25 juillet 2016

Tour d’horizon des placements

Par Jean-Pierre Rondeau

 

Immobilier : Des taux très favorables, mais…

La bulle immobilière existe, entretenue par ces taux très bas.

La France est pratiquement le seul pays n’ayant pas subi de vrai krach, même s’il y a eu et il y a encore de très fortes corrections en Province et une baisse plus modérée à Paris.

On vit sur un mensonge : le besoin de 300 000 logements par an. Certes, c’est vrai, mais ceux dont on aurait besoin sont des HLM. Or, 2 % du PIB de la France (contre 1 % pour les autres pays) est consacré à des logements à loyers suffisants pour payer les crédits des niches fiscales (Quilès-Méhaignerie, Périssol, Besson, Robien, Scellier, Pinel) et peu à du social.

Le prix de l’immobilier comparé aux revenus des ménages français est toujours supérieur d’au moins 40 % par rapport à la moyenne des 68 dernières années. Le pouvoir d’achat des jeunes a été divisé par trois.

Les lois françaises vont contre l’intérêt des propriétaires : normes, réquisitions (studios vides parisiens), hausse de la fiscalité, hausse des frais, blocage des loyers, etc. Et maintenant les préemptions à Paris : 257 immeubles, soit 8 021 logements. Objectif : 542 adresses ou immeubles. L’immeuble déclaré préemptable perd immédiatement 20 %.

Et puis il y a le chômage, le risque de chômage et l’ambiance actuelle : Crise, attentats, etc., ces derniers ne favorisant pas non plus l’investissement des étrangers.

Attention aux investissements en défiscalisation, ou Girardin ; par exemple, les EHPAD, qui sont un mixte entre immobilier et société de gestion, ce qu’oublient les acheteurs, et qui subissent les coûts de personnel et les charges d’une maison médicalisée, réserveront de mauvaises surprises.

Les SCPI : immobilier d’entreprises et de commerces.

Même si ce n’est pas le résidentiel qui subit la bulle déjà décrite…

La situation économique n’engage pas les entreprises à investir. Elles réduisent leurs besoins en effectifs, en surfaces et s’éloignent des centres-villes ou s’installent en grandes banlieues et en Province.

Les loyers diminuent. Les « cadeaux » sont nécessaires pour conserver les bons locataires (baisses de loyers, 6 mois gratuits, etc.).

Les normes demandent des travaux, certains immeubles ne se relouent pas.

Or le prix des parts n’a cessé de monter. Il n’a jamais autant été investi dans les SCPI. Les investisseurs ont oublié la crise de 1990-1996. L’indice 1000 en 1989 est revenu à 1000 seulement il y a trois ans et il stagne depuis. Les parts ne rapportent en moyenne que du 4,5 %, mais avec une fiscalité lourde (sauf les années de remboursement du crédit) et des frais d’entrée de 5 à 6 % non négociables. L’investissement en SCPI est aujourd’hui une bulle. Le risque n’est pas payé.

Une surévaluation de 15 à 30 % selon le Haut Conseil à la Stabilité financière.

L’assurance vie accueille ce type de placement, en offrant une meilleure fiscalité, mais les loyers sont diminués de 1 % par les frais du contrat.

Il faut encore moins s’intéresser aux SCPI de diversification ou fiscales.

Monétaires :

Nous avons déjà dit que le livret A ou le LDD sont battus par l’assurance vie. Il en va de même des livrets et comptes à terme à taux boostés et, à plus forte raison des livrets bancaires classiques.

Mais il y a pire. Les fonds et SICAV monétaires que vous pouvez détenir en compte titres, assurance vie et sous une forme spéciale en PEA. Il s’agit de laxisme de votre conseiller, volontaire ou par incompétence.

L’ÉONIA, taux de l’argent au jour le jour, est à moins 0,33 % et l’Euribor reste négatif pour toutes ses durées (maxi un an). Il est donc évident que, si on ajoute les frais de gestion de l’OPCVM (0,10, 0,20 % ?), cela vous coûte. Et si le titre est logé dans un contrat d’assurance avec 1 % de frais ou dans un PEA avec ses coûts techniques (de couverture), c’est vous qui payez plus de 1 % pour votre épargne. C’est à ce titre que vous devez vérifier vos comptes et contrats souscrits par ailleurs.

Obligations :

Les obligations ont toujours offert une fausse sécurité. On l’affirmait parce qu’on les comparait aux actions. Mais ce risque est très important aujourd’hui :

– En cas de hausse des taux par les banques centrales, les obligations subiraient un krach important, même si nous ne le pensons pas à ce jour, compte tenu de la déflation durable à laquelle nous croyons.

– Au vu des mauvaises conditions économiques des entreprises et de beaucoup d’États.

– En cas de krach systémique.

Les obligations sont donc à éviter ! Le support Euros d’un contrat d’assurance rapporte plus que les obligations des pays à bonne signature et autant que les emprunts des entreprises les plus sûres.

Nous vous invitons à ne pas investir en obligations dites à « hauts rendements » ou High Yield. Les « hauts rendements » sont offerts par des pays ou des entreprises de moins bonne qualité.

Une énorme entreprise espagnole ABENGOA, groupe d’énergies renouvelables, 28 000 salariés dans le Monde, avait émis fin 2015 une obligation à court terme offrant 5 %. Elle est en cessation de paiement. Les investisseurs, y compris français, ne seront jamais remboursés. On le savait, mais 5 % cela permettait à certains conseillers de recommander un produit qui fasse rêver les clients.

OR : Nous restons persuadés que l’OR n’a pas de raison de monter tant qu’il n’y a pas d’inflation. Seule, la crainte d’un krach systémique lui a permis de reprendre. La spéculation aussi. Nous maintenons que 5 % est un seuil raisonnable. Nos précédentes lettres ont fait l’objet de nos commentaires sur le choix entre Or physique et Or papier, dont les mines qui ont beaucoup souffert, ainsi que sur le rappel de la fiscalité.

Autres produits de placements : Art, Manuscrits, Vins, Forêts exotiques, Terres rares, Immobilier dans les îles, voire aux USA, etc., placements dits « de plaisir, de diversification, décorrélés des marchés actions, atypiques », etc. La financiarisation de ces produits permet toutes les surcharges de frais. À éviter en une telle période, la plupart sont des arnaques. Les temps actuels, les peurs de voir disparaître les comptes bancaires et les rendements faibles, font naître les escrocs et les investisseurs naïfs, au prétexte de meilleurs rendements ou de sécurité. On a même vu investir dans des usines à crevettes en Amérique du Sud ou proposer des concessions dans les cimetières londoniens ! Le FOREX : spéculation sur les devises. Les rapports sont tombés : 80 % d’escroqueries, et personne n’a gagné dans les 20 % restants.

Mais il y a aussi d’autres placements a priori plus sérieux et fiscaux, mais qui souffrent : FCPI, FIP, FCPR, EHPAD pour le 3e âge ou les étudiants, investissements Girardin (sauf un type), etc.

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Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertés.

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