En 1964, les Éditions de la Table Ronde publient Le testament d’un EuropĂ©en(1). Le titre de cette formidable fresque historique europĂ©enne revient Ă  l’éditeur. En effet, l’auteur, Jean de Brem, avait Ă©tĂ© assassinĂ© par des flics, quelques mois plutĂŽt, le 18 avril 1963 dans le Ve arrondissement prĂšs du PanthĂ©on et de la Montagne Sainte-GeneviĂšve.

Le lieu de la mort de Jean Nicolas Marcetteau de Brem, nĂ© le 2 aoĂ»t 1935, est un tragique clin d’Ɠil pour ce dĂ©fenseur de la civilisation chrĂ©tienne europĂ©enne. Sous-lieutenant parachutiste, il combat en AlgĂ©rie et, sous les ordres du colonel ChĂąteau-Jobert, futur doctrinaire « contrerĂ©volutionnaire », participe Ă  l’intervention de Suez en novembre 1956.

DĂ©mobilisĂ©, le cousin du futur ministre gaulliste Olivier Guichard continue la lutte à Paris Match, à Combat et dans la revue L’Esprit public, bientĂŽt considĂ©rĂ©e comme la tribune quasi-officielle de l’OAS dont Brem est par ailleurs un membre actif. PoĂšte, il adapte en français le chant militaire allemand J’avais un camarade qu’il nomme La Cavalcade. Mais son grand Ɠuvre demeure Le testament d’un EuropĂ©en.

Cette Ă©popĂ©e en deux volumes se compose de cinq parties, de « L’AntiquitĂ©. L’exemple des grands anciens » au « Grand sĂ©isme. Les quatre rĂ©volutions » en passant par « Le classicisme. L’Europe des cousins », « La Renaissance. Le temps des capitaines » et « Le Moyen Âge. Le temps de la foi ». L’auteur ne cache pas ses convictions chrĂ©tiennes, Ă  la fois viriles et ƓcumĂ©niques puisqu’il prend en compte l’Orthodoxie, spiritualitĂ© grĂ©co-byzantine de l’« Europe d’Orient », et le protestantisme, croyance germano-nordique de l’« Europe septentrionale ».

Il inclut dans la longue durĂ©e historique les paganismes antiques aux diffĂ©rentes phases temporelles et gĂ©ographiques du christianisme. Guelfe d’Empire – il salue l’ouverture du concile Vatican II -, il se montre sĂ©vĂšre Ă  l’égard de FrĂ©dĂ©ric II de Hohenstaufen et n’hĂ©site pas Ă  parler de « Jeune Europe », d’« Europe nation », de « Grand Empire » romain qu’il qualifie d’« État-nation de la “ Mare Nostrum ”, premier gouvernement mondial (p. 118) ». Il cĂ©lĂšbre bien sĂ»r Charlemagne, le Grand Duc d’Occident Charles le TĂ©mĂ©raire, Charles Quint, Philippe II de Habsbourg et mĂȘme Louis XIV, maĂźtre de facto entre 1700 et 1713 d’un empire mondial franco-espagnol. Jean de Brem ne s’attarde pas sur NapolĂ©on Bonaparte ; on peut supposer qu’il avait l’intention de dĂ©velopper cette derniĂšre tentative de bĂątir une Europe unie française


Des cinq parties, la derniĂšre est la plus courte et la moins aboutie. Il faut prĂ©ciser que Jean de Brem fut tuĂ© en pleine correction du premier jeu d’épreuves. Il prĂ©voyait en outre un troisiĂšme volume dans lequel il eĂ»t exposĂ© sa vision europĂ©enne. Avait-il des notes ? Ses proches ont-ils conservĂ© ses brouillons ? Par cet ouvrage, il voulait « exalter les martyrs et les grands capitaines qui ont installĂ© sur le monde la domination de l’Europe [
 et] dĂ©noncer les apprentis sorciers qui ont provoquĂ© le recul de l’Occident et prĂ©parent maintenant son Ă©crasement total » (p. 12) .

Anti-communiste virulent, Jean de Brem approuve le projet d’Eurafrique et soutient toutes les luttes coloniales de l’Occident europĂ©en. « L’Afrique, source d’énergies futures, continent Ă  la mesure de la politique planĂ©taire, peut et doit devenir le thĂ©Ăątre de la Renaissance europĂ©enne, au profit des Africains comme des Blancs. [
] La confĂ©dĂ©ration eurafricaine est la plus grande force de dissuasion que nous puissions Ă©difier » (p. 15).

Brem estime que « l’Europe, pour ĂȘtre plus forte, doit premiĂšrement s’unifier. Ensuite elle doit s’allier Ă©troitement au « moindre mal » amĂ©ricain. Ce qui manque aux États-Unis, ce colosse cybernĂ©tique sans Ăąme, l’Europe l’a depuis plusieurs millĂ©naires : des raisons de se battre, un idĂ©al Ă  dĂ©fendre ! » (p. 13).

Écrit dans un style Ă©pique qui donne un indĂ©niable souffle historique Ă  ce panorama – hĂ©las inachevĂ© ! – de la geste europĂ©enne, Le testament d’un EuropĂ©en a paradoxalement influencĂ© Dominique Venner et Jean Mabire au moment d’Europe-Action. Nonobstant son arriĂšre-plan catholique, le plaidoyer de Jean de Brem en faveur de la nation europĂ©enne emporte l’adhĂ©sion.

Le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, souhaite vĂ©rifier la qualitĂ© des manuels de l’enseignement primaire. Quand des Ă©diteurs oseront-ils concevoir des manuels destinĂ©s aux collĂ©giens et aux lycĂ©ens ouvertement inspirĂ©s du Testament d’un EuropĂ©en ?

Le testament d’un EuropĂ©en, Jean de Brem, Éd. DĂ©terna.

Le testament d’un EuropĂ©en, Jean de Brem, Éd. DĂ©terna.

Note

(1) RĂ©Ă©dité en 2001 par les Ă©ditions DĂ©terna ; il peut ĂȘtre commandĂ© à Francephi : https://francephi.com/livre/le-testament-dun-europeen.

Article paru sur le site Europe Maxima.

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