La presse financiĂšre est devenue pire que la presse gĂ©nĂ©raliste, plus que jamais subventionnĂ©e, soumise aux ordres d’un systĂšme Ă©puisĂ©. Elle annonçait une belle annĂ©e boursiĂšre, et voilĂ  que nous en sommes Ă  20 % de pertes au bout d’un mois.

Ici ce qui complique la donne, c’est que les banques centrales ne peuvent plus baisser leur taux pour « relancer l’économie », la consommation, et surtout la rude spĂ©culation comme en 2001 (Ben Laden dĂ©clencha sans le vouloir le boom immobilier de cette triste dĂ©cennie) et en 2008. Si le filet est dĂ©jĂ  au niveau du sol, cela veut dire que sous le chapiteau il n’y a plus de spectacle ni de trapĂ©zistes (le mot trapĂšze dĂ©signe table et banque en grec ; ce sont ces tables de la loi que renverse le Christ).

Il ne fallait pas ĂȘtre grand clerc pour voir pourtant avec que tout allait mal depuis deux ans en Chine, en AmĂ©rique du Sud, en Asie et ailleurs. En Europe tout va toujours mal (sauf, dit-on, en Allemagne, et ce, bien sĂ»r, grĂące aux rĂ©fugiĂ©s) et en AmĂ©rique cela fait des annĂ©es que les chiffres du chĂŽmage sont truquĂ©s. Consultez les donnĂ©es fournies par John Williams (shadowstats.com), Paul Craig Roberts, Michael Snyder ou le site libertarien zerohedge.com, vraie rĂ©fĂ©rence du monde libre du web. L’économie US est un vrai mirage ; la chute des prix du pĂ©trole, voulue par leur Ă©lite hostile pour humilier l’Iran et la Russie, n’a rien arrangĂ© Ă  l’ouest. La bulle technologique (le fameux GAFAT) Ă©clate encore et les prix stratosphĂ©riques de l’immobilier new-yorkais baissent depuis un an.

L’effondrement du Dry Baltic Index montre qu’une dĂ©pression sĂ»re de son destin poursuit son cours ; la chute du pĂ©trole marque le dĂ©clin Ă©conomique mondial et les sanctions antirusses aussi ont accĂ©lĂ©rĂ© la dĂ©gringolade europĂ©enne (voyez les agriculteurs). On ne parlera pas de l’état affolant des banques allemandes – devenues sous Angela Merkel les plus malhonnĂȘtes de la planĂšte – ou des banques italiennes. Le fait de se bander les yeux n’empĂȘche pas la nuit de tomber ; ni nos impĂŽts locaux ou autres de monter. Et la pression fiscale est devenue aussi exorbitante en AmĂ©rique du Nord.

Que va-t-il donc nous arriver ? En 2008, nous avions pu voir les taux baisser de 6 Ă  1%, mais cette fois nous y sommes. Si nous baissons encore, on nous prendra directement notre argent sur nos comptes, comme le rappellent Simone Wapler ou Philippe BĂ©chade. En rĂ©alitĂ©, en mettant les taux Ă  zĂ©ro, on nous le vole dĂ©jĂ  pour sauvegarder nos États follement endettĂ©s. La crise terroriste de 2008 a entraĂźnĂ© une dĂ©pendance totale de ces États aux usuriers, et cette dette a scellĂ© une dĂ©pendance absolue au destin belliqueux d’un empire amĂ©ricain Ă  la dĂ©rive.

C’est ici que le bĂąt blesse vraiment ; et que nous sommes coincĂ©s entre le Charybde du vol de notre Ă©pargne et le Scylla de la guerre obligĂ©e contre la Russie, destinĂ©e comme celle de 1914 contre l’Allemagne ou de 1941 contre le Japon Ă  sauver le capitalisme anglo-saxon sous pression.

A propos de l'auteur

Nicolas Bonnal

Essayiste et chroniqueur politique, Nicolas Bonnal est l’auteur d’une quinzaine de livres sur la politique, l’identitĂ©, l’initiation et le cinĂ©ma
 Derniers livres parus aux Éditions Dualpha : Le paganisme au cinĂ©ma ; La chevalerie hyperborĂ©enne ; le Graal et Donald Trump, le candidat du chaos. Il est le correspondant d'EuroLibertĂ©s en Espagne.

Articles similaires