par Franck Deletraz.

Ses amis du grand patronat, toujours en quĂȘte de main-d’Ɠuvre bon marchĂ©, lui ont-ils soufflĂ© cette idĂ©e suicidaire ? Toujours est-il qu’en annonçant jeudi la crĂ©ation par la France « dĂšs cet Ă©té » de prĂ©tendus centres d’examen pour demandeurs d’asile en Libye, le prĂ©sident, loin de lutter contre l’invasion de notre pays, a au contraire fait le choix d’amplifier et d’accĂ©lĂ©rer celle-ci.

« On va aller les chercher »

Dans le jargon du lobby immigrationniste, on appelle cela des hot spot. Mais, en français correct, il s’agit ni plus ni moins que de centres prĂ©vus pour accueillir les candidats Ă  l’asile et, nous dit-on, « étudier leur situation » avant qu’ils ne traversent la MĂ©diterranĂ©e. L’idĂ©e, on l’aura compris, n’est donc pas de mettre un terme au dĂ©ferlement permanent de clandestins vers l’Europe. D’ailleurs, en proclamant jeudi « on va aller les chercher », le prĂ©sident a Ă©tĂ© on ne peut plus clair.

L’idĂ©e est surtout, comme l’a bien expliquĂ© Macron, de ne plus avoir « entre 800 000 et un million de personnes en Libye, dans des camps, des hangars » qui ne relĂšvent « mĂȘme pas de l’humanitĂ© minimale » et « d’éviter aux gens de prendre des risques fous » en traversant la MĂ©diterranĂ©e. En clair, il s’agit d’organiser notre propre invasion !

MĂȘme les ONG sont rĂ©ticentes

Une mesure que le prĂ©sident entend mettre en Ɠuvre, a-t-il prĂ©cisĂ©, « avec ou sans l’Europe ». Car, peu enclins Ă  se voir davantage envahis, nos partenaires europĂ©ens, mĂȘme les plus accueillants, se montrent « trĂšs rĂ©ticents » face Ă  cette proposition suicidaire.

Et ils sont loin d’ĂȘtre les seuls. Dans son dĂ©lire immigrationniste, Macron se heurte mĂȘme aux nombreuses rĂ©serves Ă©mises par des ONG pourtant trĂšs favorables Ă  l’accueil des « migrants ». Ainsi, MSF soulignait-elle jeudi que « c’est gravement mĂ©connaĂźtre la situation libyenne ». Car, « dans ce pays, les migrants se cachent de peur d’ĂȘtre capturĂ©s, torturĂ©s, rançonnĂ©s » et « on risque de les exposer un peu plus ».

Surtout, on peut se demander pourquoi vouloir installer de tels centres en Libye alors que, selon l’Organisation internationale sur les migrations, sur plus de 85 000 clandestins venus des cĂŽtes libyennes en 2016, 20 % Ă©taient NigĂ©rians, 11,4 % ErythrĂ©ens, 7,4 % GuinĂ©ens et 6,4 % Ivoiriens. NationalitĂ©s qui, hormis les ErythrĂ©ens, ne remplissent en aucun cas les conditions d’obtention de l’asile et sont avant tout des migrants Ă©conomiques.

Article paru dans le quotidien Présent.

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