Que c’est il passé ?
Nous en avons le récit dans l’excellent ouvrage d’Eugène Vallet Un drame algérien, la vérité sur les émeutes de mai 1945, paru en 1948 aux Grandes éditions françaises ou encore dans Événements de Sétif, mai 1945 par Roger Benmebarek, à l’époque administrateur civil dans ce secteur, dans la presse locale de cette époque et enfin par des témoins que nous avons rencontrés.
« Le 9 mai la patrouille dirigée par le maréchal des logis Poilane autour de Chevreul avait atteint la maison cantonnière, située à quelques centaines de mètres de l’agglomération principale. Le chef de chantier Marchal n’est pas là… »
Le récit se poursuit : « Ce fonctionnaire qui inquiet n’était pas rentré chez lui la veille – grâce à quoi il est encore en vie – resta couché dans les blés déjà assez hauts d’un champ éloigné, durant 36 heures sans manger ni boire, exposé le jour aux rayons du soleil. Plusieurs assaillants passèrent à peu de distance de lui sans le voir, fort heureusement. »
« Alors qu’il était dissimulé à cet endroit, à la tombée de la nuit, Georges Marchal remarque que les indigènes des douars environnants échangent entre eux des signaux à l’aide de fusées, indication formelle que le coup était bien préparé. »
Georges Marchal racontait qu’il avait été discrètement averti par des ouvriers algériens que quelque chose se préparait. Très observateur, il constate effectivement une agitation inhabituelle dans la population autochtone. Il décide alors de mettre sa femme et sa fille Arlette (aujourd’hui agée de 94 ans) à l’abri à Sétif, puis de repartir à Chevreul, non pas comme de coutume à la maison cantonnière mais de se cacher dans les champs de blé environnants.
Ferhat Abbas, Messali Hadj… soulèvent les musulmans
Eugène Vallet indique que Sétif est un lieu d’agitation anti-française. Une émeute avait déjà eu lieu le 1er février 1935. Sétif (Petite Kabylie) est une ville importante du Constantinois, à l’époque 40 000 habitants.
« C’est à Sétif qu’habite Ferhat Abbas, pharmacien nanti de nombreux mandats électoraux, devenu le chef de l’organisation ayant pour programme la disparition de tous les français d’Algérie, puis député siégeant à la Constituante de 1945. C’est à Sétif qu’avait été rédigé le manifeste du 3 février 1943 et constitué L’Association des Amis du manifeste, alliée au Parti Populaire Algérien (PPA) de Messali Hadj, soutenu par le groupe des Oulémas (chefs religieux), prenant ses ordres en Orient, créateurs des Médersas occultes (écoles coraniques) et des scouts musulmans. »
« À Sétif, le 8 mai 1945, jour de fête célébrant l’Armistice, un cortège de musulmans devait partir de la Mosquée pour se rendre au monument aux morts ; l’autorisation avait été donnée sous réserve expresse que la manifestation n’ait pas un caractère politique, donc sans pancartes ni banderoles. Cette promesse ne fut pas tenue ; 8 à 10 000 manifestants déferlent et se heurtent au commissaire de police ; dans la foule des coups de feu éclatent et les passants européens sont agressés, abattus à coups de pistolet, de couteaux et de bâtons. »
« Les émeutiers obéissant à des mots d’ordre attaquent les français isolés dans différents quartiers de la ville : 22 tués dont le maire de la ville, très apprécié de tous, et 48 blessés. Un vieux sétifien rapporte que depuis quelques semaines l’arrogance des autochtones était palpable. »
« El Djihad ! La guerre sainte était proclamée. »
L’appel au Djihad, les pires horreurs
De semblables exactions ont lieu dans toute la zone au nord de Sétif et jusqu’à la mer : Sillègue, Saint Arnaud, Amouchas, El-Ouricia, Ain-Abessa, La Fayette, Périgotville, Kerrata, Oued-Marsa (Cap-Aokas) et enfin Chevreul où Georges Marchal réside. Reprenons le récit d’Eugène Vallet :
« À Chevreul, Basile Grousset est tué à coups de bâton, achevé à coups de feu, sa femme et sa fille ont subi les pires outrages par une centaine d’émeutiers qui s’acharnent sur elles avec sadisme. L’alerte est donnée et la population se réfugie à la gendarmerie où il n’y a que deux gendarmes en poste dont le maréchal des logis Poilane. »
« La gendarmerie est cernée par quelques 3000 assaillants ; à l’intérieur une dizaine d’hommes armés. Le village est incendié, la chapelle n’est pas épargnée, les statues décapitées. Les meurtres et les viols continuent envers les personnes qui n’ont pu rejoindre la gendarmerie. »
Il en sera de même dans les autres villages que nous avons cité.
« La Providence n’abandonne pas les hommes résolus. Privés d’eau les défenseurs ont recours aux chasses d’eau de WC pour soutenir les enfants. La colonne de secours atteint Chevreul le 10 mai à 10h30. »
« L’Oued Marsa est encerclé par 2000 émeutiers. Le village est évacué : 412 civils dont 71 enfants trouvent refuge dans le Bordj transformé en réduit défensif. »
Les européens qui n’ont pas rejoint le Bordj, agriculteurs isolés, propriétaires de l’hôtel du Cap sur la corniche… sont massacrés dans d’horribles conditions, décapités, membres tranchés, femmes européennes violées par des hordes d’assaillants… Les musulmanes achevant les blessés et hurlant leurs fameux you-you pour exciter les populations.
