par Michel Grimard, Président du ROUE.
La flamme, nĂ©e du Conseil franco-allemand de dĂ©fense et de sĂ©curitĂ© du 13 juillet 2017 enclenchant la CoopĂ©ration StructurĂ©e Permanente, semble vaciller. Pourtant, plus que jamais, la France et l’Allemagne doivent ĂȘtre conscientes de l’impĂ©rieuse nĂ©cessitĂ© de mettre en place une politique commune de dĂ©fense, qui sera incitatrice pour les autres membres de l’Union europĂ©enne.

Que sont devenues la volontĂ© et la dĂ©termination du PrĂ©sident Emmanuel Macron et de la ChanceliĂšre Angela Merkel, de voir Ă©merger une dĂ©fense europĂ©enne, sans laquelle l’Union demeure un leurre. Les Ă©tapes qui ont suivi juillet 2017 ne sont guĂšre probantes.

La relance du PrĂ©sident Macron en octobre 2017, la proposition de gouvernance prĂ©sentĂ©e en novembre de la mĂȘme annĂ©e, la rĂ©union des ministres de la dĂ©fense en format CSP en mars 2018, demeurent opaques. De nombreuses questions se posent sur la forme et l’avenir de la CoopĂ©ration StructurĂ©e Permanente. OĂč en sommes nous ?

Mais aussi, quelle cohĂ©rence dans les initiatives de dĂ©fense, en cours dans l’Union europĂ©enne ? Le Fonds EuropĂ©en de la DĂ©fense, rĂ©cemment mis en place, est sĂ»rement une base essentielle d’intĂ©gration du secteur de la dĂ©fense.

Dans sa note stratégique n° 4 du 15 janvier 2015, Michel Barnier avait déjà proposé cette création. Le financement et la synchronisation des dépenses consacrées à la défense sont évidemment positifs. Encore faut-il que le rÎle du Fonds Européen de la Défense soit clairement établi et notamment son imbrication dans la Coopération Structurée Permanente.

Toutes les actions, d’innovation, de recherche, de rationalisation, procĂ©dant du Fonds EuropĂ©en de DĂ©veloppement, du rĂšglement Ă©tablissant le programme europĂ©en de dĂ©veloppement industriel dans le secteur de la dĂ©fense ou de toute autre structure relevant de ce domaine, n’auront de sens, que si elles s’inscrivent dans la perspective d’une armĂ©e europĂ©enne.

Malheureusement, malgrĂ© l’attitude du PrĂ©sident Donald Trump, l’Union europĂ©enne reste accrochĂ©e Ă  l’OTAN et persiste Ă  dĂ©velopper des projets, soixante-quatorze propositions dans sept domaines diffĂ©rents. Autrement dit, l’Union favorise l’OTAN au dĂ©triment de la CoopĂ©ration StructurĂ©e Permanente.

La mutualisation de l’industrie militaire est nĂ©cessaire, mais insuffisante.

NĂ©cessaire, pour Ă©viter la dispersion des unitĂ©s de production et la multiplication des matĂ©riels. La concentration de l’industrie militaire permettra d’en rationaliser toutes ses composantes. Pour la rĂ©ussir il faut lever les obstacles qui la freinent, comme le juste retour industriel qui permet Ă  chaque pays de bĂ©nĂ©ficier d’une part de marchĂ© Ă©gale Ă  son apport financier.

C’est une entrave aux choix qui diminue l’efficacitĂ©, ce dont a pĂąti l’A400M. Cette disposition ne favorise pas la solidaritĂ© qu’exprime l’esprit collectif, moteur d’une vĂ©ritable dĂ©fense europĂ©enne. L’attitude de l’actuel gouvernement polonais, mais il n’est pas le seul, qui privilĂ©gie de façon scandaleuse l’achat de matĂ©riel amĂ©ricain au dĂ©triment de l’Europe, rend d’autant plus nĂ©cessaire, la mise en place d’une vĂ©ritable industrie militaire europĂ©enne. Si la CoopĂ©ration StructurĂ©e Permanente est le cadre privilĂ©giĂ© pour sa rĂ©alisation, elle doit s’ouvrir Ă  une seconde dimension, pour s’accomplir pleinement.

Insuffisante, car pour assurer son efficacitĂ© opĂ©rationnelle, elle doit revĂȘtir un cadre inclusif, qui implique un commandement unique, lequel doit Ă©chapper aux obligations des autres aspects directifs de l’Union europĂ©enne et disposer de la libertĂ© de dĂ©cision, donc d’engagement.

