La bataille d’Ormuz a déjà eu lieu !
Tous ceux qui ont les tempes grisonnantes et les cheveux couleur de neige – mais pas que –, savent depuis des lustres où est situé le détroit d’Ormuz, pour peu qu’ils aient lu Le secret de l’espadon, d’Edgar P. Jacobs. Pas comme de vulgaires députés LFI, incapable de situer sur une carte la Palestine, leur mantra ! En 1946, lorsque l’hebdomadaire Tintin vit le jour, Hergé – Georges Rémy à la ville -, le « papa » du petit reporter et de son chien « Milou » –, fit appel à Jacobs dont il connaissait les talents de dessinateur. Ce dernier s’était déjà illustré avec les aventures du Rayon U, parues sous l’occupation allemande pour remplacer celles de « Flash Gordon », qui n’étaient pas en odeur de sainteté à la Kommandantur de Bruxelles ! Jacobs s’était aussi fait remarquer par ses dessins de décors d’Opéra – il était amateur d’art lyrique –, des hors textes à l’encre de Chine, du graphisme publicitaire et autres dessins de mode.
Le secret de l’Espadon, des séquences prémonitoires ?
Le secret de l’Espadon allait donner naissance à la saga du capitaine Blake et de son inséparable compagnon, le Professeur Mortimer. Jacobs comme Hergé et Jacques Martin – le papa d’Alix et du journaliste Lefranc –, étaient les maîtres (et le sont restés) de la « ligne claire ». C’est un style de dessin qui n’est plus très à la mode, mais qui trouve encore son lot d’amateurs, avec la poursuite des aventures des héros cités, dessinés par d’autres talentueux auteurs qui ont pris la relève.
Venons-en au Secret de l’Espadon. Ce premier titre allait inaugurer le cycle des aventures de nos deux Gentlemen, « So British » ! Pour écrire et dessiner cette aventure, Jacobs s’est très probablement inspiré des évènements de la IIe Guerre mondiale qui venait de s’achever un an auparavant, avec les dramatique épisodes d’Hiroshima et de Nagasaki. Au fin fond du Tibet, un mystérieux « Empire jaune » – la Chine ? –, fourbit des armes apocalyptiques et attaque le monde entier, rasant quelques célèbres capitales – Bombay, Rome – « la ville éternelle n’est plus qu’un souvenir » –, Paris, Londres, etc.
Bref, la terre entière semble être tombée entre les mains de l’empereur Basam Damdu. Les deux héros de la bande dessinée, après un périple aux multiples et dangereux épisodes – non sans avoir été aidé par Nasir, sergent au « Makran Levy corps », qui deviendra ultérieurement leur majordome à leur domicile londonien de « Park Lane » –, arrivent dans la mystérieuse base souterraine anglaise. Cette dernière est située près de la ville portuaire iranienne de Jask (Djask), sur la mer d’Oman. Plus exactement, elle est creusée sur l’une des îles du détroit d’Ormuz, au nord du « Ras Musandam » omanais. Les troupes de « l’Empire jaune », sous le commandement du démoniaque et récurrent colonel Olrik, prennent position, bombardent à coups d’artillerie, puis avec les tirs de vaisseaux de guerre et d’avions, le rocher sous lequel est dissimulée la base secrète des soldats de Sa Majesté. « L’Espadon », cet exceptionnel avion-fusée amphibie –- né du génial cerveau du professeur Mortimer –, va faire des miracles, avec à son bord le capitaine Blake qui s’en donne à cœur joie, mitraillant ici, pulvérisant et anéantissant là, si bien que la flotte de Basam Damdu sombre, corps et biens , ne laissant « dans son sillage que des épaves embrasées »… Le porte-avions Kang-Hi, orgueil de la marine asiate, coule, frappé par les bombes de « l’Espadon »… (Là, attention, même si l’Iran n’est pas équipé « d’Espadons », l’état-major de « l’US Navy » devrait prendre garde face aux tortueux esprits des Ayatollahs !)
Cette bataille préfigurait-elle celle qui embrase ce Moyen-Orient « compliqué » ?
Le désastre du détroit d’Ormuz jette la consternation à Lhassa, la capitale de l’«Empire jaune », et l’humeur de l’empereur est exécrable, d’autant que, ici et là, des garnisons, des peuples, se soulèvent contre la dictature asiate. Les dessins représentant la côte iranienne face à Oman, en plein sur le détroit d’Ormuz, sont saisissants de vérité. Jacobs pouvait-il imaginer que 80 ans plus tard, « son » détroit ferait la « une » de l’actualité ? Un détroit par où transitent 20 % de la consommation mondiale journalière de pétrole, un cinquième du commerce mondial de gaz liquéfié, essentiellement qatari, et un tiers des engrais transportés par vraquiers, naviguant sous tous les pavillons. Dans le récit, on fait abstraction des nécessités énergétiques de la planète. On ne pensait pas que derrière chaque plein de réservoir, il y aurait un utilisateur, un employé, un ouvrier, une mère de famille, un représentant ou un agriculteur, qui mettrait un peu plus la main à la poche pour payer son carburant.
La fin de « Basam-Damdu » sera-t-elle celle des Mollahs et autres Ayatollahs ?
À Lhassa, l’empereur fulmine et s’adresse à la planète entière, à tout le moins aux territoires qu’il contrôle encore : « À genoux, misérable vermine ! Moi (…) Basam-Damdu le Grand, Empereur du Pic de l’Est, je vous condamne à mort, vous qui avez osé, dans votre inconcevable orgueil, vous dresser contre la volonté de mon incommensurable puissance !
Entendra-t-on un nouveau Guide suprême s’adresser ainsi à ses ennemis ? Dans la BD, le souverain asiate finit par périr sous les tirs meurtriers d’une escadrille d’« Espadons » qui réduisent en cendres le Potala, son palais impérial. Comme un écho à cet épisode, on sait ce qu’il en est advenu des hiérarques du régime iranien : « Au suivant ! »
Dans la dernière image de l’album, Blake et Mortimer devisent dans les ruines de Londres. Le capitaine dit à son compagnon « Une fois encore la civilisation occidentale aura eu le dernier mot. »
Qu’en sera-t-il en cet Orient du XXIe siècle?
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