HervĂ© Juvin est Ă©conomiste et essayiste. Il a notamment publiĂ© L’Occident mondialisĂ©, La Grande SĂ©paration, Pour une Ă©cologie des civilisations. Avec ce nouvel opus intitulĂ© La France le moment politique et sous-titrĂ© manifeste Ă©cologique et social, l’auteur nous propose un vĂ©ritable plaidoyer pour la France et ses particularismes. ConcrĂštement, nous dĂ©couvrons un vĂ©ritable projet politique pour notre pays qui tarde malheureusement Ă  entrer dans le XXIe siĂšcle.

DĂšs les premiĂšres lignes, Juvin pose un constat lucide : « En 2017 la France a Ă©tĂ© la grande oubliĂ©e d’une Ă©lection prĂ©sidentielle qui s’est abĂźmĂ©e dans la procĂ©dure et la manƓuvre. »

Il ajoute mĂȘme une idĂ©e trĂšs pertinente que nous partageons : « Pour la premiĂšre fois, l’existence de la France semble aussi directement menacĂ©e en temps de paix qu’elle a pu l’ĂȘtre dans le passĂ© par la guerre et par l’occupation Ă©trangĂšre ». Juvin rappelle une Ă©vidence que certains oublient : « Aucun pays ne s’affirme ennemi de la France. La France vit en paix depuis deux gĂ©nĂ©rations. Pourtant nombreux sont les Français qui ont le sentiment de vivre une invasion lente et de subir une nouvelle occupation ». Les unes de nos journaux nous le rappellent quotidiennement.

Alors certes, officiellement aucun pays n’a rĂ©cemment dĂ©clarĂ© la guerre au nĂŽtre. Toutefois, les faits sont lĂ  et l’auteur Ă©crit : « Pour la premiĂšre fois, depuis combien de dĂ©cennies, la sĂ©curitĂ© des Français en France et dans le monde n’est plus assurĂ©e. La premiĂšre des sĂ©curitĂ©s, celle de la vie, est menacĂ©e, moins par le terrorisme que par un effondrement des systĂšmes vivants et des services de la nature qui aurait semblĂ© inconcevable voici quelques dĂ©cennies. »

Pour quelles raisons les Français doivent-ils s’interroger sur leur situation et celle de leur pays ? Juvin rĂ©pond Ă  cette interrogation de la maniĂšre suivante : « La question est vitale. La France est la premiĂšre richesse de tous les Français. La France est leur premier bien commun, la premiĂšre garante de leur libertĂ©, et combien de ceux qui ne s’en doutent pas, qui ne le reconnaissent pas, lui doivent la vie ! ». Pour l’auteur, la repentance Ă©ternelle et l’autoflagellation n’entrent pas en ligne de compte. En rĂ©alitĂ©, il appelle Ă  une prise de conscience qui doit dĂ©boucher sur un sursaut collectif.

Juvin dĂ©voile sa thĂ©orie et exprime l’idĂ©e que notre civilisation vit un vĂ©ritable tournant : « Le moment politique est Ă©cologique. Parce que seuls l’État et la Nation peuvent affronter la crise des ressources vitales qui vient. Parce que la guerre contre les limites de la nature et de la vie est une guerre contre l’humanitĂ© elle-mĂȘme, ce siĂšcle sera celui de l’écologie politique, celui du pouvoir des sociĂ©tĂ©s sur leur Ă©conomie, ou bien il sera celui de la fin de l’aventure humaine. Rien moins que notre existence Ă  tous est en jeu ; et la rĂ©ponse ne sera, elle ne peut ĂȘtre que politique. »

Il poursuit son examen en expliquant que « l’union profonde des Français et des territoires de la France, c’est l’unitĂ© d’un combat pour la vie. Le combat pour la souverainetĂ© nationale, c’est le combat pour la diversitĂ© des sociĂ©tĂ©s humaines, des cultures et des civilisations, et c’est le combat pour la diversitĂ© des ĂȘtres vivants ! »

Il prĂ©cise Ă©galement qu’aimer la France et les Français ne signifie pas, comme certains esprits Ă©triquĂ©s le pĂ©rorent, dĂ©tester ceux qui ne nous ressemblent pas. À ce titre, Juvin tient un propos Ă©vident : « ce n’est pas un combat contre les autres, confondus dans une hostilitĂ© gĂ©nĂ©rale, c’est le combat pour que les autres demeurent ce qu’ils sont, comme nous, nous voulons demeurer français ! »

Il dĂ©veloppe son Ă©tude en rĂ©pĂ©tant une notion essentielle et de bon sens : « la diversitĂ© des sociĂ©tĂ©s, des valeurs, des lois, est la condition politique de l’humanitĂ© tout entiĂšre, et de la civilisation qui n’est pas, si elle n’est pas plurielle ». Effectivement, nous ne pouvons que lui donner raison. L’uniformisation de la pensĂ©e, de la musique, des modes, de l’architecture revient Ă  tuer la richesse et la diversitĂ© humaines. De fait, Juvin prĂ©cise que « jamais tous les hommes ne vivront comme un Californien ; et d’ailleurs, ils ne le dĂ©sireraient pas, s’ils ne se voyaient pas ordonner de le faire ». Ainsi, forcer les Africains Ă  vivre comme des EuropĂ©ens nous semble rĂ©ellement criminel.

