23 décembre 2019

Ordre nouveau : Mémoire vagabonde

Par Richard Dessens

Il est plus de 22 heures ce soir de septembre 1970 où quelques jeunes gens trimbalent des brouettes pleines de gravats dans la rue des Lombards à Paris. L’un d’eux, encore lycéen, a rejoint depuis peu ce nouveau mouvement « Ordre Nouveau » après être passé fugitivement à l’Action Française rebaptisée et par « Le Contrepoison » de Roger Holeindre. Roger Holeindre qui détestait le surnom dont on l’avait affublé, mais dont le restaurant fut un point de ralliement apprécié de beaucoup de ces jeunes gens.

Ce jeune homme allait être le responsable de l’éphémère ULP (Union des Lycéens Parisiens, future Union des Lycéens Nationalistes), militant dans le nord de Paris puis membre du GUD à la faculté de droit de la rue d’Assas. De toutes les manifestations, des élections à Pigalle, à tous les coups au quartier Latin et à la faculté de droit de Saint-Maur, fac très dynamique sous la houlette de son responsable atypique, à Créteil et autres points chauds si nombreux dans le Paris du début des années 70, il a vécu quatre années denses et souvent hasardeuses face aux armées de « casques blancs » gauchistes de cette époque.

« Dispensé » de militantisme pendant la courte présidence en mal de respectabilité de Jean-François Galvaire, c’est au GUD qu’il poursuivit ses activités : « Brejnev la peste à la porte ! » ; « Aujourd’hui l’anarchie, demain l’Ordre nouveau », slogans scandés régulièrement et affrontements contre les Gauchistes au son du chant des Lansquenets, suivi des « Cause du peuple cause des traîtres, fusillez Jean-Paul Sartre » ou « Bolchos, salauds, on vous fera la peau ! »

Ce à quoi répondaient des « Ordre nouveau, ordure nazie » entre autres. Période aujourd’hui inimaginable qui comportait aussi de nombreux moments de camaraderie ou des week-ends de « remise en forme » à la campagne…

Au Palais des Sports, Ordre Nouveau proclamait « 10 000 Parisiens au Palais des Sports » en mars 1971. Moment d’intense fébrilité pour le jeune homme membre du service d’ordre dans un Palais des Sports encerclé par des milliers de hordes gauchistes. Quelle soirée !

Puis la Mutualité en juin 1973 pour un meeting qui fut explosif, proclamant « Halte à l’immigration sauvage » et qui servit de prétexte à la dissolution d’Ordre Nouveau, mais aussi de la Ligue communiste révolutionnaire.

Combien d’histoires du quotidien pourraient être rapportées durant ces quatre années !

Et tant d’autres souvenirs encore, liés à une date et à une période de la vie avec des noms connus et d’autres moins connus d’hommes et de femmes qu’il convient – pour ces derniers – de respecter dans leur anonymat, mais qui furent des rencontres, des camaraderies, des amitiés de toutes sortes et de toutes origines, souvent passionnantes, dont certaines eurent des fins tragiques.

Cette année 1969 ne fut pas que l’année érotique de Serge Gainsbourg, même si cet attrait ne doit pas être négligé… Elle fut aussi un nouveau point de départ politique de l’« après-mai 68 » qui clôturait les derniers relents douloureux de la Guerre d’Algérie.

Jeune Nation ou Occident étaient encore les « enfants » de l’Algérie française. Ordre Nouveau ouvrait une nouvelle ère, avec des jeunes qui n’avaient pas vécu en tant qu’adultes la guerre d’Algérie, même s’il rassemblait aussi des « anciens » de cette période très récente encore.

Elle fut enfin, pour la jeunesse de cette époque, le début d’une période d’une dizaine d’années, à la fois de libération des mœurs et de plein-emploi, dans un monde encore hospitalier finissant.

