8 septembre 2016

Quel avenir pour la Wallonie ?

Par Patrick Sessler

Le mythe du Vlaams Belang qui hait les francophones a la dent dure. Cette allégation parfaitement mensongère est systématiquement resservie dès qu’il est question du Vlaams Belang dans la presse francophone de Belgique, mais aussi en France où récemment encore cette formation était présentée comme « le parti qui hait les francophones », alors que le Vlaams Belang est présent au sein de la formation politique au Parlement européen qui regroupe le Front National de Marine Le Pen, le PVV du néerlandais Geert Wilders, le FPÖ autrichien, l’AfD de l’Allemagne fédérale et bien d’autres.

Il ne s’est jamais agi de stigmatiser qui que ce soit, sauf les responsables du délabrement wallon et bruxellois, à savoir le personnel politique, syndical et médiatique francophone. Tout au plus peut-on reprocher aux Wallons et aux Bruxellois francophones d’avoir voté, et de voter encore, pour ceux qui, génération après génération, ont créé les conditions de la catastrophe, et encore…

À cet égard, il existe quelques arguments de poids à décharge de ces électeurs fourvoyés : le contrôle quasiment soviétique de l’information, les exclusions des syndicats pour celles et ceux qui auraient eu l’outrecuidance de figurer sur une liste électorale qualifiée d’extrême droite et une propagande systématique en faveur du PS et de la FGTB (syndicat socialiste) qui ferait pâlir de jalousie le chef de l’État Nord-Coréen lui-même.

Le déséquilibre économique grandissant entre la Flandre et la Wallonie et Bruxelles et les transferts financiers gigantesques de la Flandre vers la Wallonie et Bruxelles qu’il implique (autour de 12 milliards d’euros par an) finissent par irriter considérablement le contribuable flamand. Celui-ci n’est pas insensible aux difficultés des francophones, mais il a le sentiment très désagréable que les autorités wallonnes n’utilisent pas le fruit de son labeur à bon escient. Il constate que son argent n’est pas consacré à la relance économique et donc à la création d’emplois en priorité en région wallonne et à Bruxelles ; par contre, il observe le lancement de travaux prestigieux, prétentieux et inutiles (comme la gare des Guillemins à Liège) pour la gloire éphémère de quelques apparatchiks socialistes souvent corrompus. Le contribuable flamand sait également qu’au-delà des stéréotypes, il y a des chiffres qui reflètent une réalité.

Un exemple récent illustre parfaitement notre propos : Barbara Pas, Chef du groupe parlementaire du Vlaams Belang à la Chambre fédérale, posait une question au ministre Peeters sur les jeunes qui quittent l’école et qui restent un an ou plus au chômage. Ces allocataires sociaux représentent en Wallonie et à Bruxelles 74 % du total national. Pour les cinq premiers mois de 2016, on comptait 53 105 jeunes dans ce cas dont 39 547 en Wallonie et à Bruxelles, soit 74 %. Précisons que l’écart est encore plus grand en ce qui concerne les allocataires de longue durée (plus d’un an), puisqu’on atteint là les 78 % pour la Wallonie et Bruxelles.

Au début de cette année, le Ministre-Président Wallon, Paul Magnette (PS), affirmait avec un certain aplomb que « Les Wallons ne vivent pas sur le compte des Flamands », ce qui est malheureusement démenti lors de chaque publication de chiffres économiques ou sociaux officiels. Il ne sert à rien de mentir aux Wallons. La réalité est tragique et il faut la voir en face.

Barbara Pas observe avec pertinence que les flux financiers de la Flandre vers la Wallonie « ne stimulent pas l’économie wallonne, elle l’anesthésie plutôt. »

Il est vrai que le fait de devoir simplement attendre le jour dit pour percevoir la manne céleste venue de Flandre pour boucler le budget ne titille pas vraiment l’esprit d’entreprise et de réforme. Voilà pourquoi il n’est pas déraisonnable de penser que la voie de l’indépendance pour la Wallonie serait la condition sine qua non du renouveau et de son sauvetage économique, politique, social et culturel.

Dans ce contexte, cette Wallonie à nouveau fière d’elle-même, obligée de trouver en elle le sens de l’effort et du sacrifice pour le bien commun, où émergeront forcément des personnalités sans boulets prêts à lancer les grandes réformes structurelles indispensables, prendra la place qui lui revient parmi les nations européennes. Il est évident que, dès lors, cette Wallonie ressuscitée deviendra un partenaire privilégié pour la Flandre et que de nouveaux liens de respect mutuel seront tissés. Sans oublier les liens d’amitié qui existent déjà entre les Flamands et les Francophones et qu’on pourra cultiver en parfaite égalité.

Mais pour y arriver, il faut balayer le socialisme une fois pour toutes hors de Wallonie et de Bruxelles. Pas seulement celui du PS, mais aussi le socialisme rampant des écologistes, des libéraux et des sociaux-chrétiens (rebaptisés « humanistes », comme si cela voulait dire quelque chose !). Impossible ? À cœur vaillant, rien d’impossible ! Ce sont les Francophones qui décideront, lors des prochaines élections : la résignation… ou l’honneur !

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