(Propos recueillis par Fabrice Dutilleul).

Gilles Cosson, vous avez Ă©crit un roman Cinq Femmes oĂč la beautĂ© tient une place importante. Pouvez-vous prĂ©ciser ?

Dans le mĂȘme temps oĂč mon hĂ©ros collectionne au dĂ©but de sa vie les conquĂȘtes faciles, il ressent par-delĂ  le sexe l’appel ultime de la beautĂ© pure, qu’elle soit la naturelle, la montagne avec ses risques, ou la dĂ©licatesse fĂ©minine. Ainsi admire-t-il dans sa belle-sƓur, une toute jeune fille avec qui il a une aventure coupable, la grĂące des mouvements, la douceur des gestes, la perfection fugitive de l’ĂȘtre. Et plus tard, lorsqu’il aura payĂ© ses contradictions par quelques drames, il cherchera auprĂšs des femmes conseils et intelligence, car c’est au travers de leur qualitĂ© de comprĂ©hension qu’il rĂ©ussira Ă  dominer au moins en partie, les conflits qui le traversent.

Vous dites rendre hommage aux femmes en général. Pourquoi ?

Il me semble que les femmes ont gardĂ© la conscience de ce qui est fondamental. Ayant reçu la charge de former de leur chair et de leur sang toute l’humanitĂ©, elles savent faire la diffĂ©rence entre rĂ©alitĂ© et apparence. Le lien entre les deux natures de l’homme, matĂ©rielle et spirituelle, ne leur pose pas de problĂšme et l’affection qu’elles donnent est en gĂ©nĂ©ral beaucoup plus profonde que celles donnĂ©e par les hommes. De plus, en matiĂšre intellectuelle, elles savent Ă©couter, ce qui n’est pas en gĂ©nĂ©ral une qualitĂ© masculine. Leurs dĂ©cisions sont ainsi plus rĂ©flĂ©chies et souvent mieux acceptĂ©es.

Y a-t-il une typologie des cinq femmes qui ont marqué la vie de votre héros ?

Sans que j’aie voulu faire preuve d’esprit de systĂšme, l’on peut en effet retrouver dans ces cinq femmes beaucoup de notre Ă©poque. Si le premier amour reste pour tout homme, comme le disait Rilke et quel que soit le moment, la première occasion d’être seul au plus profond de soi-même, le personnage de l’épouse, une brillante avocate, personnifie bien la femme d’aujourd’hui, avec sa volontĂ© de prendre place pleinement dans la sociĂ©tĂ© au prix de cette vie Ă©puisante et multiple que je ne cesse d’admirer. Puis vient la jeune fille amoureuse devant laquelle je m’incline, car l’absolu don de soi possĂšde un caractĂšre bouleversant, faisant d’elle l’hĂ©roĂŻne d’une dramaturgie fondamentale. Lorsque s’annonce l’ñge, apparaissent les « compagnes » au sens plein, une bibliothĂ©caire d’abord qui voue aux forces de l’esprit le meilleur de son ĂȘtre, enfin, alors que se profile le dĂ©clin, la reprĂ©sentante de la sagesse humaine en la personne d’une aristocrate de trĂšs vieille souche qui voit la vie avec le recul des siĂšcles. C’est Ă  elle qu’il appartiendra d’indiquer au hĂ©ros la voie du renoncement aux gloires de ce monde.

Que pensez-vous des campagnes du style « me too » ?

Je pense qu’il est essentiel de sĂ©parer les actes graves (tentative de viol en tĂȘte, ou abus d’autoritĂ©) de la sĂ©duction Ă  la française faite de lĂ©gĂšretĂ© et d’humour, sĂ©duction passant par une approche distanciĂ©e contre laquelle les femmes savent d’ailleurs trĂšs bien se dĂ©fendre. Le puritanisme anglo-saxon qui veut tout contrĂŽler et refuse la galanterie n’a rien Ă  faire dans notre pays. Ce n’est pas un hasard si les campagnes en question sont plutĂŽt un Ă©chec auprĂšs des Français
 et des Françaises.

Quel est le but de votre roman ?

Il me semble que si but il y a, c’est d’ĂȘtre ce que j’ai appelĂ© un « rappel Ă  l’essentiel ». Que, par-delĂ  les vicissitudes du quotidien, par-delĂ  les tentations du sexe et de l’orgueil qui guettent tout homme, seuls survivent en dĂ©finitive l’amour et le don de soi. C’est ce que dĂ©couvre le hĂ©ros sur son lit de souffrance et si l’amour qu’il reçoit in fine est celui de sa fille, c’est Ă  sa belle-sƓur qui lui a tout donnĂ© que va son hommage final.

 

Cinq femmes, Gilles Cosson (Éditions Pierre-Guillaume de Roux) .

Cinq femmes, Gilles Cosson (Éditions Pierre-Guillaume de Roux) .

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