Un des arguments le plus souvent entendu ces vingt derniĂšres annĂ©es pour justifier l’afflux constant de nouvelles vagues d’immigration en Belgique et dans le reste de l’Europe est que nous en avons absolument besoin pour pallier le manque de main-d’Ɠuvre et que ce sont les immigrĂ©s qui payeront nos pensions demain.

Pourtant, cette affirmation ne correspond pas à la réalité. La banque ING(1) a consacré une étude approfondie sur cette question en 2004 dans son Bulletin Financier (novembre-décembre 2004, n° 2399).

Cette Ă©tude unique est essentiellement consacrĂ©e Ă  l’aspect Ă©conomique de l’immigration et ne tient donc pas compte des aspects culturels, religieux et de « vie en commun » avec les populations autochtones. Cependant, cette analyse met Ă  mal quelques idĂ©es toutes faites vĂ©hiculĂ©es par les propagandistes de l’enrichissement de notre sociĂ©tĂ© par l’immigration. Voici six extraits de cette Ă©tude :

 

  • « Dans le cadre du dĂ©bat sur le vieillissement de la population, on se demande de temps Ă  autre si l’immigration ne pourrait pas offrir une solution. L’analyse Ă©conomique montre que les flux migratoires susceptibles d’empĂȘcher le vieillissement sont trop importants pour ĂȘtre rĂ©alistes. En outre, ils ne feraient que reporter le problĂšme et ne le rĂ©soudraient pas. Si l’immigration est indĂ©niablement positive pour l’économie globale, il est moins certain qu’elle renforce la base Ă©conomique belge. En effet, ceci n’est possible qu’en cas de marchĂ© du travail suffisamment souple et d’immigration sĂ©lective, par exemple en fonction du degrĂ© de qualification. Dans le contexte belge, une immigration sĂ©lective a toutefois peu de chance de succĂšs. »

Le « contexte belge » Ă©voquĂ© par ING fait allusion aux configurations politiques majoritaires successives Ă  cette Ă©poque. Le Parti Socialiste a participĂ© au pouvoir, avec plus ou moins de poids politique, durant des dizaines d’annĂ©es (jusqu’en 2014 pour ĂȘtre prĂ©cis). Et le PS a menĂ© durant toutes ces annĂ©es une politique immigrationniste Ă©chevelĂ©e, trouvant chez ces nouveaux venus les Ă©lecteurs en nombre suffisant pour remplacer avantageusement les autochtones partis voter ailleurs.

  • « La fĂ©conditĂ© plus Ă©levĂ©e des immigrants entraĂźne une pression dĂ©mographique accrue : on peut se demander si la Belgique peut accueillir, sur le plan Ă©conomique et de l’amĂ©nagement du territoire, une population de 15, voire 18 millions d’ñmes. »
  • « L’immigration de travailleurs peu qualifiĂ©s aurait, dans tous les scĂ©narios, un impact nĂ©gatif sur le PIB (Produit IntĂ©rieur Brut) par habitant. Pour prĂ©server le niveau de vie, une politique d’immigration sĂ©lective s’impose dĂšs lors. »
  • « Les modĂšles Ă©conomiques standards semblent donc exclure que l’immigration puisse, en soi, augmenter la richesse de façon significative. »
  • « Des Ă©tudes montrent qu’une politique d’immigration sĂ©lective a, Ă  terme, un impact Ă©conomique positif moins Ă©levĂ© qu’escomptĂ©, car la rĂ©unification familiale qui s’ensuit fait entrer dans le pays d’accueil des personnes moins qualifiĂ©es procurant une contribution nette plus faible, voire nĂ©gative. »
  • « Pour le moment, l’immigration est surtout un investissement payant pour l’immigrĂ© mĂȘme. »

Cette Ă©tude de la banque ING date de 2004, c’est-Ă -dire avant l’effondrement gĂ©nĂ©ralisĂ© de l’économie europĂ©enne et avant le dĂ©ferlement des « rĂ©fugiĂ©s ». On peut raisonnablement supposer que ce qui Ă©tait indĂ©niablement vrai en 2004 l’est encore plus aujourd’hui, d’autant plus que les nouveaux arrivĂ©s sont trĂšs majoritairement sous qualifiĂ©s, malgrĂ© tout ce que les communicateurs de l’Union EuropĂ©enne ont voulu nous faire croire. Il est par ailleurs rĂ©vĂ©lateur qu’aucune nouvelle Ă©tude n’a Ă©tĂ© produite sur la question ultĂ©rieurement. Le lobby immigrationniste sait admirablement verrouiller le dĂ©bat quand ses fondamentaux risquent d’ĂȘtre remis en question.

Legroupe ING (en nĂ©erlandais : ING Groep), est une institution financiĂšre internationale de bancassurance d’origine nĂ©erlandaise. Elle a connu une croissance externe trĂšs rapide, devenant fin 2007 la deuxiĂšme banque de dĂ©tail mondiale aprĂšs Mitsubishi UFJ Financial Group avec plus de 338 milliards d’euros en épargne. Lourdement affectĂ©e par la crise financiĂšre de 2008, l’action ING a perdu 68,7 % en un an avant que celle-ci soit en partie nationalisĂ©e. C’est en 2013, la 6e entreprise dans le secteur bancaire. ING Ă©tait l’abrĂ©viation d’« Internationale Nederlanden Groep » (littĂ©ralement « Groupe des Pays-Bas Internationaux »).

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