L’écologie telle qu’elle fut dĂ©finie en 1866 par le naturaliste allemand Ernst Haeckel, soit l’étude des interrelations entre les ĂȘtres vivants et leur milieu naturel, fut longtemps une discipline scientifique, avant d’ĂȘtre annexĂ©e par des agitĂ©(e) s de la politique, par de charmantes dames patronnesses et des idĂ©alistes niais autant qu’ignares qui en ont fait un sujet de discussions de salons ou de cafĂ©s du commerce.

L’interaction du macrocosme universel avec le microcosme humain Ă©tait un grand classique de l’AntiquitĂ©, au point que des prĂ©occupations de type Ă©cologique sont apparues chez LucrĂšce et Pline le Jeune, persuadĂ©s que c’est en bon pĂšre de famille que l’homme doit gĂ©rer cette Terre oĂč son espĂšce est nĂ©e par l’effet d’heureux hasards.

C’est une Ă©vidence : il est logique et lĂ©gitime de combattre la toxicitĂ© des produits rejetĂ©s par l’agriculture, l’industrie, l’usage mĂ©nager ou diverses expĂ©riences scientifiques. Mais il ne faut pas oublier que les dĂ©gĂąts que s’inflige Dame Nature sont et resteront toujours supĂ©rieurs aux nuisances humaines. Il faut donc relativiser la culpabilitĂ© des vivants et des morts ainsi que la portĂ©e de nos moyens d’action.

La radioactivitĂ© dans les environs immĂ©diats d’une centrale nuclĂ©aire bien construite – c’est le cas des centrales françaises – est infĂ©rieure Ă  la radioactivitĂ© naturelle des zones granitiques de Bretagne ou des Alpes.

La mĂ©tĂ©orite de 17 mĂštres de diamĂštre qui a explosĂ© Ă  environ 24 km d’altitude, le 15 fĂ©vrier 2013, et dont les dĂ©bris se sont Ă©parpillĂ©s dans la rĂ©gion de Tcheliabinsk (en SibĂ©rie), a produit une onde de choc 30 fois supĂ©rieure Ă  celle tant lamentĂ©e de l’explosion de la bombe atomique de Hiroshima. Elle provenait de la ceinture d’astĂ©roĂŻdes qui gravite entre Jupiter et Mars. Il est Ă©vident qu’il en tombera d’autres et de plus Ă©normes.

Chacun accepte de nos jours l’explication du physicien Luis Alvarez pour l’extinction de masse des animaux terrestres il y a 65 millions d’annĂ©es, qui provoqua la fin de l’ùre des dinosaures : la chute d’une gigantesque mĂ©tĂ©orite dans ce que l’on appelle de nos jours le Golfe du Mexique. Curieusement, durant les annĂ©es 1980, le misonĂ©isme et la jalousie universitaires n’étant pas tempĂ©rĂ©s par l’intĂ©rĂȘt des financiers, le petit monde des « spĂ©cialistes » fut trĂšs rĂ©ticent à recevoir cette hypothĂšse, depuis largement dĂ©montrĂ©e. Que venait faire en gĂ©ologie un titulaire du Prix Nobel de physique ? Sortir les spĂ©cialistes de leur routine !

La collision d’une grosse mĂ©tĂ©orite et de la planĂšte Terre aura toujours des consĂ©quences dĂ©lĂ©tĂšres bien supĂ©rieures Ă  l’accumulation des cĂ©lĂšbres « gaz Ă  effet de serre » ou Ă  la concentration des mĂ©taux lourds dans le foie des poissons, mĂȘme si c’est une bonne prĂ©caution que d’éviter de consommer le foie de poissons provenant des zones polluĂ©es et de rĂ©duire autant que possible la production de gaz carbonique et le dĂ©gagement de mĂ©thane.

N’importe quel tsunami, n’importe quel sĂ©isme de grande magnitude provoquent des ravages et des morts en bien plus grande quantitĂ© qu’un accident de contamination chimique ou que l’explosion de Tchernobyl. Le sĂ©isme et le tsunami du 26 dĂ©cembre 2004 qui ont ravagĂ© les cĂŽtes cingalaises, thaĂŻes et indonĂ©siennes, ont occasionnĂ© 230 000 morts en 48 heures.

Cela ne signifie nullement que les humains ne doivent pas gĂ©rer au mieux leur environnement agricole, industriel et domestique. Mais la Terre ne sera jamais Ă  l’abri de catastrophes naturelles, bien supĂ©rieures en puissance destructrice aux pires comportements humains. La vertu essentielle de l’homme doit rester la modestie lorsqu’il Ă©value ses capacitĂ©s, mĂȘme celles de nuisance.

D’autant que trop souvent, l’écologie sert de prĂ©texte Ă  des arnaques, dont sont victimes les consommateurs abrutis par une propagande inepte. Le « commerce Ă©quitable » revient Ă  payer plus cher des produits de mĂ©diocre qualitĂ©, pour accroĂźtre les bĂ©nĂ©fices de sociĂ©tĂ©s Ă©tablies dans le Tiers-Monde. L’agriculture dite « biologique » (comme si toute production des fruits de la Terre n’était pas un phĂ©nomĂšne biologique) aboutit Ă  des champs de cĂ©rĂ©ales envahis de plantes indĂ©sirables qui sont moissonnĂ©es avec le bon grain. Les raticides sont des pesticides : ne plus lutter contre certains animaux vecteurs risque de faire revenir en Occident des maladies qui ne persistent qu’en rĂ©gions arriĂ©rĂ©es. S’opposer Ă  la chasse revient Ă  crĂ©er d’importants dĂ©sĂ©quilibres dans les forĂȘts, les savanes et les campagnes.

En 1976, on a fait une publicitĂ© considĂ©rable Ă  un groupe de produits peu toxiques, celui des dioxines, soit des produits de chimie organique Ă  noyau benzĂšne dont certains contiennent du chlore. Un dĂ©gagement de fumĂ©es avait affolĂ© les foules Ă©motives de Lombardie, dont celles du village de Seveso. Environ 200 personnes ont prĂ©sentĂ© une acnĂ© transitoire et l’on en a profitĂ© pour abattre un cheptel dont les cours s’effondraient, le tout aux dĂ©pens de la sociĂ©tĂ© chimique, un groupe suisse dĂ©testĂ© de ses concurrents italiens. Le seul mort de l’affaire fut le directeur de la filiale locale du groupe multinational, abattu par des assassins communistes.

Quarante ans plus tard, l’on sait que ce produit n’est ni cancĂ©rigĂšne ni mutagĂšne, puisque aucune augmentation du taux de cancers ou de malformations n’a Ă©tĂ© enregistrĂ©e chez les sujets exposĂ©s, qui furent royalement dĂ©dommagĂ©s, par l’équivalent de 1,13 milliard d’euros. La fausse nouvelle Ă©cologique (si l’on prĂ©fĂšre : la rumeur infondĂ©e) peut rapporter beaucoup d’argent et s’avĂ©rer meurtriĂšre.

Il est Ă©vident qu’il faut lutter efficacement contre la pollution des fleuves et des riviĂšres par les rejets domestiques, agricoles et industriels (ce sera le sujet d’un prochain article). Mais les dĂ©gĂąts Ă©cologiques d’origine animale, et ceci englobe l’activitĂ© humaine, ne sont qu’ennuis mineurs, si on les compare aux catastrophes infligĂ©es Ă  notre planĂšte par Dame Nature.

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