Ça y est ! À sa quatriĂšme tentative, Boris Johnson a rĂ©ussi, le 29 octobre, Ă  arracher la tenue d’élections lĂ©gislatives anticipĂ©es au Royaume-Uni avec une Ă©crasante majoritĂ©. Tous les partis ont cĂ©dĂ© devant une situation inextricable dont on ne peut sortir que par de nouvelles Ă©lections. La situation de blocage qui handicape le Brexit dans une cacophonie et des combinaisons perverses depuis l’étĂ© dernier va enfin connaĂźtre un dĂ©nouement le jeudi 12 dĂ©cembre, avec la deadline du 31 janvier pour entĂ©riner, ou pas, l’accord du Brexit, en ligne de mire. Le Parlement britannique est dissous le 6 novembre.

Brexit

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À noter que l’accord du Brexit prĂ©voit une pĂ©riode de transition jusqu’au 31 dĂ©cembre 2020, date Ă  laquelle la rupture sera dĂ©finitivement consommĂ©e.

Mais la situation reste délicate tant au plan politique que sur celui des conséquences directes ou indirectes des résultats.

Boris Johnson, « Bojo », dĂ©clarait mardi aprĂšs-midi Ă  la Chambre : « Il n’y a qu’un seul moyen de mener Ă  son terme le Brexit face Ă  cette obstruction parlementaire permanente, ce refus volontaire et sans fin de respecter le mandat du peuple, c’est de rafraĂźchir ce Parlement et de donner le choix au peuple. »

« AprĂšs un an de blocage parlementaire, les cartes vont ĂȘtre rebattues, pour un scrutin qui risque fort de ressembler Ă  un minirĂ©fĂ©rendum sur le Brexit », observe justement Le Temps. Le Premier ministre prĂ©voit de mener une campagne sur le thĂšme du « peuple contre le Parlement ». Il « va utiliser son argument favori : blĂąmer les parlementaires pour le blocage et demander aux Ă©lecteurs de lui donner une majoritĂ© pour faire passer le Brexit ».

Ici comme ailleurs le dĂ©calage entre le peuple et ses reprĂ©sentants est patent et Boris Johnson entend bien insister sur ce point et faire respecter le vote populaire de 2016. Ici comme ailleurs, le poids des Ă©lites en place et de tout un systĂšme contre le peuple est inquiĂ©tant, comme l’idĂ©e que ces Ă©lites se font de la dĂ©mocratie qu’elles invoquent par ailleurs sans cesse.

Pourtant les sondages, toujours incertains au Royaume-Uni, donnent Ă  Johnson une confortable avance (8 Ă  13 %) sur Jeremy Corbyn, suivi du Parti LibĂ©ral (anti-Brexit) et de Nigel Farage et son Brexit dur qui est crĂ©ditĂ© tout de mĂȘme de 12 % des voix. L’Écosse de son cĂŽtĂ© et sa position anti-Brexit avec le Parti National Ă©cossais au pouvoir, se renforce. Au final, seuls le Parti LibĂ©ral et le PNE sont opposĂ©s Ă  tout Brexit ; le Labour est favorable Ă  un Brexit tempĂ©rĂ©, les Conservateurs au Brexit de Johnson, et le Parti du Brexit de Farage est favorable Ă  un Brexit dur voire sans accord.

Mais la campagne va aussi porter sur des enjeux nationaux. C’est sur ce que Jeremy Corbyn, leader du Parti Travailliste, compte, avec un programme social (fin de l’austĂ©ritĂ©, crise du logement
). Toutefois, son engagement Ă  renĂ©gocier l’accord sur le Brexit est curieux puisque l’UE Ă  d’ores et dĂ©jĂ  rejetĂ© toute nouvelle nĂ©gociation. Puis Corbyn promet un second rĂ©fĂ©rendum pour entĂ©riner sa potentielle renĂ©gociation.

Cette position semble peu crĂ©dible et prolonge une situation dont les Britanniques ont assez aprĂšs trois ans et demi d’instabilitĂ©. Boris Johnson de son cĂŽtĂ© met en avant une rĂ©forme du NHS (sĂ©curitĂ© sociale britannique) avec l’injection de 2 milliards de livres, comme il l’avait dĂ©jĂ  annoncĂ©, dans l’optique du Brexit, dĂšs 2016 : l’argent pour l’UE Ă©conomisĂ© permettrait une telle amĂ©lioration pour les Britanniques. On le voit, son programme « national » est intimement liĂ© au Brexit.

Reste que ce type de scrutin dans un tel contexte mouvementĂ© dont les Britanniques ont assez, constitue un pari risquĂ© pour les uns et les autres, mĂȘme si, thĂ©oriquement, Boris Johnson devrait en sortir vainqueur et mĂȘme triomphant !

Une incertitude demeure pourtant pour lui : l’éclatement des voix sur les quatre tendances (Labour, Conservateurs, LibĂ©raux et Farage) pourrait dĂ©boucher sur un Parlement sans majoritĂ© pour Johnson et compliquer Ă  nouveau le Brexit. D’autre part les dĂ©clarations de Donald Trump dans un journal anglais ne sont pas faites pour aider Bojo, lorsque Trump considĂšre que l’accord de Brexit remet en cause un grand accord commercial entre les USA et le Royaume-Uni
 Cette flĂšche du Parthe, balayĂ©e par Bojo, est tout de mĂȘme gĂȘnante dans l’optique du Brexit du 31 janvier.

Un Brexit sans accord risquerait d’entraĂźner le Royaume-Uni dans des troubles plus graves encore. En effet se posent les cas de l’Écosse et de l’Irlande. L’Écosse qui court aprĂšs son indĂ©pendance surtout depuis l’échec du rĂ©fĂ©rendum de 2014, pourrait revenir Ă  la charge et faire sĂ©cession Ă  condition qu’elle puisse organiser un nouveau rĂ©fĂ©rendum ce qui lui est refusĂ© par principe par Londres. Le score des IndĂ©pendantistes au pouvoir de 45 % en 2014 pourrait bien dĂ©passer les 50 % dans le contexte du Brexit.

Quant Ă  l’Irlande, la rĂ©unification des deux Irlande revient sur le tapis, surtout depuis que les communautĂ©s religieuses catholiques et protestantes sont presque Ă©quilibrĂ©es contrairement au passĂ© oĂč les Protestants reprĂ©sentaient 65 % des Irlandais. Les vicissitudes du Brexit pourraient, lĂ  aussi, mener Ă  une rĂ©unification qui amputerait le Royaume-Uni de l’Ulster.

Rendez-vous le 13 dĂ©cembre pour pouvoir, enfin, peut-ĂȘtre, dĂ©mĂȘler une situation enkystĂ©e dont le feuilleton interminable finit par lasser tout le monde. Avec une victoire de Bojo si possible


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A propos de l'auteur

Richard Dessens

Enseignant pendant plusieurs annĂ©es dans une Ă©cole prĂ©paratoire aux concours d’entrĂ©e aux IEP et Écoles de journalisme, Richard Dessens crĂ©e et dirige parallĂšlement une troupe de thĂ©Ăątre dans la rĂ©gion de Montpellier. Docteur en droit, DEA de philosophie et licenciĂ© en histoire, il est l’auteur d’ouvrages de philosophie et d’histoire des idĂ©es politiques, de relations internationale. Il a entres autres livres publiĂ© aux Ă©ditions Dualpha "Henri Rochefort ou la vĂ©ritable libertĂ© de la presse", "La dĂ©mocratie interdite" et "Histoire et formation de la pensĂ©e politique".

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