12 mai 2016

Jean-Baptiste Fleuriot-Lescot, un idéaliste impitoyable

Par Bernard Plouvier

Jean-Baptiste, Edmond Fleuriot-Lescot (1761-1794)

D’origine bruxelloise, c’est un sculpteur et un architecte, employé au bureau de l’architecte en chef de la ville de Paris, de 1788 à 1791… Il fait un court séjour en sa ville natale pour prendre part à un mouvement indépendantiste antiautrichien, au début de l’année 1789.

En 1791, il est un homme influent, du fait de son enthousiasme, de son éloquence et de sa distinction, de la 8e section de Paris, celle du Louvre, où s’agitent le célèbre peintre Jacques-Louis David et le boucher Louis Lengendre. « Jacobin », il prend pour modèle Maximilien Robespierre, dont il est physiquement et moralement très proche.

Il participe activement aux journées du 17 juillet 1791 (l’affaire du Champ de Mars) et du 10 août 1792 (l’assaut des Tuileries) : ce n’est pas un révolutionnaire en chambre, mais un homme d’action. Il est membre de la Commune insurrectionnelle de Paris, en août 1792.

Il est successivement premier substitut de l’accusateur public près le Tribunal Révolutionnaire (du 13 mars 1793 au 1er avril 1794), directeur de la Commission exécutive des Travaux publics (du 1er avril au 10 mai 1794) – soit l’équivalent d’un secrétaire d’État, sous les ordres des membres du Comité de salut public, qui forment eux-mêmes le véritable exécutif (d’avril 1794 au mois de mai 1794), enfin Maire de Paris (du 10 mai au 28 juillet 1794).

Apprenant la mise en accusation et l’arrestation de son idole, en fin d’après-midi, le 27 juillet 1794 (ou 9 thermidor de l’An II), il assemble quelques centaines de sectionnaires devant l’Hôtel de Ville. C’est l’indécision de Robespierre – et non le fameux orage dont ont parlé tant d’historiens patentés, un orage qui n’a jamais existé ce jour-là… les relevés météorologiques de l’Observatoire en font foi – qui bloque le mouvement.

Des gendarmes, menés par Jean-François Barras et Léonard Bourdon – deux roués, deux canailles –, envahissent l’Hôtel de Ville, dans la nuit, arrêtant les membres du clan Robespierre. Fleuriot-Lescot est guillotiné, sans jugement, le 28 juillet (10 thermidor II). C’est la fin du court règne des idéalistes impitoyables… D’autres feront mieux (ou pire, selon le point de vue choisi) au.