25 mars 2020

Quand la littérature européenne nous montre la voie

Par Euro Libertes

par Benoît Busonier.

Une civilisation qui a deux millénaires et demi d’existence est une civilisation qui a tout connu. « J’appelle Europe toute terre qui a été romanisée, christianisée, et soumise à l’esprit de discipline des Grecs », nous dit Paul Valéry. Ce qui laisse un champ de lieux et d’époques monumental. Seules certaines civilisations d’Extrême-Orient peuvent prétendre rivaliser culturellement.

Le premier récit marquant décrivant une grande épidémie date environ de 430 avant Jésus-Christ. C’est un Grec nommé Thucydide qui la relate, dans le livre II de son recueil Histoire de la guerre du Péloponnèse. Ce livre est considéré comme l’un des premiers à être un véritable ouvrage d’histoire. La peste qu’il décrit est un épisode violent, voire traumatisant, pour la Grèce. Cette épidémie épouvantable a emporté plusieurs cités, et un tiers de la population d’Athènes. L’immense Périclès lui-même, qui a reconstruit Athènes après les guerres médiques, a été tué par ce qui était probablement un typhus.

Ce que nous apprend ce livre, c’est qu’avec le nombre de morts croissant, la cité s’est abîmée dans un désordre moral et civique croissant. « Ni la crainte des dieux ni la crainte des hommes ne les arrêtaient », écrit-il au sujet de ses contemporains. En l’espèce, Athènes était en guerre contre Sparte, et le stratège Périclès avait choisi la « stratégie des longs murs », c’est-à-dire de calfeutrer la cité dans ses fortifications et de laisser la campagne au pillage. Un choix payant militairement, mais l’afflux de réfugiés venus du Pirée, le port d’Athènes, a provoqué l’épidémie. Dans ce livre que chacun devrait lire, Thucydide évoque l’impérialisme, l’arrogance face à la nature, la perte de sens moral et bien d’autres sujets qui demeurent les nôtres aujourd’hui : une leçon éternelle.

Si saint Louis meurt en 1270 du scorbut et de dysenterie devant les murs de l’antique Carthage, c’est la peste noire qui est sans conteste la maladie du Moyen Âge. Elle a tué entre trente et cinquante % de la population européenne en cinq ans. Une apocalypse, qui emportera entre autres l’Empire romain d’Orient, si affaibli qu’il ne survivra, exsangue, qu’un petit siècle. Nous sommes en 1347. Toutes les côtes méditerranéennes sont touchées : Le Caire passe d’un million d’habitants à environ trois cent mille. Parmi les livres qui l’ont décrite, on retrouve Nuova Cronica de Giovanni Villani, un auteur florentin qui décédera de la maladie comme Thucydide en son temps. En France, on retrouve les écrits de Guillaume de Nangis, et Louis Heyligen qui vivait à Avignon.

C’est d’Italie que provient le livre le plus marquant de l’époque : Le Décaméron. L’histoire est la suivante : lorsque la peste noire atteint Florence, sept demoiselles et trois damoiseaux, soit dix jeunes gens relativement fortunés, décident de se confiner dans une villa à l’orée de la ville. Chaque jour, ils vont chacun raconter une nouvelle, pendant dix jours, d’où le titre du livre. Ce recueil est devenu un immense classique de la culture européenne. Ses cent et une nouvelles racontent la vie de banquiers, nobles, paysans, bourgeois, guerriers, des amours, des haines, l’avarice ou la générosité, etc.

La Renaissance ne sera pas épargnée par les maladies : les mêmes causes provoquant les mêmes effets, le manque d’hygiène des villes et bourgs, la promiscuité, créent des écosystèmes idéaux pour les virus. C’est à cette époque que des médecins, tentant de rationaliser la défense contre les maladies, mettront des masques terrifiants avec un long bec rempli d’herbes médicinales pour filtrer l’air.

La dernière épidémie de masse en Europe est la grippe espagnole, juste après la Première Guerre mondiale. Elle a fait entre vingt et trente millions de morts, soit entre trois et cinq pourcents de la population mondiale. Cette maladie appelée grippe française en Espagne est venue en Europe avec les troupes américaines en 1918. Guillaume Apollinaire, Edmond Rostand, cette maladie a plus tué d’écrivains qu’elle n’en a inspiré : comme un symbole ?

Article paru dans les colonnes du quotidien Présent.

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