Cette génération d’après-guerre fut peut-être la plus heureuse et la plus gâtée, profitant des derniers moments d’expansion et de bien vivre sans avoir connu les difficultés de l’immédiat après-guerre jusqu’à la guerre d’Algérie.

Trait d’union entre deux époques également puisqu’il va être à l’origine de la création du Front National à laquelle participa aussi – du bout de ses convictions – le jeune homme devenu endurci par les années de luttes estudiantines notamment.

Jeune homme aujourd’hui vieillissant qui découvre avec stupéfaction –mais sans surprise – le mépris agressif que Jean-Marie Le Pen étale dans le second tome de ses Mémoires, pour Ordre Nouveau et ses « voyous à barre de fer » qu’il dépeint avec dédain.

1969 est une année qui ouvrit une tranche de vie, assez courte d’ailleurs, pour des courants de pensées divers qui se cherchaient sans jamais vraiment pouvoir s’unir. En 2019, cinquante ans après, un autre monde est né et les fondamentaux de la pensée politique révolutionnaire ont considérablement évolué face à des enjeux nouveaux et dans un contexte où les partis « traditionnels » n’ont plus leur place.

Bon anniversaire à tous ceux de 1969.

Pour en savoir plus sur le mouvement Ordre nouveau, deux livres incontournables :

Ordre nouveau d’Alain Renault (Présente), éditions Déterna, 460 pages, 35 €. Pour commander ce livre, cliquez ici.

Ordre Nouveau (Éditions Déterna)

Ordre Nouveau (Éditions Déterna)

Ordre Nouveau raconté par ses militants d’André Chanclu et Jacques Mayadoux, éditions Synthèse nationale, 280 pages, 25 €. Pour commander ce livre, cliquez ici.

Ordre Nouveau raconté par ses militants d’André Chanclu et Jacques Mayadoux, éditions Synthèse nationale.

Ordre Nouveau raconté par ses militants d’André Chanclu et Jacques Mayadoux, éditions Synthèse nationale.

 EuroLibertés : toujours mieux vous ré-informer … GRÂCE À VOUS !

Ne financez pas le système ! Financez EuroLibertés !

EuroLibertés ré-informe parce qu’EuroLibertés est un média qui ne dépend ni du Système, ni des banques, ni des lobbies et qui est dégagé de tout politiquement correct.

Fort d’une audience grandissante avec 60 000 visiteurs uniques par mois, EuroLibertés est un acteur incontournable de dissection des politiques européennes menées dans les États européens membres ou non de l’Union européenne.

Ne bénéficiant d’aucune subvention, à la différence des médias du système, et intégralement animé par des bénévoles, EuroLibertés a néanmoins un coût qui englobe les frais de création et d’administration du site, les mailings de promotion et enfin les déplacements indispensables pour la réalisation d’interviews.

EuroLibertés est un organe de presse d’intérêt général. Chaque don ouvre droit à une déduction fiscale à hauteur de 66 %. À titre d’exemple, un don de 100 euros offre une déduction fiscale de 66 euros. Ainsi, votre don ne vous coûte en réalité que 34 euros.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertés.

Quatre solutions pour nous soutenir :

1 : Faire un don par virement bancaire

Titulaire du compte (Account Owner) : EURO LIBERTES
Domiciliation : CIC FOUESNANT
IBAN (International Bank Account Number) :
FR76 3004 7140 6700 0202 0390 185
BIC (Bank Identifier Code) : CMCIFRPP

2 : Faire un don par paypal (paiement sécurisé SSL)

Sur le site EuroLibertés (www.eurolibertes.com), en cliquant, vous serez alors redirigé vers le site de paiement en ligne PayPal. Transaction 100 % sécurisée.
 

3 : Faire un don par chèque bancaire à l’ordre d’EuroLibertés

à retourner à : EuroLibertés
BP 400 35 – 94271 Le Kremlin-Bicêtre cedex – France

4 : Faire un don par carte bancaire

Pour cela, téléphonez à Marie-France Marceau au 06 77 60 24  99