18 février 2017

« Réinterpréter » l’opéra

Par Thierry Bouzard

 

D’après Stéphane Lissner, « l’opéra doit se confronter aux grandes questions politiques et sociales ». Scène de prestige dédiée à la musique et au spectacle, l’opéra a vécu un temps en phase avec l’évolution de la société. En Belgique, une représentation de La Muette de Portici d’Auber sert de déclencheur à la révolution de 1830. En Italie, les opéras de Verdi portent le sentiment national en faveur de l’unité et le compositeur devient une figure emblématique du Risorgimento. Au XIXe siècle, le grand opéra français est le « format de référence de l’œuvre musicale signifiante », mais c’était aussi l’époque de la musique vivante, celle d’avant l’enregistrement et la radio, avant les musiques des masses.

Si depuis, la création existe encore à l’opéra, la musique de consommation l’a détrôné. Les compositeurs contemporains ne peuvent rivaliser avec les grandes œuvres du XIXe siècle. Pour se faire remarquer et puisqu’il est impossible de toucher à la musique et au texte, il reste les costumes et la mise en scène.

Ainsi sur la scène de l’Opéra national de Lyon, Romeo Castellucci, déjà remarqué pour le blasphématoire Golgota Picnic, s’en prend maintenant à Jeanne au bûcher de Claudel et Honneger, dénudant la sainte et la transformant en une « sorcière caracolant un balai entre les jambes ». Et encore L’Enlèvement au sérail revisité à Toulouse par le metteur en scène suisse Tom Ryser qui a « rééquilibré la partition ». Constance est devenue Selim, le Pacha et sa garde sont équipés de fusils d’assaut, trahissant délibérément l’œuvre de Mozart, ce dont le public ne semble pas se soucier.

L’Orchestre de la radio de Munich a donné un concert avec les œuvres les plus connues du monde des jeux vidéo, une forme d’expression artistique à part entière. Au Japon, des concerts lui sont réservés. Consécration d’un nouveau genre musical, certaines de ces compositions commencent à rivaliser avec les musiques de film. Des collections de CD sont proposées sur les sites de vente de musique en ligne.

Enregistrées pour la première fois en 2004, les éditions Divox proposent maintenant un coffret en 4 CD des œuvres complètes pour orgue de Claudio Merulo (1533-1604). Maître de chapelle de la cathédrale Saint-Marc à Venise, il compose à l’ouverture de la période baroque. Les compositions sont interprétées par Stefano Molardi sur l’orgue de l’église du Très-Saint-Corps du Christ de Valvasone (Italie), un des trois plus anciens et mieux conservés d’Italie (Divox, 2016, CDS-70308).

De cet éditeur autrichien, on peut aussi relever l’enregistrement de Mozart à Bologne avec le même organiste (Divox, CDX-70903) ; L’Eredita frescobaldiana qui suit l’influence de Frescobaldi dans les compositeurs du XVIIe siècle, Poglietti, Scherer, Kerll, Roberday, Muffat, Purcell ou Blow (Divox, CDX-79805).

La pianiste croate, Martina Filjak, a enregistré le Prélude et fugue en la mineur de Bach transcrit par Liszt et des compositions de Robert Schumann et Alexandre Scriabine (Solo Musica, 2016, SM 249).

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Philippe Randa,
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