4 mai 2026

À la rencontre d’illustres rebelles identitaires

Par Fabrice Dutilleul

Alain Sanders vient de publier Rebelles. Trente grandes figures identitaires aux éditions Dualpha

(Propos recueillis par Fabrice Dutilleul)

Alain Sanders, né à Salé (Maroc), rejoint le quotidien Présent fin 1982. Grand reporter, il assurera notamment de nombreux reportages à l’Étranger. Il est par ailleurs l’auteur de plus de 80 livres, recueils de poésies, théâtre, romans, essais, bandes dessinées, reportages… et avec Bernard Lugan, de l’adaptation et des paroles des Partisans blancs. Animateur de l’association Country Music attitude, il est parolier de nombreuses chansons country.

« Et il suffit qu’il y ait une poignée – une phalange –

de jeunes gens touchés par ces exemples post mortem

pour que la machine que l’on croyait grippée, rouillée, voire inutilisable,reparte plus forte et plus performante que jamais… »

 

Vous qualifiez les personnages dont vous retracez l’existence de « rebelles » : à partir de quels points communs ?

À partir d’une même communauté de destin. Quelles que soient leurs origines, leurs époques, leurs différences (sociales, ethniques, géographiques, historiques), il y a eu un moment de leur vie où ils se sont engagés corps et âme, au risque même (et ce fut le cas pour nombre d’entre eux) de sacrifier leur vie. Pour qu’un peuple soit grand, il faut qu’il ait engendré, tout au long des siècles, des hommes et des femmes qui se sont dressés, sans être forcément compris (ou pas tout de suite : je pense aux héros irlandais du soulèvement de Pâques 1916 qui furent moqués et insultés par la populace de Dublin). « Un rebelle, a écrit Ernst Jünger, est résolu à la résistance et forme le dessein d’engager la lutte fût-elle sans espoir ». Sans espoir et même seul contre tous s’il le faut.

Reprenons cette citation de Jünger, en effet. Laisser un exemple héroïque pour les générations futures, n’est-ce pas finalement une victoire post mortem ?

Cela ne fait aucun doute. Naguère, en 5e (quand on faisait du latin), on travaillait sur une petit livre intitulé De viris illustribus Romae (« Les Hommes illustres de Rome »). Cet ouvrage, dont l’auteur est resté anonyme, date du IVe siècle. Il rassemble 86 portraits de grands Romains, depuis la fondation légendaire de Rome jusqu’à l’empire. Au IVe siècle, on ne peut pas dire que l’empire romain pète la forme. Mais son auteur sait parfaitement que ces exemples, venus parfois de la nuit des temps, ne sont pas anodins : ces héros ne sont pas tombés pour rien. Et il suffit qu’il y ait une poignée – une phalange – de jeunes gens touchés par ces exemples post mortem pour que la machine que l’on croyait grippée, rouillée, voire inutilisable, reparte plus forte et plus performante que jamais.

Quels sont les rebelles qui ont votre préférence et pourquoi ?

Les trente rebelles que j’ai retenus dans mon livre ont droit à mon admiration, même quand les engagements politiques de certains d’entre eux pourraient me défriser. Mais j’ai peut-être un penchant particulier pour les outlaws comme Robin des Bois, Jesse James, Ned Kelly. Il y a toujours des rebelles encore plus « rebelles » que les autres. À ce propos, je voudrais dire que certains lecteurs (des lectrices plus exactement) m’ont fait gentiment grief (gentiment, mais quand même), de n’avoir retenu que trois femmes au rang de mes rebelles préférés. Que ceux et celles-là se rassure car j’avais une idée derrière la tête : un autre livre, qui paraîtra chez le même éditeur et dans la même collection, intitulé Amazones. Trente portraits de femmes irréductibles. Avec Christine de Pisan, Charlotte Corday, Olympe de Gouges, Camille Claudel, Louise de Bettignies, Eva Perón, Louise Michel (pour qui, pour le coup, j’ai une réelle affection), notamment. J’évoquais plus haut les rebelles qui sont encore plus « rebelles » que d’autres. C’est le cas de toutes ces femmes qui ne plièrent jamais.

Quel(s) rapport(s) entre des personnages de fiction comme Robin des Bois, Thierry la Fronde, Thyll Unlespiegel, et des figures historiques de premier plan comme Robert E. Lee, José Antonio, MacArthur…

Et aussi entre des outlaws comme Jesse James et des hommes d’ordre comme Lyautey. Entre des aventuriers comme Ungern von Sternberg et des personnes dévotes comme la si bien-nommée Isabelle la Catholique.

Ce que nous avons voulu montrer dans ce livre, c’est qu’ils furent tous, à leur place, dans leur rang et dans l’accomplissement de leur destin, des rebelles. Et plus encore : des rebelles identitaires.

De toutes les époques (ou presque), de toutes conditions et de toutes origines : sociales, ethniques, géographiques, historiques, ils auront participé d’une même communauté de destin. Certains convoqués là sont très connus : Geronimo, le chef apache. D’autres moins : Moscardo, le héros de l’Alcazar de Tolède. D’autres sont carrément méconnus (voire inconnus) du plus grand nombre : Chamyl, le Lion du Daghestan.

Tous, à des degrés divers, se sont engagés pour préserver l’identité de leurs peuples menacés par des envahisseurs envahissants (si l’on me passe cette redondance).

Rebelles. Trente grandes figures identitaires, Alain Sanders, éditions Dualpha, collection « Vérités pour l’Histoire », 240 pages, 31 €. Pour commander ce livre, cliquez ici.

Rebelles. Trente grandes figures identitaires, Alain Sanders, éditions Dualpha, collection « Vérités pour l’Histoire », 240 pages, 31 €.

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