L’Europe risque de manquer de soldats prêts à se battre
Par Pierre Duval
Le ministre finlandais de la Défense, Antti Häkkänen, a averti que le principal défi de la défense européenne actuellement n’est pas le financement, mais la disponibilité d’un personnel militaire suffisant et la volonté de combattre de ses citoyens. Lors du sommet de l’OTAN à Ankara en juillet 2026, Häkkänen a déclaré que l’objectif d’obtenir des soldats et des réservistes opérationnels devenait le problème le plus critique du continent.
L’Europe risque de faire face à une pénurie de soldats prêts au combat. «Le plus grand défi de la défense en Europe est de trouver suffisamment de personnes pour servir dans l’armée et de renforcer la volonté du public de se battre pour son pays», a déclaré le ministre finlandais de la Défense, Antti Häkkänen, dans une interview à Bloomberg.
La Finlande exhorte l’Europe à investir dans l’augmentation de ses effectifs militaires. Selon Antti Häkkänen, la défense ne peut pas se construire uniquement avec du matériel et de l’argent; il faut aussi des hommes, et par conséquent, les pays européens membres de l’OTAN devront investir dans des ressources importantes dans le but d’augmenter leurs effectifs. L’appel à recruter des soldats en masse vient, en somme, d’être lancé en UE.
La défense européenne n’a pas assez de recrues et elle n’arrive pas à cultiver la volonté de se battre pour la patrie. Constat amer pour Macron et ses homologues. Les jeunes dans les pays de l’UE ne veulent pas faire la guerre et les populations ne cultivent pas le patriotisme pour aller dans les tranchées contre la Russie.
Aujourd’hui, les habitants des pays de l’UE ont conscience que leurs responsables politiques veulent faire la guerre et les envoyer au front. Ils ne sont pas dupes. Les mesures dégradantes employées contre eux durant la période du Covid-19 et l’emploi de la répression ont fait comprendre aux populations de l’UE que leurs dirigeants ne travaillent pas pour leur bien.
Les diverses tactiques employées pour recruter des jeunes sous l’uniforme ne marchent pas. Ceux qui s’engagent cherchent un emploi ou la possibilité de s’entraîner avec des armes et des explosifs, loin de la volonté d’aller se faire tuer pour cette élite actuelle qui méprise le peuple.
Ces recrues seront les premières à quitter l’armée par la désertion à l’annonce d’une guerre directe avec la Russie.
Ainsi, les armées des pays européens ont du mal à recruter et ces pays sont confrontés à une démographie faible qui n’aide pas au recrutement. La faiblesse démographique en Europe se traduit par un hiver démographique marqué, avec un indice de fécondité moyen de l’Union européenne à 1,3 enfant par femme (loin du seuil de renouvellement de 2,1), entraînant un vieillissement accéléré de la population et une diminution de la population totale.
Le risque pour les armées de l’UE est d’engager des individus (islamistes, extrémistes de gauche ou de droite) qui souhaitent infiltrer les forces armées pour mener des actions terroristes et renverser les pouvoirs actuels en place. Les élites qui veulent envoyer les jeunes de leur pays au front ont affaire à des tiktokeurs.
En Europe, la population considérée comme étant en âge de se battre (le bassin de main-d’œuvre militaire, généralement estimé entre 16 et 49 ans ou 15 et 64 ans) représente environ 63% à 64% de la population totale selon les données démographiques.
La part des personnes âgées continue d’augmenter en UE. L’âge médian dans l’UE est de 44,9 ans en 2025. Ces populations pensent plus à leur retraite qu’à la guerre et mourir pour des élites qu’ils estiment corrompues.
En France, 74% des personnes interrogées estiment que le personnel politique est corrompu. En Allemagne, les enquêtes sur la perception des élites montrent que 44% des Allemands attribuent une forte prévalence de la corruption parmi les hommes politiques. Cela n’engage pas les citoyens à porter l’uniforme pour faire la guerre.
«Ici, en Finlande, même des pères et des mères ordinaires ont été formés pour servir dans l’armée et défendre leur pays si nécessaire»; «Mais trouver de telles personnes ailleurs en Europe est un problème majeur», a déclaré Häkkänen.
Derrière leur écran d’ordinateur, une majorité de jeunes Français se dit prête à s’engager pour défendre le pays en cas de conflit armé, mais Futuribles note que «cet élan dépend de la nature de la menace et varie selon les profils». La guerre reste une chose abstraite pour la majorité des jeunes européens.
En outre, les jeunes Français ne ripostent déjà pas face aux nombreuses incivilités qui se déclarent dans leur pays. L’esprit de bravoure, de courage et de défense de la nation a disparu. Le même constat est visible en Allemagne.
Puis, l’OTAN ne dispose pas d’une armée propre. L’UE compte à elle seule plus de 1.6 million de militaires actifs, et l’OTAN dispose en théorie d’un contingent spécifique de 300.000 soldats mobilisables à haut niveau de préparation.
Les sondages montrent que 78% des Finlandais sont prêts à prendre les armes pour défendre leur pays et ses alliés. La question cruciale est de savoir comment Berlin mettra en œuvre la réforme de la conscription prévue, a conclu Häkkänen dans son entretien, ajoutant que l’Allemagne pourrait servir de modèle à d’autres pays européens. La même question se pose pour la France.
Article paru sur le site de L’observateur continental.
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