La vénerie : une activité populaire qui draine une masse considérable de passionnés
Entretien avec Jérôme Verschoote, auteur de « Partout J’en Suis ». L’équipage de Fontaine-Henry (1879-1914) aux éditions Nos chères provinces
(Propos recueillis par Fabrice Dutilleul)
« La Vénerie est un sujet polémique, entretenu par de nombreux fantasmes et de contre-vérités. Du fait de la difficulté éminente posée par les règles éthiques qu’elle s’impose, par l’exercice physique et les qualités techniques qu’elle requiert, (elle) prélève très peu d’animaux. L’animal pris par les chiens est servi avec respect et honneur, sans souffrances inutiles »
Qu’est-ce que la vénerie et quelle est son importance en France et à l’étranger ?
La vénerie est une pratique ancestrale qui consiste à courre (verbe ancien synonyme de chasser) un animal sauvage, à cor et à cri, par le moyen d’une meute de chiens courants, créancés sur la voie dudit animal.
Aujourd’hui, elle compte 10 000 pratiquants et 100 000 sympathisants répartis dans 350 équipages partout en France. Elle est pratiquée également dans de nombreux pays étrangers et sur tous les continents.
En France, elle répond toutefois à une éthique et à un cérémonial très particuliers qui la rendent unique.
Qui était le Marquis Jean de Cornulier et son équipage, sujet de votre livre « Partout J’en Suis ». L’équipage de Fontaine-Henry (1879-1914)
Le marquis Jean de Cornulier appartenait à une antique noblesse d’épée. Lui-même avait combattu l’ennemi durant la guerre de 1870. Il cultivait la passion ancestrale de la vénerie qu’il tenait de ses aïeux.
Très éprouvé par la vie, il perdit successivement une enfant, puis son épouse ; il fit face, avec la plus grande énergie, non seulement en créant un équipage de vénerie, tâche ô combien ! difficile, mais aussi en promouvant la race du Trotteur Français à la suite son père. Un prix Cornulier se court toujours à Vincennes. Notons qu’il sélectionnait ses reproducteurs en fonction des performances qu’il observait à la chasse.
Quels sont vos rapports avec les détracteurs de la chasse et que leur répondez-vous aux habituelles accusations de barbarie envers les animaux ?
C’est un sujet polémique, entretenu par de nombreux fantasmes et de contre-vérités.
La vénerie, du fait de la difficulté éminente posée par les règles éthiques qu’elle s’impose, par l’exercice physique et les qualités techniques qu’elle requiert, prélève très peu d’animaux. L’animal pris par les chiens est servi avec respect et honneur, sans souffrances inutiles.
Dans quelle mesure la chasse à courre participe-t-elle à l’indispensable régulation de la faune dans les campagnes ?
Les meutes font le travail qu’autrefois assuraient les loups : réguler des espèces prolifiques (notamment sangliers, cerfs et chevreuils) qui causent des dommages aux cultures et qui, par consanguinité, mettent en péril la survie des espèces. Cette régulation est d’ailleurs souhaitée et encadrée par les pouvoirs publics.
La vénerie ne fait qu’y participer, à moindre échelle au regard des prélèvements effectués par la chasse à tir.
Il faut ajouter que la vénerie développe chez les animaux sauvages les capacités ataviques qu’ils détiennent par leurs gènes pour survivre et surclasser leurs prédateurs : loup, chiens, hommes.
Quels rapports entretenez-vous avec les autres chasseurs qui ne pratiquent pas la chasse à courre ?
Il y a confluence des mêmes passions et intérêts. Les relations sont excellentes, tant sur les plans locaux que national, notamment sous l’égide de la société de vénerie qui « veille au grain » si je puis dire afin d’éviter tous contentieux stériles et dérives potentielles.
La chasse à courre reste-t-elle pratiquée par un seul milieu favorisé ou tend-telle à se populariser ? Quelle est l’impact de son coût financier dans sa pratique ?
Depuis toujours, la vénerie est une activité populaire qui draine une masse considérable de passionnés de tout milieu. Elle constitue un creuset qui gomme merveilleusement les classes sociales, les rassemblant autour de l’amour de la nature, des grands espaces, de la magie qui s’opère.
Certes, les acteurs proprement dits doivent appartenir aux équipages, c’est à dire participer financièrement à leur entretien. Ce coût varie en fonction du train de l’équipage (chasser un lièvre à pied ou un cerf à cheval ne mobilise pas les mêmes moyens), du prix des licences de territoires fixés par l’ONF en forêt domaniale par exemple, des contraintes extérieures diverses.
Comme toute activité ludique, la vénerie à un coût, mais reste totalement libre, gratuite et ouverte à tous les curieux et suiveurs qui en nombre participent à pied, en voiture ou en vélo au déroulé des chasses.
« Partout J’en Suis ». L’équipage de Fontaine-Henry (1879-1914), Jérôme Verschoote, Éditions Nos chères provinces, collection « Nos grandes figures », 82 pages, 17 € ; pour commander ce livre, cliquez ici

« Partout J’en Suis ». L’équipage de Fontaine-Henry (1879-1914), Jérôme Verschoote, Éditions Nos chères provinces, collection « Nos grandes figures », 82 pages, 17 €.
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