Les assiégés du Bordj devront tenir 5 jours avant que les émeutiers ne se dispersent.
Pour terminer nous laissons la parole à un habitant, Marcel Pradeilles : « Je ne trouve précédemment que des relations de bon voisinage entre les autochtones et nous, fonctionnaires ou agriculteurs français. Je ne vois ni conflit, ni affaire de justice, ni incident, ni malentendu susceptible d’entraîner des représailles. Les autochtones étaient nos amis…jusqu’au jour où Ferhat Abbas et son adjoint, l’avocat Mostéfaï, sont venus à Chevreul pour réunir les notables et créer le groupe local des « Amis du Manifeste. »
L’ami devient un assassin
« Depuis nous avions tous constaté un changement d’attitude des arabes vis à vis des européens, ils évitaient tout contact ; les effusions amicales d’autrefois avaient disparu. Un mot d’ordre invoquant la religion et en un instant l’ami devient un assassin ». Cette dernière constatation est à méditer.
« L’Administration était prévenue des désordres qui allaient se produire à brève échéance et n’a rien fait pour renforcer la protection des populations. »
Ces événements feront à Sétif 22 tués et 48 blessés et dans les villages environnants 65 tués et autant de blessés ; il n’est pas de mots pour traduire les horreurs commises par les musulmans diront les témoins. Eugène Vallet les relate avec précision dans l’ouvrage dont nous venons de donner des extraits.
Le journal Le Petit Sétifien, daté du 31 mai 1945, titre sur 5 colonnes : « Chevreul, centre martyre, récit des émeutes sanglantes qu’il ne faut pas oublier. »
Toujours en première page le récit de ce qu’auront vécu un certain nombre de témoins survivants dont Georges Marchal ainsi que le détail des victimes, villages par village, avec des précisions plus horribles les unes que les autres.
J’en citerai une seule : « Roland Lévy, 15 ans, étudiant, caché par la bonne et découvert par la suite, il fut sauvagement mutilé et jeté dans la rue ainsi que le garde forestier Ferrier. »
Ànoter que les parents du jeune homme, modestes commerçants du village, ont eux aussi été assassinés et que le Coran (sourate V, verset 33) demande non seulement de tuer mais de mutiler, que soient coupées les mains ou les jambes.
Créer un fossé irréversible entre les communautés.
La population européenne restera particulièrement marquée par ces événements pour lesquels l’Administration, le Pouvoir Politique ne tireront aucuns enseignements et l’appel au Djihad reprendra 9 ans plus tard. A noter que le chef du Gouvernement de cette année 45 n’est autre que De Gaulle, qui s’est entouré de 5 ministres communistes.
Suzanne Mion, la sœur de Georges Marchal, parlait souvent de l’excellente cohabitation entre toutes les communautés, français, italiens, maltais, espagnols, algériens…tous les événements familiaux étaient partagés sans aucun cloisonnement et la religion n’entrait pas en ligne de compte.
Pour casser cette réelle convivialité qui réunissait arabes et européens, les leaders indépendantistes de 1945 et plus encore ceux de 1954 appellent leurs coreligionnaires au Djihad et par des crimes sanglants créent un fossé entre les deux communautés. Malgré cela le 13 mai 1958 fut un profond mouvement d’unité, comme une lame de fond de personnes de toutes les communautés qui retrouvaient leur bon sens et sentaient l’urgence d’inverser l’escalade suicidaire. C’était compter sans le machiavélisme de De Gaulle.
Un dernier mot concernant la polémique sur la soi-disante répression sanglante de ces événements par l’armée française. Les responsables français militaires et civils s’en tiennent à 2628 victimes identifiées. Roger Benmebarek qui a établi un rapport très précis des événements et confronté à l’époque toutes les données d’état civil local estime que c’est le bilan le plus vraisemblable. Nul n’envisagea des opérations de grande ampleur demandant des effectifs introuvables. L’amnistie fut ensuite largement appliquée en 1946.
Mais, coté algérien, plus on s’éloigne des événements et plus le chiffre gonfle. Au gouvernement algérien on parle de 40 000 victimes et le 8 mai 2003, El Moudjahid, qui traduit la pensée gouvernementale donne le chiffre de 100 000 victimes. Le délire n’a pas de limite. Et c’est dans ce contexte ahurissant que le président Macron s’apprêtait pour les 80 ans de ces événements à faire « un geste mémoriel de repentance ». Fort heureusement la crise diplomatique entre la France et l’Algérie nous a épargné cette nouvelle humiliation.
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Après avoir servi durant la guerre d'Algérie dans une escadrille de T6, Daniel Cadet occupe des fonctions de direction dans les organisations agricoles françaises. Amené à se rendre dans de nombreux pays étrangers pour rencontrer hommes de terrain et dirigeants politiques, il acquiert une expérience très concrète de la géopolitique. Il collabore aux travaux de l'Institut d'Histoire Sociale de Nanterre où il côtoie les meilleurs historiens.