Juvin tonne contre les individus qui se rĂ©clament de l’écologie, mais qui en oublient les principes essentiels : « Par quel dĂ©voiement, par quelle confusion mentale, ceux qui se disent Ă©cologistes peuvent-ils appeler Ă  l’ouverture des frontiĂšres, prĂŽner l’accueil sans mesure des migrants Ă©conomiques, quand l’écologie enseigne la sĂ©paration vitale des organismes et la protection de la diversité ? ».

Il continue de pousser son avantage de maniĂšre brillante : « La diversitĂ© sociale, politique, humaine qu’incarne la France serait-elle moins prĂ©cieuse que la diversitĂ© des grenouilles ou des papillons ? » Il n’est donc guĂšre Ă©tonnant de constater que « le hold-up rĂ©alisĂ© par la gauche de l’individu de droit, hors sol, dĂ©naturĂ©, sur l’écologie politique est l’un des paradoxes les plus Ă©tonnants de la vie politique française ».

Il prĂ©cise une idĂ©e majeure qui dĂ©montre la pertinence de son exposé : « seuls, ceux qui acceptent le lien entre un homme et un territoire, ce que beaucoup nomment enracinement ; seuls, ceux qui font l’éloge des frontiĂšres contrĂŽlĂ©es comme moyen de la diversitĂ© culturelle, politique et sociale ; seuls enfin, ceux qui voient la diversitĂ© des mƓurs, des lois, des croyances, comme le garant de la survie de l’humanitĂ© peuvent se rĂ©clamer de l’écologie humaine, la vraie, celle qui commande le salut de la France, celle qui crie “et que vive la France” devant tous les mondialistes niais et les promoteurs de l’uniformisation marchande ». Avis on ne peut plus clairvoyant auquel nous souscrivons sans rĂ©serve.

Au fil des pages, Juvin expose des opinions justes. Un autre extrait permet de pointer du doigt un des problĂšmes majeurs de notre sociĂ©tĂ©. Cependant que l’auteur nous permette d’écrire ce qui suit : il eut Ă©tĂ© prĂ©fĂ©rable dans le passage citĂ© de remplacer le terme France par RĂ©publique, afin de respecter la vĂ©ritĂ© historique. En effet, le caractĂšre intrinsĂšque de cette institution, plus que l’essence de la France, a permis cet Ă©tat de fait. Nous citons : « La France aura commis une erreur majeure depuis quarante ans. C’est d’avoir traitĂ© bien plus durement les Français, d’avoir condamnĂ© bien plus cruellement les Français qui dĂ©fendaient la France, et d’avoir puni plus sĂ©vĂšrement des policiers, des gendarmes, voire des soldats, chaque fois qu’ils utilisaient la force, que ceux qui envahissent des parties de son territoire et le plient Ă  leurs lois. Forte contre les siens, faible contre les occupants, les colons et les pillards nomades : voilĂ  l’erreur de la France anesthĂ©siĂ©e par la religion globalisĂ©e et sa fabrique d’esclaves. »

L’auteur succombe au rĂ©publicanisme – qui constitue pourtant un des maux de la France – quand il stipule : « Qu’est français qui reconnaĂźt que la loi de la RĂ©publique est la seule loi qui s’applique sur le territoire, et que cette loi unique est la condition de la libertĂ© de toutes et de tous. »

De mĂȘme, son laĂŻcisme se montre en totale contradiction avec notre longue histoire nationale qui commence, ne l’oublions pas, avec le baptĂȘme de Clovis : « ceux qui entendent qu’une loi religieuse a la primautĂ© sur la loi de la RĂ©publique, dans n’importe quel domaine se mettent hors de la RĂ©publique et de la France. C’est vrai de la charia, comme c’est vrai de tout autre code alimentaire, vestimentaire ou moral qui prĂ©tendrait rĂ©gir le comportement des Françaises et des Français par rĂ©fĂ©rence Ă  une loi religieuse et Ă  des interdits d’origine religieuse ou idĂ©ologique. »

À titre personnel, nous considĂ©rons que le DĂ©calogue et le Sermon sur la montagne sont supĂ©rieurs au Code civil et Ă  la loi des Hommes.

Dans le mĂȘme ordre de constat, Juvin pense que « chaque français est conscient de l’unitĂ© de civilisation qui unit les enfants de JĂ©rusalem, d’AthĂšnes, de Rome et Constantinople, de Brest Ă  Vladivostok. Cette unitĂ© dessine le cercle de la civilisation europĂ©enne autour du monde tempĂ©ré ».

Il nous paraĂźt difficile de parler de civilisation europĂ©enne, si les peuples citĂ©s ne sont pas europĂ©ens. De mĂȘme, les fondements de notre civilisation europĂ©enne sont grecs, latins et chrĂ©tiens, non asiatiques ou orientaux. Il nous importe de le rappeler.

