En cet anniversaire du rĂ©fĂ©rendum de 1980 sur la souverainetĂ©, les indĂ©pendantistes devraient remettre en question l’obsession rĂ©fĂ©rendaire.

Il y a quarante ans aujourd’hui, le 20 mai 1980, le QuĂ©bec se prononçait pour la premiĂšre fois par voie rĂ©fĂ©rendaire sur la possibilitĂ© de dĂ©clarer l’indĂ©pendance ou du moins de nĂ©gocier la « SouverainetĂ©-Association », qui aurait fait du QuĂ©bec un pays, mais en conservant des liens « privilĂ©giĂ©s » avec le Canada.

referendum 1980 souverainete Quebec

Le rĂ©fĂ©rendum organisĂ© par RenĂ© LĂ©vesque, figure emblĂ©matique du Parti quĂ©bĂ©cois, fut perdu par une marge significative, plus de 59 % refusant de s’engager dans cette voie. Le QuĂ©bec, encore mentalement colonisĂ© n’était pas prĂȘt.

Mais, il y avait aussi cette ouverture de façade affichĂ©e par les fĂ©dĂ©ralistes. Six jours auparavant, Pierre Eliot Trudeau avait lĂąchĂ© une promesse sans lendemain : « Si la rĂ©ponse Ă  la question rĂ©fĂ©rendaire est non, nous avons tous dit que ce non sera interprĂ©tĂ© comme un mandat pour changer la Constitution, pour renouveler le fĂ©dĂ©ralisme… nous voulons du changement, nous mettons nos siĂšges en jeu pour avoir du changement ! ».

Nous attendons toujours


Pour en revenir au 20 mai 1980 comme tel, beaucoup d’analystes ont ergotĂ© sur les causes de cette dĂ©faite, mais peu ont mentionnĂ© que c’était lĂ  le dĂ©but d’une approche rĂ©fĂ©rendaire dont ne se sortirait jamais le Parti quĂ©bĂ©cois, principal parti souverainiste au QuĂ©bec. Sans rĂ©fĂ©rendum, point de salut. Pour ĂȘtre lĂ©gitime, les souverainistes firent d’une victoire rĂ©fĂ©rendaire la condition sine qua non du projet indĂ©pendantiste.

Cela tranchait avec la vision d’un Daniel Johnson qui avait fait campagne dans les annĂ©es 60 sur le thĂšme « ÉgalitĂ© ou indĂ©pendance ». Soit Ottawa reconnaissait les Canadiens français comme peuple Ă©gal, cofondateur du Canada, soit le QuĂ©bec s’engageait unilatĂ©ralement sur la voie de l’indĂ©pendance. La mort mystĂ©rieuse du premier ministre Johnson mit fin Ă  cette approche.

Depuis 1980, il est impossible de penser la souverainetĂ© en dehors du cadre du rĂ©fĂ©rendum. En 1995, ce fut un second Ă©chec, un Ă©chec crĂšve-cƓur causĂ© par ce que les bonnes Ăąmes appellent des « irrĂ©gularitĂ©s », qui s’apparentaient davantage Ă  des fraudes Ă©lectorales. Cette dĂ©faite donna un sĂ©vĂšre coup au mouvement indĂ©pendantiste qui ne s’en est toujours pas remis.

En 2020, alors que l’on cĂ©lĂšbre le 40e du rĂ©fĂ©rendum de 1980 et le 25e de celui de 1995, les souverainistes devraient commencer Ă  se questionner sur des façons alternatives de rĂ©aliser leur rĂȘve. La Nouvelle-France ne fut pas intĂ©grĂ©e Ă  l’empire britannique par voie rĂ©fĂ©rendaire, pourquoi faudrait-il nĂ©cessairement employer ce moyen pour s’en sortir ?

Le rĂ©fĂ©rendum est devenu une obsession qui empĂȘche les souverainistes de rĂ©flĂ©chir Ă  d’autres avenues, ce qui est navrant, car rien ne dit que le gouvernement fĂ©dĂ©ral reconnaĂźtra le rĂ©sultat, comme Jean ChrĂ©tien l’avait laissĂ© sous-entendre. Un gouvernement indĂ©pendantiste doit appliquer son programme et, pour que celui-ci soit rĂ©ellement indĂ©pendantiste, il ne doit pas se contenter de promettre la tenue d’un rĂ©fĂ©rendum sur la souverainetĂ©, mais bien de la rĂ©aliser. Alors Ă©lu, il aurait toute la lĂ©gitimitĂ© de tout mettre en action pour que le QuĂ©bec sorte de la ConfĂ©dĂ©ration canadienne.

Il y a aussi l’autre possibilité : doit-on nĂ©cessairement avoir un gouvernement du Parti quĂ©bĂ©cois pour parvenir Ă  l’indĂ©pendance? Peut-on imaginer que si la population quĂ©bĂ©coise s’affirmait sans ambiguĂŻtĂ© en faveur de la souverainetĂ© ou que si les frictions entre Ottawa et QuĂ©bec se multipliaient, peut-ĂȘtre la flamme bleue qui brĂ»lait jadis dans le cƓur de Legault se raviverait


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A propos de l'auteur

RĂ©mi Tremblay

RĂ©mi Tremblay, Ă©diteur du Harfang, porte-parole de la FĂ©dĂ©ration des QuĂ©bĂ©cois de souche, collaborateur Ă  plusieurs journaux (PrĂ©sent, Livr’Arbitres, Council of Euro-Canadians et Alternative Right) ; il a dĂ©jĂ  publiĂ© le livre "Les Acadiens : du Grand DĂ©rangement au Grand Remplacement" et "Le Canada français, de Jacques Cartier au gĂ©nocide tranquille" (avec Jean-Claude Rolinat) aux Ă©ditions Dualpha. Il est le correspondant d'EuroLibertĂ©s au Canada.

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