Une pĂ©tition lancĂ©e par divers mouvements Ă©cologistes d’Europe Unie (plus exactement de l’Europe des Ă©conomies unies) a pour but dĂ©clarĂ© de faire interdire le glyphosate. On s’attend Ă  recueillir un million de signatures
 et l’on aimerait savoir qui, parmi ces preux chevaliers de la mobilisation citoyenne, connaĂźt rĂ©ellement ce produit et les dessous de l’affaire.

Car, bien plus que de protection de l’environnement, c’est d’une guerre Ă  la fois commerciale et idĂ©ologique qu’il s’agit. Les dinosaures Ă©clopĂ©s du marxisme et les ex-militants opposĂ©s Ă  la guerre du ViĂȘt Nam repassent le plat, avant de quitter dĂ©finitivement le thĂ©Ăątre du monde.

Le glyphosate, c’est ce que tout jardinier connaĂźt, depuis le dĂ©but des annĂ©es 1980 en France, sous le nom de Roundup, dĂ©sherbant cher, mais efficace.

Roundup

Sur le plan chimique, c’est un dĂ©rivĂ© mĂ©thylĂ© et phosphorylĂ© de la glycine (ou glycocolle, soit l’un des acides aminĂ©s les plus rĂ©pandus sur Terre, ubiquitaire dans le monde animal aussi bien que vĂ©gĂ©tal). Il a Ă©tĂ© synthĂ©tisĂ© en 1970, commercialisĂ© timidement en de rares pays l’annĂ©e 1974, puis aux USA en 1976 et sur l’ensemble de la planĂšte.

Il s’est trĂšs vite imposĂ© comme le meilleur dĂ©sherbant et le moins toxique. Il a Ă©tĂ© largement utilisĂ© en Ă©pandage aĂ©rien pour dĂ©truire des plantations de coca.

Objectivement, aucune Ă©tude toxicologique chez l’homme n’a permis de le considĂ©rer comme un perturbateur endocrinien ni comme un cancĂ©rigĂšne
 et au vu de sa formule chimique, l’on n’est guĂšre Ă©tonnĂ© de ces conclusions.

Certes, comme une myriade de produits chimiques, cet aminoacide torturĂ© induit des mutations chez les vĂ©gĂ©taux, dĂ©jĂ  exposĂ©s aux ultraviolets mutagĂšnes, et chez certaines espĂšces de bactĂ©ries, les rendant moins sensibles Ă  l’une ou l’autre des familles d’antibiotiques.

L’on n’est pas trĂšs Ă©tonnĂ© qu’un acide aminĂ© mĂ©thylĂ© puisse induire des mutations. Les mutations gĂ©nĂ©tiques sont essentiellement liĂ©es Ă  l’action des ultraviolets solaires, des corps radioactifs et des agents fixant des radicaux mĂ©thyles Ă  l’ADN.

La trĂšs grande majoritĂ© de ces mutations s’avĂšrent neutres : pas plus bĂ©nĂ©fiques que nuisibles Ă  l’ĂȘtre animal ou vĂ©gĂ©tal. En outre, la rĂ©sistance des bactĂ©ries aux antibiotiques est un phĂ©nomĂšne qui dĂ©pend de tant de causes que l’on voit mal pourquoi il faudrait interdire le Roundup plutĂŽt que n’importe quel autre agent Ă  radical mĂ©thyle.

Divers groupes chimiques trĂšs puissants, concurrents de celui qui s’est fabuleusement enrichi grĂące au Roundup, ont connu d’énormes dĂ©boires avec un excellent dĂ©sherbant qu’il a fallu interdire en 2007 pour cause de toxicitĂ© majeure : le Paraquat, commercialisĂ© en 1961. À dire vrai, tous les rĂ©animateurs savaient, dĂšs 1975, que l’ingestion de Paraquat (accidentelle, criminelle ou Ă  but suicidaire) tuait par fibrose pulmonaire aiguĂ«, irrĂ©versible. En outre, ce produit (un dĂ©rivĂ© de la pyridine) Ă©tait un toxique du systĂšme nerveux central.

Pourtant, l’on ne fit guĂšre de tapage chez les preux chevaliers de l’écologie et la comparaison entre les deux millĂ©simes – 1975, 2007 – dĂ©montre Ă  quel point les directions de la SantĂ© des États ont Ă©tĂ© trĂšs, voire extrĂȘmement, lentes Ă  rĂ©agir !

Le Paraquat Ă©tait commercialisĂ© par le groupe ICI (Imperial Chemical Industry), puis par le secteur agrochimique (Syngenta) de deux poids lourds : Novartis (groupe suisse, issu de la fusion des groupes Ciba-Geigy et Sandoz) et Astra-Zeneca (Astra, le suĂ©dois, et le britannique Zeneca, issu d’ICI)
 tous groupes jouissant d’une excellente rĂ©putation, d’ailleurs justifiĂ©e par la qualitĂ© de leurs produits pharmaceutiques.

Qui commercialise le glyphosate ? VoilĂ  une bonne question ! C’est, en effet, le galeux Monsanto, ce groupe des USA qui a fabriquĂ©, puis vendu Ă  l’US-Army l’agent orange, dĂ©foliant trĂšs utilisĂ© durant la guerre du ViĂȘt Nam, renfermant la mĂȘme dioxine que celle de l’accident de Seveso qui n’a jamais causĂ© que de l’acnĂ©, mais que l’on a accusĂ©e de tous les maux : cancers, diabĂšte, mutations
 non observĂ©s chez les Italiens contaminĂ©s, mais qui le seraient chez les Vietnamiens, Laotiens, Khmers, Ă  l’affĂ»t de centaines de millions de dollars de dĂ©dommagements !

En outre, Monsanto, c’est le groupe spĂ©cialisĂ© dans les plantes gĂ©nĂ©tiquement modifiĂ©es. On comprend la furie des Ă©cologistes professionnels Enfin, et cerise sur le gĂąteau (empoisonnĂ©), Monsanto a Ă©tĂ© rachetĂ©, en 2016, par Bayer, soit un groupe allemand issu du cĂ©lĂšbre groupe IG-Farben
 qui employa une main-d’Ɠuvre en partie tirĂ©e des camps de concentration durant le IIIe Reich !

D’un cĂŽtĂ©, le Paraquat ultra-toxique et tolĂ©rĂ© sans esbroufe mĂ©diatique par nos gentils Ă©colo-verdĂątres jusqu’à l’interdiction de 2007. De l’autre, le Roundup, dont la toxicitĂ© reste entiĂšrement Ă  dĂ©montrer, mais commercialisĂ© par des galeux, des pelĂ©s, des maudits !

Pourtant, il existe une Ă©thique de la science. Ou bien l’on rĂšgle de trĂšs vieux comptes politiques, ou bien l’on se lance rĂ©ellement dans une dĂ©marche scientifique. Il faut choisir. Le mĂ©lange des genres n’a jamais Ă©tĂ© une bonne affaire pour personne.

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