, tout simplement heureux d’ĂȘtre lĂ , dans l’attente impatiente de l’artiste.

Jean-Pax MĂ©fret au Casino de Paris.

Jean-Pax MĂ©fret au Casino de Paris.

Puis, la lumiĂšre s’éteint. Rythmant les scansions « Jean-Pax ! Jean-Pax ! », les applaudissements fusent, gonflent et explosent quand le « chanteur de l’Occident » (nĂ© pourtant en 1944 dans cet Orient nostalgique aux inoubliables parfums d’oranges et de jasmin), vĂȘtu d’un costume sombre, foule enfin la scĂšne d’un pas lent et sĂ»r. Il attend, reçoit sans mot dire les vivats et acclamations chaleureuses et amicales de son public oĂč se mĂȘlent aficionados de la premiĂšre heure et jeunots de vingt ans et plus qui connaissent dĂ©jĂ  par cƓur Les Barricades ou Les Oies sauvages. L’orchestre Ă©met ses premiĂšres notes et le trouvĂšre entonne ces premiĂšres paroles poignantes :

« Ils meurent victimes de leur foi,

Ils tombent à l’ombre de la Croix,

Dans un silence qui fait douter

Du cƓur des hommes.

Et au milieu des corps sans vie,

Une petite fille prie

Tout prĂšs d’une statue brisĂ©e,

D’une croix de bois calcinĂ©e  »

La salle, mutique, semble prier Ă  l’unisson de cette gamine arborant le visage de nos propres enfants et qui lance dans le dĂ©sert et Ă  la face d’un monde irrĂ©mĂ©diablement sourd Ă  sa supplique, le dĂ©chirant cri de dĂ©tresse de son martyre et de celui de ses semblables, lĂ -bas, aux fins fonds de l’Orient compliquĂ©. Noun
 !

Jean-Pax MĂ©fret n’a pas son pareil pour communiquer une Ă©motion d’autant plus sincĂšre qu’elle entre en rĂ©sonance avec notre ĂȘtre profond, fruit d’un hĂ©ritage ancestral voire bien plus lointain.

Le visage triste et apeurĂ© de l’innocence enfantine s’imprimait encore dans nos esprits quand surgit, telle une muse oubliĂ©e, le long d’un mur honteux qui masquait alors les pires turpitudes des zĂ©lotes des fallacieux lendemains qui jamais ne chanteront, le non moins doux visage de Veronika :

« Elle avait des cheveux blonds fous, Véronika

Les yeux bleus tristes et un air doux, VĂ©ronika

À Berlin-Est, elle balayait les allĂ©es

Lorsque je l’ai rencontrĂ©e »

À cet instant, tel le docteur Youri Jivago incapable de choisir entre Tonia sa femme aimante et Lara, sa tendre maĂźtresse, mon cƓur balançait en pensant Ă  Nathalie, la jolie guide moscovite de Gilbert BĂ©caud, narrant Ă  ce dernier « en phrases sobres [
] la rĂ©volution d’Octobre ». Et l’on se dit que la poĂ©sie est sans doute le meilleur moyen d’entrevoir la vĂ©ritĂ©, oĂč qu’elle se niche


Mais Ă©voquer Jean-Pax MĂ©fret (Jean comme tout le monde, Pax comme personne, MĂ©fret comme son pĂšre, affectionne-t-il de rĂ©pondre Ă  qui l’interroge sur les origines de ce prĂ©nom mystĂ©rieux), sa musique et ses chansons authentiquement engagĂ©es (aux antipodes des rebelles en peau de lapin venant promouvoir leur insipide soupe pseudo-artistique sur les plateaux sabbatiques du service public), revient aussi et surtout Ă  se souvenir de nos temps glorieux et moins glorieux. L’hĂ©roĂŻque sacrifice des 62 lĂ©gionnaires de Camerone, la douloureuse Ă©poque de la fin de l’AlgĂ©rie française, ravivĂ©e par des couplets bouleversants (« je viens d’un pays perdu qui n’existe plus », « Notre-Dame des dĂ©racinĂ©s », « l’étĂ© 62 sur les quais du chagrin », « les grandes souffrances de ceux qui ont choisi la France » ), les barouds d’honneurs de Dien Bien Phu, le martyre des VendĂ©ens, etc.

Alors que nous venons de tourner le dos Ă  2017, annĂ©e du centenaire de la rĂ©volution russo-lĂ©niniste de 1917, de sinistre mĂ©moire, Jean-Pax demeure prĂ©sent et droit pour nous rappeler que si « l’un de vous a chantĂ© Potemkine / Moi je viens chanter Soljenytsine ». Une maniĂšre opportune de souligner combien les totalitarismes athĂ©es du XXe siĂšcle (le nazisme est Ă©voquĂ© elliptiquement dans Jour J quand le communisme est explicitement dĂ©noncĂ© dans Le Camp 36, SibĂ©rie, Goulag, Professeur MĂŒller ou Budapest) inspirĂ©s des pires folies criminelles depuis Robespierre et ses Ă©pigones, constituent le canevas renouvelĂ© du socialisme libĂ©ral-sociĂ©tal, sarko-hollando-macronien du XXIe.

Les paroles du Vieux Soldat tĂ©moignent, Ă  elles seules, de la dĂ©liquescence d’une civilisation française dĂ©sormais livrĂ©e aux hyĂšnes de l’amnĂ©sie volontaire et du dĂ©racinement mĂ©a-culpant :

« Ça lui fait mal, toutes ces insultes,

Cracher sur la France que l’on traite de pute.

Ça lui fait mal, le drapeau brĂ»lĂ©, le drapeau souillĂ©

La mémoire tachée.

 

Ça lui fait mal, il l’a mauvaise,

Lorsque l’on siffle la Marseillaise

Ça lui fait mal, voir son pays livrĂ© au mĂ©pris,

Il en est meurtri.

Le respect, il veut du respect,

Juste du respect, le respect »

Tout comme Pas politiquement correct fustige les snipers stipendiĂ©s de la pensĂ©e unique, ce bas clergĂ© du dĂ©sordre immoral qui, quoi qu’ils disent ou veulent faire croire, en dĂ©pit de sporadiques soubresauts identitaires ou populistes, dĂ©tiennent encore largement le pouvoir politico-culturel :

 

« On ne peut plus rien dire

Sans s’attirer leur foudre

Qu’ils brandissent à plaisir

Pour te réduire en poudre »

Comme l’écrivait rĂ©cemment le politologue Jean-Yves Camus, « tous ceux qui Ă©tudient la pensĂ©e de droite devraient aller assister Ă  un concert de Jean-Pax MĂ©fret » (tempsprĂ©sents.com, 16 janvier), mĂȘme si ce dernier reprĂ©sente bien plus, c’est-Ă -dire, les valeurs Ă©ternelles de nos pĂšres et de notre pays. Un autre universitaire osait assez justement le comparer Ă  l’auteur de La Colline inspirĂ©e : « une sorte de BarrĂšs pied-noir, le BarrĂšs d’aprĂšs-1919 oĂč ont disparu les ennemis extĂ©rieurs, battus, et intĂ©rieurs, intĂ©grĂ©s par le sacrifice militaire [1] ».

Respect.

[1] Paul Airiau, « Jean-Pax Méfret, chanteur anticommuniste et républicain populiste », Histoire@Politique. Politique, culture, société, N°7, janvier-avril 2009.

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