La rĂ©volution profonde, dont a parlĂ© Emmanuel Macron, doit dĂ©passer la transformation communautaire de l’industrie militaire. Or, pour l’instant, le PrĂ©sident et la ChanceliĂšre n’évoquent que ce volet industriel de la CoopĂ©ration StructurĂ©e Permanente. Il est question d’un nouvel avion de combat europĂ©en, de la fabrication de clones armĂ©s ou d’une nouvelle gĂ©nĂ©ration de chars d’assaut. MatĂ©riels, sur lesquels les deux dirigeants devront d’ailleurs s’accorder, pour dĂ©finir les prioritĂ©s et les choix.

Mais parallĂšlement, car c’est essentiel pour l’édification d’une rĂ©elle dĂ©fense europĂ©enne, il faut dĂ©velopper des structures de commandement intĂ©grĂ©es, sans lesquelles on demeure amorphe, incapable d’agir. Le temps presse, l’Europe doute de sa sĂ©curitĂ©.

La ChanceliĂšre Angela Merkel martĂšle qu’il ne faut pas s’en remettre aux États-Unis, pour assurer la dĂ©fense de l’Europe. Alors, passons aux actes. La place Ă©minente qu’occupe l’industrie militaire dans la construction europĂ©enne Ă©tant dĂ©sormais reconnue, donnons-lui les moyens d’atteindre la plĂ©nitude de sa finalitĂ©, une dĂ©fense europĂ©enne indĂ©pendante.

Nous le rĂ©itĂ©rons, sans gouvernance la dĂ©fense europĂ©enne demeure impuissante. La restructuration de l’industrie militaire est un maillon obligĂ©, mais partiel. Disposer d’une armĂ©e aussi puissante soit-elle, ne sert Ă  rien si la diversitĂ© de ceux qui l’administrent, la paralyse.

Elle doit pouvoir rĂ©pondre Ă  l’exigence d’une action vitale. ComposĂ© de l’Agence EuropĂ©enne de DĂ©fense (AED), du Service EuropĂ©en d’Action ExtĂ©rieure (SEAE) et de l’État-Major de l’Union EuropĂ©enne (EMUE), le SecrĂ©tariat de la CoopĂ©ration StructurĂ©e Permanente (CSP), est inappropriĂ©, il la dessert.

Ces organisations peuvent ĂȘtre des relais de la stratĂ©gie de dĂ©fense et de sĂ©curitĂ© de l’Union europĂ©enne, Ă  laquelle participe la CSP, mais nullement des organes de son exĂ©cutif. Elle doit disposer de son propre État-Major, placĂ© sous une seule autoritĂ© politique, rĂ©sultant de ses membres. Sans nier les difficultĂ©s inhĂ©rentes Ă  cette concrĂ©tisation, elle est nĂ©anmoins fondamentale. Une authentique Europe de la dĂ©fense est indissociable d’une armĂ©e europĂ©enne souveraine.

Quelle idĂ©e saugrenue, de prĂ©tendre que l’OTAN renforce la capacitĂ© militaire de l’Europe, alors que cette organisation Ă©chappe Ă  sa tutelle. C’est pour Ă©viter d’ĂȘtre embarquĂ© dans des aventures, contraires Ă  l’intĂ©rĂȘt de la France et de l’Europe, mais favorables Ă  ceux des États-Unis, que Charles de Gaulle s’était retirĂ© du commandement militaire intĂ©grĂ© de l’OTAN.

Le temps prĂ©sent lui donne encore raison. Cessons ces formules sans consistance, de responsabilitĂ© commune se renforçant mutuellement. Elles masquent surtout l’incapacitĂ© de l’Europe Ă  assumer ses obligations en matiĂšre de dĂ©fense.

L’armĂ©e europĂ©enne qui Ă©manera de la CoopĂ©ration StructurĂ©e Permanente devra se substituer Ă  l’OTAN, prĂ©tendue complĂ©mentaire. Comment construire une Europe indĂ©pendante, sur une base qui ignorerait sa dĂ©fense. Il lui faut une armĂ©e pour exister. Mais prenons garde Ă  ne pas exaspĂ©rer ceux qui militent pour l’indĂ©pendance de l’Europe et qui ne supportent plus sa veulerie face Ă  l’OTAN, instrument dominateur des États-Unis. Ils pourraient ĂȘtre sensibles Ă  des indĂ©pendances plus restreintes, bien que sans avenir.

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