Alors que la question de l’immigration a peut-ĂȘtre constituĂ© le principal argument d’attaque des partisans du Brexit, le rĂ©sultat du rĂ©fĂ©rendum du 23 juin, pourrait avoir pour effet de retrouver un Royaume-Uni isolĂ©, face au problĂšme de surveillance de ses frontiĂšres avec la France.

DĂšs le rĂ©sultat du vote connu, nombre de voix de personnalitĂ©s politiques françaises connues, n’ont pas hĂ©sitĂ© Ă  demander une rĂ©vision, voire une annulation des accords du Touquet de 2003 et plusieurs ont appelĂ© Ă  rĂ©viser – voire Ă  annuler – les accords du Touquet, lesquels ont positionnĂ© la frontiĂšre franco-britannique sur le territoire français. Ainsi Xavier Bertrand, prĂ©sident de la rĂ©gion des Hauts-de-France, n’a-t-il pas hĂ©sitĂ© Ă  demander la renĂ©gociation de ces accords au gouvernement britannique, estimant qu’en cas de sortie du Royaume-Uni, la France n’aurait plus Ă  assurer le contrĂŽle des frontiĂšres Ă  la place des Britanniques, comme cela est le cas aujourd’hui.

Certains estiment mĂȘme que les accords du Touquet devraient ĂȘtre purement et simplement dĂ©clarĂ©s caducs au motif que cet accord entame le droit de circulation des personnes, principe fondamental de l’Union europĂ©enne. Rappelons que cette question des accords du Touquet avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© soulevĂ©e avant le rĂ©fĂ©rendum britannique par le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, lequel avait mis en garde le Royaume-Uni sur les consĂ©quences d’un Brexit, sur cet accord bilatĂ©ral.

« La France ne retiendrait plus les migrants Ă  Calais », avait-il dĂ©clarĂ©. La France doit aussi ĂȘtre en mesure d’arrĂȘter et de gĂ©rer l’afflux des rĂ©fugiĂ©s pour le Royaume-Uni et dĂ©sormais montrer de la fermetĂ© Ă  l’égard de Londres, lequel devrait reprendre la gestion de ses frontiĂšres.

Le risque pour les accords bilatéraux

Il faut se souvenir qu’afin de rĂ©guler les flux migratoires vers le Royaume-Uni, les accords du Touquet prĂ©voyaient que le contrĂŽle effectif des frontiĂšres, notamment du fret, se fasse du cĂŽtĂ© français. Ils autorisent aussi les agents des deux pays Ă  effectuer des contrĂŽles d’un cĂŽtĂ© et de l’autre de la Manche. Rappelons-nous aussi que les rĂšgles en matiĂšre de traitement des demandes d’asile, laissent souvent reposer sur la France la prise en charge administrative. De plus, en cas de refus d’une demande, les demandeurs dĂ©boutĂ©s sont censĂ©s ĂȘtre renvoyĂ©s Ă  Calais. Ces accords, signĂ©s le 4 fĂ©vrier 2003 entre la France et le Royaume-Uni devaient concrĂ©tiser la fermeture du centre d’hĂ©bergement de Sangatte, dĂ©mantelĂ© en 2002 par le Ministre de l’intĂ©rieur d’alors, Nicolas Sarkozy.

Le cadre juridique que représentent les accords du Touquet a eu pour effet une sorte de glissement des frontiÚres, dramatisé et accru par le nombre de candidats au départ de France, volontaires pour émigrer vers le Royaume-Uni et bien plus nombreux que ceux intéressés par le mouvement inverse.

Le risque de crise des frontiĂšres

Pour certains les accords du Touquet sont en grande partie responsables des problĂšmes de la rĂ©gion calaisienne, oĂč 4 500 migrants s’entassent dans le camp surnommĂ© « la Jungle » et ceci dans l’espoir de rejoindre la Grande-Bretagne. D’autres estiment, au vu de ces effets, qu’il conviendrait de dĂ©noncer les accords du Touquet et mettre en jeu le prĂ©avis de deux ans, afin de retransfĂ©rer aux Britanniques la garde de leur frontiĂšre. En effet, les Anglais ne pourraient pas refouler les migrants ayant traversĂ© la Manche, puisque les demandes d’asile seraient obligatoirement instruites par les autoritĂ©s britanniques. Les difficultĂ©s de Calais seraient ainsi rĂ©solues. Une renĂ©gociation des dits accords est nĂ©anmoins loin d’ĂȘtre acquise, dans la mesure oĂč l’actuel prĂ©sident de la RĂ©publique ne souhaite surtout pas indisposer les Anglais.

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