Nonobstant certaines diffĂ©rences intellectuelles que nous avons relevĂ©es, nous approuvons Juvin quand il pense que la France a encore un message Ă  dĂ©livrer au monde. Il Ă©crit Ă  ce sujet : « maints peuples d’Afrique le disent Ă  leurs amis français : jamais ils n’ont Ă©tĂ© aussi en paix, jamais ils n’ont mieux vĂ©cu que quand les Français Ă©taient lĂ , que quand ils Ă©taient Français ! Je me souviens de ce maire d’une commune du grand Sud malgache qui me demandait : quand est-ce que les Français vont revenir ? Il n’était pas seul Ă  attendre la France : j’ai entendu la mĂȘme question Ă  Alep, Beyrouth, Ă  PondichĂ©ry, et mĂȘme Ă  Constantine et dans les AurĂšs ! ».

Que les choses soient claires, il n’est nullement question d’ingĂ©rence ou de retour Ă  la politique coloniale d’inspiration rĂ©publicaine dans l’esprit de Juvin. Cependant, la France doit occuper « la place qui est la sienne, et celle qu’elle devrait tenir. Aux avant-gardes. VoilĂ  le rĂŽle qui a Ă©tĂ© le sien, et le rĂŽle qu’elle doit tenir. Celle d’une Nation pionniĂšre. Ni par la puissance, ni par le nombre, mais par la libertĂ© au service de la justice, et par le respect de la souverainetĂ© des nations ».

À l’heure oĂč la confusion reste savamment entretenue par les europĂ©istes, il Ă©nonce une autre vĂ©ritĂ© lourde de sens : « L’Europe n’est pas une Nation. Elle ne le sera pas. Ceux qui ont donnĂ© leur vie pour leur patrie l’ont donnĂ©e pour l’Allemagne, pour la France, pour la Russie, pour l’Angleterre, pas pour l’Europe. Les rĂ©sistants se sont battus pour la France, pas pour l’Europe, encore moins une Europe allemande. S’ils avaient su ! ».

Nous connaissons les pĂ©rils qui nous assaillent chaque jour et ceux qui planent dĂ©jĂ  Ă  l’horizon. Quant Ă  ceux qui les ignorent, la lecture de cette Ɠuvre passionnante leur permettra de combler cette lacune.

En somme, l’ouvrage commis par Juvin permet de tirer non pas une conclusion mais deux importants prĂ©alables. Si les Français ne dĂ©fendent pas la France, qui le fera ? Si la France ne promeut pas la diversitĂ© des cultures, si elle n’incarne plus cette voie raisonnable et raisonnĂ©e dans le concert des Nations, qui le fera ? Il poursuit son analyse que nous validons : « l’influence de la France, la puissance de la France, ne sont plus l’affaire de quelques-uns, dans des palais, des officines ou des ambassades. C’est l’affaire de tous. Les Français ont Ă©tĂ© partout dans le monde : il n’y a pas de port, de brousse, de dĂ©sert, pas d’üle perdue ou de jungle profonde oĂč des Français n’aient pas explorĂ©, travaillĂ©, dĂ©frichĂ© et portĂ© la France. »

Soyons fiers de l’hĂ©ritage laissĂ© par nos ancĂȘtres. Le redressement de la France doit concerner l’ensemble des Français.

Il s’agit Ă  la fois d’un cri du cƓur et d’un cri d’alarme que Juvin nous transmet avec ce livre, vĂ©ritable dĂ©claration d’amour Ă  notre pays. Loin de se complaire dans le dĂ©faitisme et les constats lucides, il dĂ©fend des propositions intĂ©ressantes pour rĂ©pondre aux dĂ©fis d’aujourd’hui et d’aprĂšs-demain. De nombreux sujets sont abordĂ©s : diplomatie, Ă©conomie, Ă©cologie, relations extĂ©rieures, sĂ©curitĂ© nationale, monde agricole et de l’entreprise, etc. Le style se montre vif, percutant et agrĂ©able. Nous prenons un rĂ©el plaisir Ă  parcourir ces pages, qui tĂ©moignent de la hauteur de point de vue avec laquelle Juvin se place pour s’adonner Ă  cet exercice difficile de la proposition politique.

Nonobstant un rĂ©publicanisme et un libĂ©ralisme assumĂ©s, dont nous sommes trĂšs Ă©loignĂ©s, cet ouvrage mĂ©rite vraiment d’ĂȘtre lu car il rend un vibrant hommage Ă  la France et Ă  ceux qui l’ont faite. Ce manifeste politique offre un vent d’optimisme rafraĂźchissant dans la morositĂ© ambiante. Comme le dit l’auteur : « le temps du “je” s’achĂšve, le temps du “nous” commence. Le retour de l’histoire dĂ©termine le moment politique exceptionnel que va vivre la France. »

À nous Français de dessiner l’horizon de demain pour que « la France reste la France ».

La France, le moment politique par Hervé Juvin (Le Rocher).

La France, le moment politique par Hervé Juvin (Le Rocher).

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