On parlait dans Le Figaro d’une chasse aux paradis fiscaux menĂ©e par cent courageux journaux dans le monde. Cette chasse avait lieu au Panama, pays jadis martyrisĂ© par Bush pĂšre, recouvert de bases et de HLM pour retraitĂ©s amĂ©ricains, pays en fait « creusĂ© par  son canal » (Debord).

On sĂ©para ce petit isthme de sa Colombie natale le jour oĂč le grand capital amĂ©ricain dĂ©cida qu’il faudrait le creuser, ce canal ! Un aventurier nommĂ© Bunau-Varilla, de passeport français d’ailleurs, se chargea de recruter sur place des rebelles façon syrienne, des combattants de la libertĂ©, pour exterminer tous les rĂ©calcitrants et rattacher cet isthme au grand capital amĂ©ricain, toujours actif et inspirĂ©.

Il faut reconnaĂźtre que ce capital bouge plus vite que le cerveau du journaliste !

Mon cerveau a tiltĂ© lorsque j’ai vu que parmi les « mĂ©chants » attrapĂ©s par ces courageux journaux sponsorisĂ©s par la CIA, il y avait Michel Platini (une des rares idoles sportives de ma jeunesse), le malheureux Cahuzac (vous savez, le seul bosseur du PS, « proche de l’extrĂȘme-droite » !) et les inĂ©vitables « proches » de Vladimir Poutine. Ils tombaient Ă  pic ceux-lĂ , car comme l’expliquait le site sputniknews.com, depuis la regrettĂ©e prise de Palmyre, on n’ose plus attaquer la diplomatie ou l’armĂ©e russe ! Alors on s’en prend aux trois millions de milliards de roubles que Vladimir aurait planquĂ©s – sans rire ! – au Panama (lieu de naissance de John McCain).

Le Figaro, il ne faut pas l’oublier, est ce journal bourgeois qui demande la fin du SMIC alors qu’il touche 16 millions de subventions par an pour insulter les prĂ©caires, soutenir le candidat JuppĂ© et Ă©pargner le PS. Les gros journaux europĂ©ens, il ne faut pas l’oublier non plus, aprĂšs le livre du journaliste Ulfkotte, sont souvent contrĂŽlĂ©s par les agents de la CIA. On est bien sĂ»r moins contrĂŽlĂ©s pour la chronique des chiens Ă©crasĂ©s ; mais c’est une autre affaire quand il s’agit de diaboliser Poutine et l’extrĂȘme-droite, fĂ»t-ce par le biais du ministre socialiste du budget, ou le pauvre Platini et la FIFA, passĂ©e depuis l’an dernier sous contrĂŽle anglo-amĂ©ricain.

Mais trĂȘve de mondanitĂ©s (Let’s cut the shit, comme on dit en anglais)
 Il y a deux paradis fiscaux pour les ultra-riches aujourd’hui dans le monde. Ce sont le Royaume-Uni, tout content me semble-t-il de son futur Brexit, et les États-Unis d’AmĂ©rique. Mitt Romney, qui gagne 200 millions de dollars par an en dĂ©localisant les usines de son pays, avoua en 2012 payer juste dix millions de dollars d’impĂŽts. On se souvient du texte honnĂȘte publiĂ© par le requin humanitaire Warren Buffett, qui avouait payer moins d’impĂŽts que sa secrĂ©taire, confessant que sa « classe » avait gagnĂ© la guerre.

La mise au pas de tel paradis fiscal (Monaco ou la Suisse) sert l’oligarchie de Londres et de Washington, qui a aussi dĂ©crĂ©tĂ© la mise Ă  mort de la Russie. Et nos andouilles cĂ©lĂšbrent comme une victoire une de leurs Ă©ternelles raclĂ©es. Mais c’est une habitude.

A propos de l'auteur

Nicolas Bonnal

Essayiste et chroniqueur politique, Nicolas Bonnal est l’auteur d’une quinzaine de livres sur la politique, l’identitĂ©, l’initiation et le cinĂ©ma
 Derniers livres parus aux Éditions Dualpha : Le paganisme au cinĂ©ma ; La chevalerie hyperborĂ©enne ; le Graal et Donald Trump, le candidat du chaos. Il est le correspondant d'EuroLibertĂ©s en Espagne.

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