12 juillet 2016

Brèves d’Europe juillet 2016

Par Patrick Parment

Union européenne. Le gouvernement slovaque, qui a pris la présidence tournante de l’Union pour six mois le 1er juillet, a donné le ton. Son Premier ministre, le populiste Robert Fico, ne veut pas entendre parler de solidarité en matière migratoire et réclame moins de pouvoir pour Bruxelles. Un programme parfaitement aligné sur celui de ses partenaires du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque).

En froid avec ces gouvernements, la Commission doit aussi composer, sur des sujets très délicats, avec les « grands pays », qui n’hésitent plus à contester sa manière de fonctionner. Autre pomme de discorde en vue, le CETA, traité de libre-échange avec le Canada. Jean-Claude Juncker, président de la Commission, est dans la nasse.

Après sept ans d’une bataille intense à Bruxelles entre écologistes et industrie de la pêche, un accord européen vient d’être trouvé pour interdire le chalutage profond dans toutes les eaux européennes au-dessous de 800 mètres.

Autriche. Suite à l’invalidation du scrutin du 22 mai concernant l’élection présidentielle – qui a vu l’élection d’un poil d’un écolo face au candidat nationaliste – les Autrichiens retourneront aux urnes le 2 octobre.

 

L’intérim à la tête de l’État sera assuré par la présidente du Parlement, la sociale-démocrate Doris Bures, ainsi que par ses deux vice-présidents : le conservateur     chrétien Karlheinz Kopf et… Norbert Hofer, lui-même. Il occupe cette fonction protocolaire depuis plusieurs années.

Angleterre. Theresa May, candidate à la succession de M. Cameron, a déclaré qu’elle n’activerait pas la procédure de divorce avec l’UE avant décembre. Et son concurrent, Michael Gove, pas en 2016. Or, les chefs d’État européens pressent les Anglais d’en finir au plus vite.

La petite phrase de la reine Elizabeth II, qui, à Belfast, répond malicieusement « Well, I am still alive » (« Je suis toujours en vie ») aux politesses du vice-premier ministre nord-irlandais, fait rire jaune. Le Royaume-Uni n’a jamais été aussi proche de l’éclatement.

Des milliers de Britanniques ont défilé, samedi 2 juillet à Londres pour réclamer l’annulation du processus de sortie de l’Union européenne. Nombreux sont ceux qui pensent que tant que l’article 50 n’est pas activé, tout demeure possible.

Résumons la situation politique anglaise : Boris Johnson s’est totalement dégonflé, Jeremy Corbyn est la caricature du politique de gauche dogmatique qui ne respecte même pas les règles de la démocratie, Nigel Farage disparaît de la circulation et maintenant tous les espoirs sont portés vers la très conservatrice Theresa May, antieuropéenne mais qui n’a pas fait campagne pour le Brexit. Les Anglais, une fois encore, sauvés par les femmes ?

 

Les manifestations de xénophobie se multiplient dans le Royaume-Uni post-Brexit. Dans les quatre jours suivant le scrutin, la police a enregistré une hausse de 57 % des plaintes pour des délits liés à la haine xénophobe ou raciale. « Le climat dans les rues n’est pas bon », résume Sayeeda Warsi, une lord conservatrice qui avait quitté la campagne du « Leave » en dénonçant « ses mensonges et sa haine ».

Si le Brexit devait aller jusqu’au bout, la Grande-Bretagne et la City peaufinent leur plan d’attaque. Londres en hub de la finance internationale sans (aucune) contrainte et avec une réglementation light ou zéro. Rajoutez à ça une fiscalité à l’irlandaise ou à la singapourienne. Alors pourquoi déménager à Paris comme le serine une certaine presse.

Suisse. La ville de Bâle a décidé d’instaurer une signalétique spéciale pour désigner les zones autorisées à la prostitution. Pour « aller aux putes », suivez le guide ! Le goût des bureaucrates suisses pour la réglementation. On se croirait en France.

Hongrie. Elle n’a fait que renforcer son dispositif contre les migrants : arsenal législatif durci, centaines de soldats et de policiers, hélicoptères, drones, caméras thermiques, gaz lacrymogène, chiens pour défendre la clôture – l’UNHCR s’alarme d’ailleurs d’un comportement de plus en plus brutal des forces de l’ordre hongroises – mais aussi réduction des aides à l’intégration. Ce qui n’empêche pas les chiffres de grimper à la hausse.

Deux facteurs expliquent ce reflux vers la Hongrie. Le premier tient à la fermeture de la route des Balkans, il y a quatre mois. « Les frontières serbo-croate  et gréco-macédonienne sont bouclées. La Hongrie présente de nouveau un corridor attractif, il est au moins possible d’y demander l’asile et d’espérer passer de l’autre côté », affirme un responsable.

 

Autre facteur décisif : la Serbie n’accepte plus les renvois à la frontière de la Hongrie. Ayant qualifié la Serbie de pays « sûr », Budapest pensait avoir trouvé la parade pour renvoyer « ses » migrants chez le voisin. Cela n’est plus possible.

Allemagne. Selon la chancelière ce n’est pas l’Otan qui est belliqueux mais bien la Russie suite à son attitude à l’égard de l’Ukraine. Et confirme son engagement dans l’Otan. Toutefois le chef de la diplomatie allemande a publiquement regretté les exercices militaires « Anaconda » réalisés à l’Est par les troupes de l’Otan.

« Ce que nous ne devrions pas faire, c’est de souffler sur les braises avec des cris et des menaces de guerre », a-t-il mis en garde dans une interview à Bild. « Nous ne devons pas retomber dans une vieille confrontation » avec la Russie.

Ukraine. Sur l’ensemble du front du Donbass, Kiev a augmenté l’intensité de ses bombardements mais c’est dans le secteur nord est de Donetsk que les forces ukrainiennes ont été les plus agressives en engageant une percée dans le secteur de Debaltsevo tenu par la 7e brigade de l’armée républicaine.

De source sûre les Ukrainiens ont été repoussés par les forces républicaines puis se sont repliés au-delà de la ligne de démarcation après une intervention du Comité de Coordination et de Contrôle du Cessez-le-feu.

Russie. Pourquoi un pays pacifique comme la Russie, qui n’est pas partie prenante dans le conflit du sud-est de l’Ukraine, est-il visé par un renforcement des capacités militaires à sa frontière occidentale ? Telle est l’interrogation que soulève le Kremlin aux vues des intentions belliqueuses de l’OTAN à son égard, comme le confirme sa réunion à Varsovie le 8 juillet.

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